L’économie japonaise résiste à l’offensive des fonds d’investissements

25 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

Le rôle et l’importance des fonds d’investissement, dans un capitalisme mondialisé, seront les thèmes clefs du débat sur l’importance des marchés financiers dans les stratégies de développement des économies nationales. Dans ce débat, le Japon vient d’envoyer un signal fort aux fonds spéculatifs, ils ne sont pas les bienvenues dans l’économie japonaise. L’affaire « Bulldog sauce » est à ce titre caractéristique de l’attitude du Japon.

Marque historique et leader sur le marché du condiment, le groupe « Bulldog sauce » faisait l’objet d’une opération d’acquisition de la part de Steel Partners un fond d’investissement américain. L’opération a été contrée par l’équipe dirigeante de la compagnie japonaise. Le 7 juillet dernier, un tribunal de Tokyo a statué contre le fond de la manière suivante : "avait montré que son principal objectif était d’empocher des profits par des transactions financières et, éventuellement, par la cession des actifs de la société". Qualifiant Steel Partners d’acquéreur abusif", la cour d’appel de Tokyo a rappelé que "le profit est généré par des activités économiques impliquant, entre autres, les salariés et les consommateurs".
Cette vision du profit et de l’économie devrait inspirer les dirigeants européens, qui par souci de libéralisme, ouvrent les portes du capital des entreprises nationales à des acteurs mal identifiés, dont les intentions sont peu ou mal connus. Cette réflexion devra être rapide et approfondie, car la réaction du Keidanren (le patronat japonais), est le produit d’une des doctrines économiques les plus efficaces du XXéme siècle. On se souviendra notamment que le Japon avait lui-même lancé une offensive financière sur les économies occidentales à la fin des années 80. Il a donc une bonne vision de la puissance de l’outil financier dans les stratégies de domination économique.
Deux autres éléments à ajouter à la réflexion : la compagnie « Bulldog sauce » fabrique des sauces et des condiments, donc est très loin de constituer un actif stratégique de l’économie japonaise et a donc été défendue au nom d’une certaine idée des buts d’une entreprise et des moyens pour générer des profits (cf l’énoncé du jugement du tribunal de Tokyo). Ensuite les investissements étrangers représentent 2,4 % de l’économie japonaise contre 47,4 % pour la France, c’est dire la différence d’appréciation du niveau de menace entre les deux économies.

Stéphane Ledoux

Reconstruire le Liban

24 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

La France n’est pas encore opérationnelle pour répondre efficacement à ce type de défi géoéconomique. Une réunion qui a réuni récemment 26 entreprises en présence d’officiers généraux a abouti à un compte rendu sans finalité concrète. L’explication est hélas très simple : l’autorité politique n’a pas encore pris la mesure de l’absence de réactivité des niveaux intermédiaires sur la nécessité d’accorder une importance vitale à ce type d’enjeu.

Un instrument a pourtant été créé sous l’égide du Ministère de la Défense pour apporter des éléments de réponse à ce type de situation sous l’égide de la fondation St Cyr. Pour être une réponse opérationnelle, il doit être activement soutenu et orienté par le pouvoir exécutif. Sans stratégie définie par le politique, il ne peut y avoir d’action concertée de terrain. La conférence diplomatique organisée à Paris pour rapprocher les partis libanais ne doit pas faire oublier les enjeux qui créent de l’activité économique et de l’emploi. Cette évidence n’en est pas une pour l’instant. Les incohérences du système français ne manquent pas dans la lecture des stratégies de puissance des pays conquérants. A l’heure où les Chinois se sont portés acquéreurs des anciens locaux du Ministère de la Coopération à Paris, on peut s’interroger sur le niveau de perception de cet achat symbolique par les pouvoirs publics français. Le Ministère de la Coopération était l’interlocuteur administratif de la France auprès des pays africains. Or la Chine mène actuellement une politique très habile d’implantation en Afrique. Comprenne qui pourra…

Guerre de l’information et conflits asymétriques

23 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

Le prochain numéro des Bulletins d’études de la marine (publication de la Marine Nationale) comportera un article sur La maîtrise de l’information dans les conflits asymétriques, signé par Christian  Harbulot, Directeur de l’Ecole de Guerre Economique et du cabinet de conseils, Spin Partners, et Philippe Baumard, Professeur Université Paul Cézanne d’Aix et directeur de la recherche du groupe ESLSCA.

