Fleuve Sénégal : Analyse des projets potentiels liés à l’énergie - Focus sur la Guinée

13 mars, 2017

La République de Guinée, aussi appelée « Guinée-Conakry » du nom de sa capitale pour la différencier de la Guinée-Bissau et de la Guinée équatoriale sera appelée « Guinée » pour simplification.

Hydrographie
Le pays compte plus de 1300 cours d’eau. De nombreux fleuves, tels le Niger, le Sénégal (Bafing), la Gambie, ainsi que leurs principaux affluents trouvent leur source en Guinée, faisant de ce pays le « château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest. Ces cours d’eau partent des massifs guinéens (les deux vieux massifs du Fouta Djalon et la dorsale guinéenne en région forestière). La Gambie et le Bafing vont vers le Sénégal au Nord. La source du Niger est à proximité de Kobikoro, il traverse Faranah, Kouroussa et va vers le Mali au Nord-Est. Les fleuves Tinkisso, Milo, Niandan sont ses affluents en Guinée.
De nombreux fleuves côtiers descendent des massifs guinéens vers l’ouest, comme le Konkouré, ou vers le sud, comme le fleuve Mano. Le massif du Fouta Djalon offre un potentiel de production électrique. Le fleuve Konkouré, proche des villes de Mamou, Kindia et Conakry, fait l’objet d’un programme d’aménagement et un premier barrage a été inauguré en 1999 ; un autre vient d’entrer en activité, le barrage de Kaleta, et un dernier plus imposant en taille et en productivité est en cours de réalisation, le barrage de Souapiti.

Barrages hydroélectriques existants
A titre d’informations, depuis les 4 dernières années, 1,7 milliards € ont été investis dans des constructions hydroélectriques.

Les projets de barrages

- Barrage de Balassa. Etat d’avancement : étude en cours
Ce projet en est à la phase « d’Etudes de Faisabilité et d’Avant-Projet Sommaire (APS) de l’Aménagement hydroélectrique de Balassa »34, dont la date de remise des réponses était au 26 novembre 2015. Toutes les autres phases d’étude et de réalisation ne sont donc pas encore couvertes.Le Site de Balassa est situé à 1.5 km environ en aval du confluent Sain (Heriko) sur le Bafing. Son aménagement permettra la production d’Energie électrique d’une puissance installée de 181 MW avec la construction d’un barrage en terre, pour une cote de retenue normale de 635m et un débit d’équipement de 125m3/sec. L’énergie produite, 401 GWh/an, sera évacuée à travers la ligne 225 KV prévue dans le cadre de l’OMVS. Le budget total prévu est de 43,6 millions €.

- Barrage de Fomi. Etat d’avancement : études réalisées.
Le barrage de Fomi est situé sur le fleuve Niandan, affluent rive droite du Niger. L’ouvrage sera en remblai de terre avec une cote de retenue normale de 390 m, une capacité totale du réservoir de 6100 hm3, un débit d’équipement de 660 m3/S et une puissance installée de 90 MW. Ce projet sera réalisé avec l’ABN35 et permettra de produire de l’électricité, irriguer les plaines et favoriser la gestion intégrée des eaux du Niger Supérieur. Le projet a commencé en 2015. Le budget total prévu est de 284,4 millions €.

- Barrage de Koukoutamba. Etat d’avancement : étude de faisabilité, APS et APD sont faites.
L’aménagement à buts multiples de Koukoutamba se fera sur le site localisé dans la vallée du fleuve Bafing en République de Guinée (150 km en amont de la frontière séparant la Guinée et le Mali) et sera à buts multiples avec la construction d’un barrage en remblai de terre, pour une cote de retenue normale de 546.5m, une capacité totale du réservoir de 3600 hm3, une puissance installée de 280 MW et une production moyenne de 858,0 Wh/an. Le budget total prévu, évalué à par le FAO à 417 millions € en 2010 est désormais de 600 millions €. Le partenaire financier est l’OMVS. Le financement est en cours de mobilisation. L’OMVS a publié un avis de report de la date limite de remise des offres qui est désormais le jeudi 15 Décembre 2016.

