L’armée française se referme sur elle-même

22 septembre, 2009

Les liens entre l’armée et la réserve sont en train se de se déliter. C’est l’avis d’un certain nombre de spécialistes qui considèrent que la professionnalisation de l’armée a été un facteur déterminant dans cette évolution pour le moins négative. Contrairement aux États-Unis, les réservistes sont considérés en France comme des éléments au rabais rarement pris au sérieux par les militaires de métier. Cette défiance « naturelle » commence à se faire sentir dans les milieux civils qui sont proches de l’armée. La professionnalisation a créé une coupure importante dans la mesure où les Élèves Officiers de Réserve, appelés du contingent,  constituaient un lien permanent à vocation opérationnelle entre le monde militaire et le monde civil. La disparition des EOR a repoussé le monde des réservistes à des fonctions subalternes qui ne sont pas toujours comprises par le monde militaire, lui-même soumis à une très forte diminution d’effectifs et donc trop soucieux de gérer les problèmes du quotidien pour intégrer ce type de préoccupation. Les départs volontaires se multiplient et dans une proportion à laquelle ne s’attendait pas le Ministère de la Défense. Beaucoup de gradés préfèrent partir tôt pour se reconvertir dans le monde de l’entreprise. Ce mouvement de départ  affecte souvent les cadres confirmés. Autrement dit, ce ne sont pas les plus mauvais qui partent les premiers. La position défensive adoptée par une armée de métier repliée sur ses prérogatives n’est pas saine. Les militaires se coupent un peu plus d’une société civile qui se désintéresse de leur fonction et de leur utilité. Le défile traditionnel du 14 juillet ne compense pas cette désaffection croissante. A terme, le prix à payer sera plus lourd que ne le croit un monde militaire très tourné vers les opérations extérieures et psychologiquement affecté par le poids pris par la gendarmerie dans la sécurité intérieure du pays.

Commentaires

1 réponse to “L’armée française se referme sur elle-même”

  1. Lieutenant André Laffont - réserve on septembre 24th, 2009 18:47

    Voici plusieurs années que je pensais que l’armée française se referme sur elle-même.
    Il y a plus de dix ans que nos réunions annuelles se sont aménuisées, et les quelques anciens de la dernière guerre sentions que notre “statut” d’anciens combattants 39-45 était démodé, dépassé et difficilement supportable pour les officiers d’active actuels.
    J’en fis la difficile expérience lors d’une des réunions de notre régiment (68 RAA) au camp de la Valbonne.
    Un auteur prétendu écrivain, et chargé par l’Etat Major du 68 RAA, d’écrire l’histoire de notre régiment, Lors de la présentation de son travail, qui à mon avis, ne reçu qu’un accueuil très mitigé.
    Je me permis alors de me lever pour demander la parole. Je me présentais donc réglementairement. “Non, grade, unité d’origine, et résumé sur l’état de mes services.” Je commençais de relever les erreurs des unités lors de la Campagne de Tunisie : unités non présentes lors de certaines actions, et oubli de certains faits marquants.
    Ensuite, je fis remarquer, qu’avec quatre autres sous-officiers, nous avions refusés d’ouvrir le feu sur les Commandos américains lors du Débarquement américain du 8 Novembre 1942 à Arzew (Oranie) et de ce fait, incarcéré durant plus d’un mois au camp d’Eckmühl à Oran.
    Ce manquement et refus aux ordres donnés par notre chef de corps d’alors le Capitaine Aug….. ne fut guère apprécié par les Officiers supérieurs présents,
    Acclamé par beaucoup, ma petite mise au point, n’eut pas l’heurt de plaire à certains gradés et je fus prié de m’en excuser.
    Ce que je refusais absolument.
    Le soir au mess, j’ajoutais en plus, que je considérais que mon manque d’avancement résultait de cette position que j’avais prise à l’époque, à croire que nous étions toujours sous Pétain.
    Trop, c’était trop pour un simple lieutenant qui se permettait de critiquer la passivité de certains officiers supérieurs.
    Les mois ont passés, quelques années aussi, rien n’a changé, je suis toujours au banc des exclus.
    André Laffont, Lieutenant de Réserve 68 RAA - 2° Batterie

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