Les Etats-Unis savent s’y prendre pour influencer

24 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

Cette lettre a été envoyée à un certain nombre d’universitaires français afin de les sensibiliser sur la politique de sécurité nationale américaine. On peut y lire notamment que les frais de séjour (6 semaines) sont entièrement pris en charge par le département d’Etat américain. Lire la suite

Les limites de la communication étatique française sur les attaques informationnelles

20 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

Selon l’article du Monde sorti le 17 septembre, seulement 2 adresses mail du Ministère des Affaires Etrangères ont été ciblées par les soi-disant attaques massives d’origine chinoise en France. Deux fonctionnaires qui reçoivent des virus (ce qui est le cas pour des millions d’internautes chaque jour), ça fait peu, pour des attaques présentées comme une déferlante qui impacterait tout le monde occidental.

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L’influence française dans la transmission de la connaissance

14 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

En Octobre 2006, s’est tenu aux Etats-Unis la première rencontre du Réseau mondial d’échange de connaissances pour le développement (Global Development Learning Network). 500 personnes représentant plus d’une centaine de pays ont assisté aux débats. Le détail important pour notre pays est qu’il n’y avait qu’un seul Français, Jean-Michel Treille qui est un expert indépendant reconnu dans la gouvernance d’entreprise (Jean-Michel Treille, Le pilotage opérationnel de l’entreprise, éditions d’organisation, 2004).

Ce réseau de GDLN qui est animé par la Banque Mondiale, constitue un excellent moyen d’accès aux nouvelles élites des économies émergentes.  Sur son site, les animateurs précisent que les clients du GNLD « comprennent des institutions universitaires qui offrent des programmes de formation à distance sur les questions liées au développement, des agences d’aide au développement qui cherchent à établir le dialogue avec les principaux partenaires à travers le monde, des agences gouvernementales chargées de négocier les moyens d’action avec leurs homologues d’autres pays, et des organisations non gouvernementales qui prévoient des conférences avec leurs partenaires à travers le monde». Il s’agit donc d’un enjeu non négligeable à moyen/long terme. Un an après cette manifestation, peu de choses ont bougé. Le terrain reste toujours aussi peu occupé par des forces françaises organisées. Le pouvoir politique français prend des mesures défensives (cf. la création de la Direction du Renseignement Intérieur) mais est très peu actif dans les mesures offensives dans le domaine de l’influence et celui des opérations d’information.

Le monde occidental cherche à mettre en garde la Chine sur son agressivité

10 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

Ces dernières semaines, les agences de presse ont été prolixes la semaine dernière sur des dépêches concernant la Chine. Les retraits de millions de dizaines de jouets opérés à trois reprises cet été par la firme américaine Mattel aux Etats-Unis et dans d’autres pays comme la France ont alerté les rédactions. A la mi août, l’agence de sécurité sanitaire américaine, la FDA, exige le rappel de dentifrice chinois après avoir constaté que des tests effectués sur des échantillons de ce dentifrice révèlent des traces d’antigel.

En Europe, des douaniers italiens saisissent 75000 jouets à risque dans des conteneurs en provenance de Chine (dépêche AFP du 17 août). Quelques jours plus tard, la Commission européenne prévient la Chine qu’elle pourrait prendre des mesures réglementaires urgentes pour améliorer la sécurité des jouets ((dépêche AFP du 24 août). Puis ce fut le tour du Canada qui retire 140 000 crayons fabriqués en Chine car ils sont jugés dangereux par les autorités de Montréal (dépêche AFP du 1er septembre). Dans ce dossier, c’est aussi le niveau élevé de plomb qui est visé.
Les Chinois ont tenté un tir de barrage qui ne convainc personne. Un groupe de défense des travailleurs chinois dénonce les conditions de travail dans les usines qui fabriquent les jouets. Ces usines doivent répondre aux critères de production imposés parleurs clients occidentaux (dépêche AFP du 21 août). Pékin avait déjà tenté ces dernières années d’exercer une pression de nature syndicale ou réglementaire sur des entreprises occidentales comme Wall Mart ou Danone.
Les récentes dénonciations des administrations américaine, allemande, et française sur des attaques informatiques émanant d’hackers rouges proches de l’armée chinoise confirment la volonté du monde occidental de mettre en garde indirectement la Chine sur son agressivité commerciale mais aussi géopolitique. Ce changement d’attitude de la part des pays occidentaux semble indiquer les craintes croissantes des milieux économiques de ne pas être capables d’encaisser le choc de la compétition économique chinoise puis indienne.