Extrait :
« Se préparer à ces nouveaux conflits asymétriques nécessite de bâtir des capacités de recherche appropriées, qui conjuguent la capacité civile à la capacité stratégique, et entreprend de bâtir des systèmes de réponse en conjonction de ces deux sphères d’intervention mutuellement asymétriques. Les initiatives de réforme de doctrine entreprises aux Etats Unis depuis 2001 n’ont pas poursuivi cette voie, comme en témoigne l’organisation du Center for Asymetric Warfare dont la préoccupation essentielle est l’amélioration de la capacité de réponse opérationnelle et militaire à l’offensive asymétrique.
On ne peut envisager de construire un réel savoir-faire sur le conflit asymétrique sans procéder à une réévaluation du concept de guerre cognitive * . Comme le soulignent Jaud et Lorin de Grandmaison, « l’une des particularités essentielles de la guerre asymétrique est qu’elle n’est pas basée sur la recherche de la supériorité, mais sur la conversion de la supériorité de l’adversaire en faiblesse ».
»

* Cf à ce propos les critiques des doctrines post 9/11 dans C. Harbulot, D. Lucas (Eds), La guerre cognitive : L’arme de la connaissance. Paris : Lavauzelle.

Confirmation de la méfiance allemande à l’égard de certains fonds d’investissement

20 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

Le lobbying allemand commence à montrer son efficacité auprès de la Commission européenne qui exprime son inquiétude sur la finalité des manoeuvres des fonds d’investissement d’États étrangers en Europe et plus particulièrement en Allemagne. Selon le Figaro d’aujourd’hui, Charlie McCreevy, le commissaire européen au Marché intérieur a annoncé que Bruxelles devrait examiner de plus près ces fonds étrangers dotés de capitaux publics.

Les autorités françaises sont pour l’instant restées étrangement sur un sujet d’une importance vitale pour l’avenir de l’économie française. De nombreux signaux sont pourtant passés au rouge. Les rachats d’entreprises françaises sont en hausse constante et dans tous les domaines. Si on  prend le cas des cliniques privées, le phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années sans qu’on prenne garde bien garde aux conséquences. Les politiques sont encore dans la croyance bien ancrée que la prise de participation du capital étranger dans notre économie est la preuve de notre attractivité. Cette vision ne correspond pas à la vision allemande qui est pourtant aussi libérale que celle du corps de l’inspection des finances ou des polytechniciens, à un détail que l’Allemagne affirme de plus en plus une vision sur le devenir de sa puissance au sein de l’Europe alors que la France en est encore à débattre du service minimum dans les transports en commun. Dans le même temps aux Etats-Unis, le responsable des services de renseignement va contrôler de manière plus systématique les investissements étrangers à la suite de la réforme du Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) menée par l’administration Bush et approuvée par le Congrès le 13 juillet dernier. Bernard Carayon a précisé à plusieurs reprises dans les rapports qu’il a remis au précédent Premier Ministre le rôle que jouait l’administration américaine dans la préservation des intérêts économiques des Etats-Unis. Voici ce qu’il disait dans une interview accordée le 7 mars 2006 au blog Vtech :
« Les Etats-Unis sont depuis longtemps précurseurs en matière d’intelligence économique et de sécurité économique sur leur territoire. Avec des outils tels qu’In-Q-Tel, l’Advocacy Center, le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) mais également un arsenal législatif approprié et performant, l’amendement Exxon-Florio, le Cohen Act, le Small Business Administration, les Etats-Unis ont compris depuis longtemps que leurs entreprises participent à leur politique de puissance sur la scène internationale.  Nous devons nous inspirer de ces exemples et de quelques autres issus d’autres pays pour faire évoluer notre législation et nos pratiques. Ce sera d’ailleurs une part des préconisations du rapport que je remettrai dans un mois au Premier ministre. C’est également dans cet objectif que j’ai déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi, soutenue par 260 députés, relative à la protection des informations économiques. Elle s’inspire directement du Cohen Act en vigueur aux Etats-Unis, et permettra une meilleure protection de l’information pour les entreprises françaises en créant un véritable droit du secret des affaires. »