- Barrage de Lokoua. Etat d’avancement : en cours d’étude.
Projet de Micro-Centrale Hydroélectrique. Le Site de l’aménagement est situé au Sud de la Guinée à N’Zérékoré et le barrage sera en matériaux locaux et la hauteur de chute moyenne sera de 25 m et la puissance installée 6 MW. Le budget total prévu est de 38 millions € pour une durée de 3 ans.

- Barrage de Nongoa. Etat d’avancement : en cours d’étude.
Le Site de Nongoa est situé au sud de la Guinée à la frontière avec la Sierra-Léone et à une puissance installée de 8 MW. L’électricité produite pourrait servir à alimenter les localités de Guéckédou et de Kissidougou. Le budget total prévu est de 42,6 millions € pour une durée de 3 ans.

- Barrage de Kogbedou / Frankonédou. Etat d’avancement : études de faisabilité du projet de construction réalisées.
Le « couple » de barrage Kogbédou-Frankonédou se trouve sur le Milo qui est un affluent du fleuve Niger. Le barrage sera en terre avec une puissance installée de 22 MW (11 MW par pour chacun des groupes). L’Energie produite pourrait alimenter les sociétés minières et agro-industrielles de la région, ainsi que les deux villes. Cependant, une étude réalisée par une société française a indiqué un potentiel théorique d’au moins 85 MW avec un productible moyen de 400 GWH/an et 275 GWH/ an de garantie. Le pilotage devrait être réalisé par l’entreprise chinoise GHCB. Le budget total prévu est de 64 millions € pour une durée de 3 ans.

- Barrage de Diaraguela. Etat d’avancement : études en cours.
L’aménagement à buts multiples de Diaraguela se fera sur le Site de Diaraguela situésur la rive droite du Niger, il permettra la construction d’un barrage en matériaux locaux, avec une cote de retenue de 395 m, la capacité du réservoir de 890 hm3, un débit d’équipement de 170 m 3/S et une puissance installée de 72 MW. Le réseau de transport électrique pourrait être raccordé au réseau OMVS, OMVG et le WAPP. La puissance et surtout les réseaux alimentés par ce barrage en font un projet important. Le budget total prévu est de 214 millions € pour une durée de 5 ans.

- Barrage de Kassa. Etat d’avancement : études en cours.

Aménagement à but multiples de Kassa. Se trouve sur la rivière Koba situé à quelques kilomètres de la frontière entre la Guinée et la Sierra Léone et permettra la construction d’un barrage en terre pour une puissance installée de 135 MW. La production d’énergie électrique pourra être évacuée à travers la ligne 225 KV prévu dans le cadre du WAPP. Le budget total prévu est de 240 millions € pour une durée de 4 ans.

- Barrage de Morisanako. Etat d’avancement : études en cours.
Le Site de Morisanako se trouve sur le Sankarani, affluent rive droite du Niger en Guinée et permettra la construction d’un barrage en matériaux locaux, avec une cote de retenue de 32 m et une puissance installée de 100 MW. Il permettra également d’irriguer les plaines de la contrée et son énergie sera évacuée sur le réseau du WAPP. Le budget total prévu est de 247 millions € pour une durée de 5 ans.

- Barrage de Gozoguezia. Etat d’avancement : études en cours.
L’objectif du projet est l’aménagement à buts multiples de Gozoguezia. Le Site du barrage est sur le fleuve Diani en Guinée Forestière et sa construction sera en matériaux locaux, avec une cote de retenue normale de 430 m, un débit d’équipement de 159 m3/S et une puissance installée de 48 MW une partie de la production sera injectée dans le réseau national et l’autre pour l’interconnexion (Zone A du WAPP). Le budget total prévu est de 104 millions € pour une durée de 4 ans.

