Les étranges méthodes de Transparency International

29 janvier, 2013

L’ONG Transparency International a développé un programme qui se nomme Transparency International’s Defence and Security Programme (TI-DSP). Ce programme a réalisé un rapport, dans lequel une note entre A et F est attribuée aux 129 plus grandes entreprises de défense du monde. Cette étude se veut une évaluation des moyens qu’elles mettent en œuvre dans leur lutte contre la corruption. Selon ce rapport, la grande majorité des entreprises de défense n’ont pas mis des systèmes satisfaisant pour lutter contre la corruption. Parmi celles-ci, il est étonnant de constater que les principales entreprises françaises comme Zodiac, Nexter, Dassault et DCNS obtiennent les plus mauvaises notes de ce classement. Cependant cette étude n’est pas sans poser des problèmes à différents niveaux.

Qu’il est bon d’être évalué par l’organisme que l’on subventionne…
Sur le site de Transparency International, il est possible de lire une définition plus précise de ce qu’on entend par contributeurs : « Les contributeurs fournissent des subventions, des projets, des dotations et des soutiens en nature pour Transparency International-Etats Unis et l’ensemble du mouvement Transparency International. Les contributeurs comprennent des donateurs individuels, des fondations et des gouvernements, ainsi que des entreprises et des cabinets professionnels ».
Parmi ces contributeurs (lien ci-dessous), il est intéressant de noter que Transparency International compte les entreprises de défense Fluor Foundation, Lockheed Martin Corporation mais aussi Northrop Grumman Corporation, Raytheon Company et l’USAID.
C’est sans grande surprise que le lecteur de ce rapport découvrira qu’il y a une similitude particulière entre les contributeurs et les entreprises qui sont les mieux notées dans ce classement (lien vers l’étude ci-dessous).  Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver Fluor corporation en première position, suivie de Northrop Grumman et des autres contributeurs de Transparency International. Les questions à se poser sur  l’objectivité et l’impartialité de cette évaluation sont donc nombreuses.

Une méthodologie intrusive
L’étude de Transparency International s’est basée sur une démarche intrusive et pour le moins surprenante. Pour évaluer les entreprises, un premier questionnaire complété par les membres de Transparency International a été réalisé en ne se basant que sur les données publiquement accessibles. Puis, un deuxième questionnaire a été, cette fois-ci envoyé à l’entreprise et posait des questions qui pouvaient être liées à des informations commerciales sensibles. Les entreprises se devaient de fournir preuves et documentation pour justifier leurs réponses en un temps limité. Par la suite, les résultats de cette étude ont été analysés par des « spécialistes » externes à Transparency International afin de s’assurer de la cohérence des données fournies. Bien entendu, lors de cette démarche la confidentialité des données qui étaient transmises étaient minutieusement assurée par Transparency International.
Dans un secteur aussi stratégique que la défense, il est compréhensible que le secret et la confidentialité soit préservé sur l’activité de l’entreprise. Cependant, aux yeux de Transparency International, la non-participation au questionnaire entraine une note nulle. C’est ainsi que des entreprises comme Nexter et bien d’autres entreprises françaises (à l’exception de Thales) qui n’ont pas souhaité participer à cette étude se sont vu attribuer la pire note de ce classement.

De l’information à sa diffusion
Au-delà de la confusion sémantique à laquelle peut mener ce genre d’étude, de telles informations peuvent lourdement porter préjudice à l’entreprise. L’industrie de défense et les gouvernements avec lesquels elle contracte sont particulièrement sensibles à la corruption. Un tel classement discrédite l’entreprise vis à vis de l’opinion publique, mais aussi vis à vis de ses nouveaux clients potentiels. Une telle démarche peut facilement alimenter un argumentaire visant à déstabiliser la concurrence lors de la réponse à un appel d’offre. Dans ce domaine, on se souvient du cas de l’entreprise Eurocopter qui a fait les frais de ce type de techniques en Inde.

A l’heure où internet est une véritable « caisse de résonance », il apparait important de se préoccuper des messages qui peuvent impacter négativement l’image de l’entreprise. L’information peut être très rapidement reprise par d’autres internautes et se voir amplifier voire détourner de sons sens d’origine.
C’est le cas pour cette information, qui a été reprise par le magazine l’Expansion dans son article Corruption: Dassault, Zodiac et Nexter épinglées pour manque de transparence du 4 octobre 2012. Par la suite,  cette information fut retransmise par différents sites de bourse spécialisés  tels que Combourse et autre webzines et la BBC.  Si les entreprises se doivent de protéger leur patrimoine informationnel, il leur est aussi nécessaire de savoir diffuser de l’information afin de pouvoir riposter de façon adéquate à ce type d’attaque par le contenu.

Grégoire Sélégny

Commentaires

1 réponse to “Les étranges méthodes de Transparency International”

  1. Jamie on juillet 31st, 2014 3:40

    ravel@irrigate.agitating” rel=”nofollow”>.…

    ñïñ!…

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