Les limites de l’ouverture de l’Etat à une culture collective de puissance

10 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

Le Ministère de l’Economie et des Finances a créé en 2003 le Cycle des Hautes Etudes pour le Développement Economique (CHEDE) qui est l’équivalent pour ce ministère de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Comme l’indique le site http://www.chede.minefi.gouv.fr/, cet organisme «  s’adresse à des décideurs de tous horizons intéressés par les enjeux et les modalités de l’action publique en matière économique.

C’est un lieu d’échanges ouverts entre partenaires et usagers des administrations économiques et financières d’une part, concepteurs ou gestionnaires des politiques publiques d’autre part. Chaque promotion annuelle réunit une soixantaine d’auditeurs qui occupent des responsabilités politiques, professionnelles ou sociétales de premier plan : élus, dirigeants d’entreprise, partenaires sociaux, journalistes, chercheurs, professions libérales, hauts fonctionnaires… »
A priori, l’idée part d’un bon sentiment. Mais la réalité n’est pas aussi convaincante que la bande annonce. Sur les 60 auditeurs de cette année, 55 viennent de la fonction publique. Il n’y a donc de que 5 auditeurs privés dont 3 avocats. Les chefs d’entreprise et les PME sont quasiment absents alors que notre pays a le plus grand besoin d’une mobilisation des forces économiques en concertation opérationnelle avec les hauts fonctionnaires du principal ministère concerné par cette mission vitale pour la France.
Avec une telle composition, on est loin de la volonté d’échange d’idées affichée sur le site. Précisons que les 55 fonctionnaires sont tous énarques et que 90% des intervenants sont aussi énarques. Le programme est plus que politiquement correct puisque l’initiation au lobbying européen a été faîte par un journaliste. On comprend mieux comment on a appris à perdre la candidature de la ville de Paris aux jeux olympiques de 2012. Le voyage à Bruxelles des 60 auditeurs a été un chef d’œuvre de sensibilisation au fonctionnement des institutions européennes puisque les 60 auditeurs n’ont vu pratiquement que des Français de la représentation française. C’est une bonne image de la volonté d’en savoir plus sur l’efficacité de nos partenaires.
On connaissait déjà les limites idéologiques de la pensée émanant de l’inspection des Finances en matière d’approche de la compétition géoéconomique mondiale. Avec une telle formation, on sait maintenant comment elle verrouille le formatage des esprits et comment elle nous désarme par rapport à l’approche combative des puissances conquérantes.

Les premières manifestations virtuelles sur Internet

3 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

La victoire obtenue par le syndicat étudiant britannique National Union of Students est une parfaite illustration des capacités qu’offre aujourd’hui Internet pour obtenir une victoire par l’expression collective par le biais du web. Rappelons le contexte : la banque HSBC prend la décision au début de l’été 2007 de faire payer 9,9% d’intérêts aux étudiants britanniques qui sont à découvert de moins de 2 200 euros.