Sources :
http://www.lefigaro.fr/economie/20070720.FIG000000040_l_europe_se_penche_sur_les_fonds_souverains.html.
Intelligence on line, numéro 551, daté du 20 juillet au 23 août 2007.
http://vtech.canalblog.com/archives/2006/03/07/1480222.html.

Le Hamas n’a pas pu sauver Mickey

20 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

Le contrôle du Hamas sur la bande de Gaza s’améliore de jour en jour. Les manœuvres de propagande par Internet sont un des champs d’expression favoris du Hamas pour lutter contre ses ennemis. En témoigne la série diffusée par you tube sur « Farfour ». Il s’agit d’un personnage inventé par le Hamas pour les besoins de sa propagande. Il est l’équivalent de Mickey pour les jeunes palestiniens. Et comme Mickey, il enseigne aux enfants des valeurs simples.

Mais Farfour est aussi le produit de l’imagination d’un producteur de programme de télévision du Hamas dont le principal souci ludique est d’utiliser une sorte de marionnette pour faire partager aux enfants la haine des Israéliens et des Américains.
Restons dans la fiction .Malheureusement, les glorieux combattants islamistes n’ont pu sauver Farfour, il a été assassiné par « un sbire de l’ennemi sioniste », poignardé alors qu’il accomplissait son devoir sacré, sa mission, éduquer les enfants qui regardaient la chaîne de télévision du Hamas. Heureusement une caméra était là pour capturer le moment ou un pseudo agent israélien poignardait la marionnette.

http://fr.youtube.com/watch?v=TrieBhaGgHM

http://www.youtube.com/watch?v=yWIFhKYiMqU&mode=related&search=

Méfiances géoéconomiques entre pays européens

20 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

La construction de l’Union européenne ne gomme pas les contradictions économiques entre les Etats membres. Un rapport récent du CNI, l’équivalent de la DGSE en Espagne, met en garde le gouvernement de Madrid sur les risques encourus en cas de perte de contrôle de l’actionnariat dans la compagnie satellitaire hispanique Hispasat. Les Français sont les premiers visés dans ce dossier.

La société européenne Eutelsat cherche à prendre une participation importante dans Hispasat. Cette démarche déplaît au CNI qui souligne dans son rapport la prédominance française dans le pilotage stratégique d’Eutelsat. Les services secrets espagnols estiment que cela donnerait à la France un moyen d’avoir accès au contenu de certains messages. Une telle « transparence » des communications satellitaires pourrait porter atteinte aux intérêts de certaines entreprises espagnoles.
Le site marocain http://www.aujourdhui.ma/actualite-details55795.html a rendu compte en ces termes de cette affaire le 18 juillet 2007 :
« Aussi, pour éviter de courir le risque de perdre le contrôle d’un secteur aussi stratégique que les télécommunications, le CNI invite l’Etat espagnol à intervenir pour éviter que l’opérateur français puisse mettre la main sur Hispasat. Et pour protéger les intérêts espagnols, les services secrets proposent au gouvernement de blinder toute éventuelle opération de cession d’une partie du capital de l’opérateur de satellites à travers des conditions déterminées et adoptées en Conseil de gouvernement. Il serait question, entre autres, de maintenir la gestion du secteur des télécommunications officielles sous le contrôle de l’Etat. »
Ces débats sur les risques encourus par les prises de participation étrangère dans le capital des sociétés de télécommunication satellitaire ne sont pas nouveaux. Dans son rapport publié en 2004 sur la stratégie économique nationale (rapport 1664 de la commission des finances, de l’économie générale et du Plan à l’Assemblée Nationale), le député français Bernard Carayon résumait le problème dans les termes suivants : « Les cas de Saft, Eutelsat ou Gemplus, qui ont fait l’objet de tentatives ou de prises de contrôle par des fonds d’investissement américains, illustrent la vulnérabilité du capital des entreprises stratégiques françaises et européennes. »

