Microsoft en difficulté avec Windows Vista

22 décembre, 2006

Le ciel semble s’obscurcir, de façon somme toute relative, un peu plus chaque jour pour Microsoft et son Windows Vista. Les raisons sont multiples. A peine sorti, le système d’authentification Windows Genuine Advantage a déjà été piraté. Deuxième raison, certains éditeurs de solutions de sécurité informatique arguent que l’arrivée de Vista sera propice à une autre arrivée, elle aussi massive, de malwares, spams[1]… Troisième raison, des études mettent en avant les coûts conséquents que la migration vers Vista générera.

D’un autre côté, c’est Internet Explorer qui est mis à mal en terme de part de marchés. De plus, la Fondation Mozilla a décidé de lancer une campagne de publicité aux Etats-Unis pour promouvoir son navigateur nommé Firefox. A tout ceci vient s’ajouter une offensive informationnelle qui émane de la communauté du logiciel libre. Cette dernière a déjà menée ce genre d’opérations, mais cette fois-ci tout semble indiquer que l’ampleur sera tout autre.
Le premier et principal accusé, d’une série qui devrait suivre, est le système mis en place par Microsoft connu sous le nom de « Trusted Computing ». Procédé qui vise à limiter les fonctionnalités et l’usage d’une application si elles n’ont pas été autorisées par l’éditeur de logiciel. Cette technologie « peut-être utilisée pour limiter le nombre de documents et la quantité d’informations auxquels un utilisateur peut accéder[2] ». Cette fonctionnalité peut aussi engager les compatibilités ascendantes et descendantes des logiciels.

Ainsi, la Free Software Foundation a démarré sa campagne anti Vista, nouveau vaisseau amiral de Microsoft, baptisée « Bad Vista[3] ». L’objectif est de démontrer que « Vista est une mascarade vendue comme une amélioration [4] » et qu’il s’agit « d’une régression globale lorsque l’on s’intéresse à l’utilisation et au contrôle d’un ordinateur ». On retrouve ici un thème cher aux défenseurs du libre, la liberté et la protection de la vie privée de l’utilisateur. Que la FSF promeut sous la formulation : « Our campaign will ask the important questions. Can you set yourself or your company free? Can you ever be free from Microsoft ?[5]». La question de l’indépendance technologique et, de facto, informationnelle se trouve posée.

La Free Software Foundation a donc décidé de profiter du lancement de Vista et de la publicité qui accompagne son lancement pour donner un maximum de visibilité à son action.

Comme le signal les propos de Peter Brown  : « Whilst Microsoft embarks upon its largest ever product launch, its marketing dollars will be spent in an effort to fool the media and user community about the goals of Vista[6] ».
 Ici aussi, la blogosphère devrait jouer son rôle. Le buzz devrait donc se générer de façon efficace et en un temps relativement court. Pour preuve, nous pouvons nous remémorer les initiatives prises lors du projet de loi DADVSI. Création de sites, mises en ligne de pétition, participation d’élus à des chats via des forums comme l’a proposé Framasoft, mobilisation de la presse, venue de Richard Stallman à Paris… Et la démonstration emprunter les mêmes lignes directrices que pour les DRM : «As with our campaign against Digital Restrictions Management, we aim to demonstrate that technologists can be social activists, because we know the harm that Vista will cause[7] ».

On constate donc une stratégie basée sur un thème fort, à savoir la liberté via « [l’] usurpation quotidiennes des droits des utilisateurs d’ordinateurs[8] », dont la première offensive concerne le Trusted Computing. La FSF se concentrera sur l’observation de « la façon dont ils travaillent, comment leur résister et pourquoi les gens doivent être prudents[9] ». Tout ceci sera soutenu par la création et l’entretien d’un buzz médiatique via la « propagande marketing de Vista[10] » sur Internet.  Il n’est pas impossible que le google bombing fasse son effet, accompagné d’un rappel des dernières décisions prises en France vis-à-vis du logiciel libre. Et pourquoi pas, pour renfoncer un peu plus le propos, faire ré-émerger une interview de Bill Gates dans laquelle il indique, à propos des DRM, que « Cela impose trop de contraintes aux acheteurs de musique légale [...] Personne n’a réussi à faire quelque chose de vraiment bien pour le moment. Il y a encore d’énormes problèmes avec les DRM et nous avons besoin de modèles plus flexibles[11] ». A contrario, Monsieur Gates paraît satisfait du Trusted Computing présent dans Vista, qui semble t-il, n’impose aucune contrainte. Mais est-ce un modèle des plus flexibles ?

Vincent Munier
Hub Du Libre


[1] Source : http://www.generation-nt.com/actualites/22444/vista-sophos-spam/

[2] Source : http://www.vnunet.fr/fr/vnunet/news/2006/12/19/free-software-foundation-d

[3] Site officiel : http://badvista.fsf.org/

[4] Propos de John Sullivan, responsable de la Fondation

[5] Site officiel : http://badvista.fsf.org/

[6] Ibid

[7] Ibid

[8] Source : http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/12/18/badvista-fsf-entre-campagne

[9] Ibid

[10] Ibid

[11] Source : http://www.linformaticien.com/Actualit%C3%A9s/tabid/58/newsid496/1129/Default.aspx

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