Les autorités militaires américaines en Irak organisent régulièrement des bals pour distraire leurs troupes. Ils n’hésitent pas à coller des affiches dans différents lieux fréquentés par les Américains à l’intérieur de la zone où travaillent de nombreux Irakiens. Ces affiches indiquent le lieu, le jour et l’heure du bal. Cette communication d’infos ne passe pas inaperçue.
Les travailleurs irakiens qui circulent à l’intérieur de la zone verte sont infiltrés par les milices sunnites et chiites. Régulièrement, des tirs de roquette frappent ces objectifs et provoquent des pertes dans les rangs américains. Un Français qui s’étonnait de cette légèreté a posé récemment la question à un officier américain : « Pourquoi donnez-vous l’information de manière aussi risquée ? ». Réponse : « On ne peut pas partir du principe que les gens soient tous mauvais dans ce pays». La politique sécuritaire définie par les autorités américaines en Irak est très paradoxale : d’un côté les militaires américains mettent des pancartes dans tous les lieux sensibles en demandant aux personnels de surveiller ce qu’ils disent au téléphone. Et dans le même temps, le soldat deuxième classe de l’US Army qui colle une affiche pour annoncer un bal afin d’en informer les différentes unités sur place, ne prend pas de précaution particulière. Ce paradoxe est incompréhensible car il contribue à développer une vision totalement schizophrénique de la sécurité. Pour tout ce qui est opérationnel, on se tait, pour les loisirs on parle. Seulement voilà, la guérilla et les terroristes irakiens ne font pas la différence et exploitent au maximum ce genre d’incohérence du camp américain.

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