Les pays qui exploitent le travail des détenus politiques et de droits communs

18 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

Les Etats chinois et américains auraient-ils un  point commun ? En Chine, les prisonniers politiques et de droits communs sont utilisés sur les grands chantiers intérieurs et extérieurs. Cette main d’œuvre très bon marché contribue à rendre les groupes chinois plus compétitifs. Aux Etats-Unis, les compagnies privées ont de plus en plus recours à la main d’œuvre carcérale pour des salaires insignifiants.

Le film de Michael More "The Big One"  montrait comment des prisonniers américains faisaient des réservations pour des compagnies d’avions.  Sur le site www.prisonlegalnews.org, il est fait mention du travail confié aux prisonniers par de grosses compagnies telles que AT&T. Dans un reportage diffusé sur Canal+ (l’émission "Effet Papillon"), était relatée la construction 100% américaine d’une moto construite par des détenus sur le sol américain qui serait vendue relativement cher car l’entreprise comptait jouer sur le patriotisme des futurs acheteurs.
Les principes moraux mis en avant par les fonds de retraite et d’investissement anglo-saxons ne semblent guère infléchir cette tendance à la sur exploitation de populations corvéables à merci. Quant aux fonds d’investissement chinois qui voient le jour en ce moment, on imagine leur liberté de manœuvre par rapport à la pensée très progressiste du parti communiste de leur pays d’origine.

Les non dits de la République

18 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

50 voitures brûlées de plus chaque jour selon les compagnies d’assurance depuis le premier semestre 2007.  La statistique est éloquente. Les zones rurales proches des métropoles sont aussi concernées par cette amplification des actes de vandalisme (en particulier dans la zone de Lille Roubaix Tourcoing). La nouveauté dans ces pratiques est l’incendie isolé de voitures dans les quartiers résidentiels.

Le 19/20 de France 3 a rendu compte de ce phénomène avant le 14 juillet 2007. Les incidents qui ont éclaté dans les quartiers Nord et Est de Marseille sont une illustration du climat de révolte qui règne dans les cités sensibles.
Les pouvoirs publics ont pris l’habitude de masquer ces réalités mais cette omission sera très pénalisante à moyen/long terme car la population n’est pas dupe. A la dégradation des transports en commun (métro et RER  vitrines poubelles de la ville de Paris, trains SNCF tagués et vandalisés), des camionnettes de transport systématiquement taguées, s’ajoute désormais l’atteinte à l’un des mythes de la propriété individuelle du Français : la voiture. Cette progression du non respect du bien d’autrui ou de la collectivité est une des preuves flagrantes du dépérissement de l’appareil d’Etat. L’impossibilité de faire accomplir les peines de prison à une marge non négligeable de condamnés est un autre signal d’alerte. L’accumulation de telles failles récurrentes indique que la France est en train de devenir un maillon faible en matière de sécurité dans les démocraties européennes.

Les Allemands à l’offensive

17 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

La récente rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel est la preuve évidente que la marge de manœuvre française est très réduite vis-à-vis de l’Allemagne. La France disposait encore d’une avance certaine dans deux secteurs-clés : le nucléaire et l’industrie aéronautique. Les Allemands cherchent aujourd’hui à récupérer la maîtrise industrielle dans l’aéronautique qu’ils avaient perdue aux lendemains de la seconde guerre mondiale.

Comme le rappelait le représentant du syndicat Force Ouvrière sur France Inter lundi 16 juillet à 8h20, la France a fait rentrer l’Allemagne dans le jeu en lui permettant de participer au programme Airbus puis en lui donnant accès à EADS.
Dans le même temps, le quotidien Le Monde expliquait dans son édition du 6 juillet que la chancellerie allemande avait décidé de prendre une série de mesures pour mieux défendre ses intérêts industriels. L’Allemagne craint particulièrement les manœuvres des fonds d’investissement étrangers et les politiques de dumping des nouveaux entrants comme la Chine. Ce durcissement s’explique par l’agressivité des compétiteurs étrangers et par les actions souterraines des puissances qui cherchent à pénétrer son économie pour en tirer le maximum de profits financiers. Le lobbying allemand est aussi en train de se restructurer au niveau européen pour amener l’Union européenne à une approche plus lucide de la défense de ses intérêts vitaux.