Pour forcer la banque à changer de position, le syndicat étudiant décide de déclencher une riposte en utilisant comme levier le site Facebook qui est un site de réseau social permettant de mettre en ligne des photos, de laisser des messages et de créer des groupes dédiés à des initiatives. C’est justement ce moyen qu’a choisi le syndicat étudiant pour battre le rappel de ses troupes. Plusieurs milliers vont répondre à son appel à la mobilisation en deux mois. L’objectif est faire pousser HSBC à annuler les intérêts, voire à les rembourser sur ceux déjà perçus. C’est chose faîte début septembre puisque l’ampleur de la mobilisation a incité la direction de la banque à annuler les pénalités sur les comptes de ses clients étudiants débiteurs.
Ce succès popularisé par certains journaux français comme Libération (http://www.ecrans.fr/Facebook-bat-le-pave,2024.html) ouvre une  marge de manœuvre très originale aux groupes qui veulent imposer leur point de vue. Si les jeunes Britanniques ont peut-être une approche plus réactive d’Internet que les jeunes Français, il ‘est pas impossible de voir se développer en France de nouvelles formes d’action qui s’inspirent de recettes imparables comme celle qui est venue à bout dernièrement de la banque HSBC. N’oublions pas les suites de la dynamique d’action qui a mis fin au projet d’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI). C’était la première victoire d’un groupe contestataire qui utilisait Internet comme levier d’action. Cette victoire a débouché sur la création du mouvement alter mondialiste.

Les pratiques terroristes en guerre de l’information : le cas NOVARTIS

3 septembre, 2007 · Poster un commentaire 

Le groupe Animal Right Militia qui publie ses communiqués sur le site http://www.directaction.info/, a réussi à déstabiliser le groupe Novartis en faisant croire qu’il avait contaminé des flacons d’une solution pour lentilles de contact  vendue en France ainsi qu’une crème antiseptique vendue en Grande Bretagne sous prétexte que ces produits sont conçus à partir d’expérimentations animales.

Ce groupe radical est connu pour être plus extrémiste que le groupe Animal Liberation Front (http://www.animalliberationfront.com/) et a déjà commis des actes équivalents au Canada, avec des résultats néfastes sur les entreprises visées. Ce groupe a atteint son objectif en obligeant la filiale de Novartis en France, la compagnie Cibia Vision, à publier un communiqué appelant ses clients à rapporter les flacons de SOLO-Care Aqua qui ont été achetés entre le 25 et le 30 août dans un magasin des enseignes Krys, Vision Originale, Optical Center ou Atol.
Ce type d’attaque par l’information est difficile à contrer car elle oblige l’entreprise et les pouvoirs publics à appliquer le principe de précaution étant donné les risques encourus par les consommateurs. Il est clair que les groupes extrémistes qui ont recours à ce type de pratique n’hésitent pas à désinformer l’opinion en faisant croire à un sabotage ou surtout à un risque de sabotage.
Ce terrorisme virtuel s’est limité pour l’instant à des actes d’intimidation. Selon l’agence Associated Press, trois activistes britanniques avaient été condamnés en mars dernier à des peines allant de 15 mois à quatre ans de prison pour avoir menacé des employés d’Huntingdon Life Sciences et d’autres compagnies. En 2001, des hommes masqués armés de battes de base-ball avaient attaqué le responsable de la société à son domicile.
Cette forme de déstabilisation n’est pas nouvelle. Elle fait penser aux deux tentatives de chantage du pseudo groupe AZF en France : menaces d’attentat validées par des faux montages d’attenta ou de remise de rançon, recherche de publicité dans les médias. La police n’a toujours pas identifié les auteurs de cette mise en scène.
L’objectif de ces attaques par l’information est de porter atteinte à l’image d’une entreprise ou éventuellement de ridiculiser l’Etat. Ces opérations sont encore peu nombreuses et dispersées dans le temps. Elles révèlent cependant des failles récurrentes qu’il ne faut pas négliger.
Il y a quelques années, plusieurs médecins d’une PME de l’industrie pharmaceutique spécialisée dans les produits liés à la greffe de cornée avaient démissionné à la suite d’un différent avec le PDG sur l’application du principe de précaution. L’affaire n’eut pas de retombées publiques mais on imagine bien la manière dont ces groupes extrémistes auraient pu l’exploiter en faussant les données du débat.