- Barrage de Diaoya. Etat d’avancement : études en cours.
Aménagement hydroélectrique de Diaoya se fera sur le site de Diaoya avec la construction d’un barrage remblai en terre, pour une cote de retenue normale de 463.80 m et une puissance installée de 149 MW. La production d’énergie pourra être évacuée à travers le réseau de l’OMVS dont l’extension est prévue en Guinée. Le budget total prévu est de 314 millions € pour une durée de 5 ans.

- Barrage de Boureya. Etat d’avancement : étude de faisabilité (évaluation initiale environnementale et sociale).
L’aménagement à buts multiples de Bouréya se trouve sur le fleuve Bafing, un des principaux affluents du fleuve Sénégal, en territoire Guinéen. Cet aménagement à buts multiples comporte un barrage haut de 64 mètres, une côte de retenue de 381 m, une capacité totale du réservoir de 4 900hm 3 et une puissance installée de 161 MW pour une puissance productible de 733 GWh/an. La production d’énergie pourra être évacuée à travers le réseau de l’OMVS dont l’extension est prévue vers la Guinée. Le budget total prévu est de 353 millions € pour une durée de 5 ans.

- Barrage de Tiopo. Etat d’avancement : études en cours.
Aménagement hydroélectrique de Tiopo se fera sur le site de Tiopo sur la rivière Kogon en Basse Guinée avec un barrage homogène en latérite d’une cote de retenu normale de 150 m et une puissance installée de 120 MW. L’OMVS sera partenaire financier. Le budget total prévu est de 393 millions € pour une durée de 4 ans.

- Barrage d’Amaria. Etat d’avancement : études en cours.
Le Site de Amaria se trouve en aval de la confluence entre le Konkouré et le Badi, le barrage préconisé sera en terre pour une cote de retenue normale de 93 m et une puissance installée de 665 MW. L’énergie produite pourrait servir à la fonderie d’aluminium et le réseau électrique sera relié à celui de l’OMVG et du WAPP. Le budget total prévu est de 882 millions € pour une durée de 6 ans.


Figure : Guinée : barrages existants et en projets

Les projets de lignes électriques
Les barrages hydroélectriques, s’ils constituent un vivier important de projets pour la Guinée, ne sont pas les seuls en liaison avec l’énergie. En effet, les lignes électriques sont aussi au cœur des projets pour la Guinée, car une fois produite par les barrages, l’électricité doit bien être acheminée vers les points de livraison. Plusieurs lignes THT ou HT38 ont déjà été identifiées :
Depuis le barrage de Koutoutamba : selon Kabinet Komara39, une fois que ce site sera aménagé, il va évacuer son énergie en deux directions : « D’une part, à la direction de Conakry. Une ligne quittera Koukoutamba, Labé, Linsan et va relier également la Guinée aux trois autres pays directement à Manatalie à partir de là où, le dispatching se fait entre la Mauritanie et le Sénégal. Le coût estimé est d’à peu près 800 millions de dollars »40.

D’autres axes prioritaires41, à l’horizon (initial) 2016-2022 ont été définis par la SOGEM42 , dont beaucoup impactent la Guinée :
Réhabilitation / renouvellement des sites et équipements du réseau OMVS
Renforcement de la capacité de transit pour permettre l’évacuation de l’énergie de la centrale hydroélectrique de Gouina et des futures centrales hydroélectrique et thermique au niveau des SdE et au niveau régional par la création des liaisons ci-après :
• Liaison (225kV sur 260 Km): Kayes (Mali) – Tambacounda (Sénégal).
• Liaison (225kV sur 300 Km) au Mali: Manantali – Kita – Bamako.
• Liaison (225kV sur 450Km): Kayes –Tintane–Kiffa.

Réalisation de la ligne Manantali-Koukoutamba-Conakry (600Km).
Extension et renforcement du Réseau par la construction de nouvelles lignes et postes sur la base des résultats de l’étude du Plan Directeur de développement du réseau de transport de l’OMVS.

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