Berlin veut mieux protéger ses secteurs industriels clefs
Pour mieux comprendre ce changement à 180 degrés de la politique industrielle allemande, il ne faut pas perdre de vue que près de la moitié des grands groupes de la première puissance économique de l’Union européenne ne sont pas à l’abri d’OPA hostiles. « Sur les trente entreprises cotées au Dax de la Bourse de Francfort, entre dix et quinze sont à la merci d’un assaut boursier d’un «hedge-fund» ou d’un opérateur étranger », observe un analyste financier. Une situation qui explique d’ailleurs largement la volonté affichée par l’Allemagne, dans le cadre du G7 Finances, de mieux contrôler ces fonds spéculatifs qui gèreraient à l’heure actuelle quelque 1.600 milliards de dollars.
Extrait de l’article du Monde (06/07/2007)

Les failles de l’industrie nucléaire au Japon

17 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

L’agence de presse japonaise Kyodo News fait état d’une fuite d’eau contenant des matériaux radioactifs à la centrale nucléaire où un incendie s’est déclaré après le séisme de magnitude 6,8 ». Les deux premiers réacteurs ABWR de 1350 MWe construits par General Electric sont entrés en service au Japon fin 1998 sur le site de Kashiwazaki Kariwa. Le réacteur de Kashiwazaki Kariwa était déjà impliqué dans l’affaire TEPCO.

TEPCO (Tokyo Electric Power Co., une des plus importantes entreprises énergétiques au monde), qui a connu un grand retentissement au Japon et est encore très ancrée dans les mémoires. La falsification par TEPCO de rapports de sûreté a plongé l’industrie nucléaire japonaise dans une crise profonde. Les falsifications, révélées par l’Agence de Sûreté Nucléaire et Industrielle (Nuclear and Industrial Safety Agency ou NISA) le 29 août 2002, portaient sur des éléments relatifs à la sûreté dans les rapports d’inspections internes que TEPCO transmettaient aux autorités de sûreté. Les services du ministère avaient commencé à enquêter sur le sujet en juillet 2000, après avoir été alertés par un ingénieur travaillant pour General Electric International Inc. (GEI), filiale de General Electric Co (General Electric) au Japon. C’est GEI qui réalisait les inspections sur les réacteurs exploités par TEPCO.

En juin 1994, TEPCO avait annoncé une fissure de 2,3 m dans l’enveloppe du réacteur n°1 de Fukushima en minimisant le nombre total de fissures. La cuve a ensuite été changée en 1998. Quand des inspecteurs gouvernementaux sont venus inspecter l’ancienne cuve, les fissures non révélées ont été cachées sous des feuilles plastiques. Le rapport fait aussi état de cas particulièrement « malicieux » où des pièces métalliques ou de la peinture ont été utilisées pour dissimuler les parties endommagées ou réparées en secret, notamment sur le circuit de refroidissement primaire. La compagnie a reconnu les dissimulations. Les quatre principaux dirigeants ont donné leur démission et de nombreux cadres ont été rétrogradés. Les enquêtes en cours devront également clarifier les responsabilités dans le cadre des falsifications et de leur dissimulation. Il semble quasiment certain que la falsification des rapports d’inspection par GEI soit l’objet d’une concertation et ait été ordonnée par des dirigeants de TEPCO. Selon certains articles, les investigations du METI permettraient aujourd’hui de dire que plus de 100 employés étaient impliqués dans ces dissimulations. Cette affaire a eu de sérieuses répercussions sur l’industrie nucléaire au Japon, et dans le reste du monde. L’attitude de TEPCO renforce les craintes de recul de la sûreté nucléaire sous la pression de la concurrence économique.

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