Attaque informationnelle américaine contre le Rafale

21 juin, 2007 · Poster un commentaire 

La guerre commerciale dans le domaine de l’avionique militaire est entrée dans une nouvelle étape. Un rapport circulant dans les milieux parlementaires américains souligne les dangers proliférants du Rafale français. Ils indiquent que cet appareil qui équipe l’armée française et qui peut dans certaines versions transporter l’arme nucléaire, peut présenter des dangers de prolifération en cas d’exportation à des pays à risques.

Dassault a répliqué en rappelant qu’il ne fournissait pas le matériel logiciel adéquat qui entraînerait ce risque de prolifération. Les Américains répondent à cette justification en disant que ce type de matériel informatique peut être livré par d’autres pays. L’attaque est insidieuse car elle ne tient pas compte des accords très rigoureux passés par la France en termes de contrat d’armement sur ce type de transfert de technologie. Les spécialistes de l’arme nucléaire soulignent que le danger de prolifération porte surtout sur les missiles balistiques. Si on prend le cas d’Israël, la défense aérienne de ce pays craint mille fois plus une attaque par missiles que par avion. Il en est de même pour le Japon par rapport à la Corée du Nord.
 

 
 

 

La Belgique, la Chine et le trafic de métaux

20 juin, 2007 · Poster un commentaire 

Les vols de métaux se multiplient en France. Les risques liés à ces vols augmentent. Lorsqu’un câble électrique est dérobé sur un passage à niveaux automatique, il peut y avoir un risque majeur pour les automobilistes. Les accidents mortels sur les passages à niveau doivent être analysés désormais aussi sous cet angle.

Les pouvoirs publics ont du mal à communiquer sur ce sujet, en particulier à cause du pourcentage non négligeable de gens du voyage impliqués dans ce trafic qui transite par la Belgique pour aboutir principalement au port d’Anvers à destination de la Chine. Les autorités belges démontrent pour l’instant une passivité assez inquiétante dans ces affaires. Il n’est pas impossible que des structures associatives issues de la société civile se manifestent auprès des médias pour dénoncer le rôle de la Belgique dans ce trafic. Une communication sur la question du risque d’homicide par imprudence lié au vol de métaux serait fortement souhaitable du côté des pouvoirs publics.

Un conseil national de sécurité consultatif ?

20 juin, 2007 · Poster un commentaire 

Il semble que la création d’un Conseil National de Sécurité se limite à une démarche purement consultative. Si tel était le cas, l’effet d’annonce perd une bonne partie de sa substance. Les vieilles recettes semblent encore prévaloir au sein de l’appareil d’Etat français, ce qui n’est pas à priori une bonne nouvelle. Le pouvoir politique se focalise pour l’instant sur les grands dossiers intérieurs en abandonnant aux commis de l’Etat la gestion courante des intérêts extérieurs de la nation française.

Sans remettre en cause l’expertise des administrations concernées, l’organisation de la « maison France » souffre de nombreux archaïsmes et redondances qui parasitent l’action gouvernementale. Mais il y a plus grave. C’est l’impasse qui est faîte sur la problématique de la guerre de l’information. L’incapacité du politique à définir jusqu’ici une ligne de conduite claire à tenir face aux attaques informationnelles que subit la France dans des enjeux de puissance, laisse les administrations missionnées pour agir sans consignes. Cette lacune peut avoir à terme des effets très négatifs aussi bien sur le terrain géopolitique que géoéconomique.

Les premières attaques informationnelles contre le nouveau gouvernement français

13 juin, 2007 · Poster un commentaire 

Le film de la conférence de presse donnée par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la dernière réunion du G8 est un premier cas d’école qui mérite une lecture un peu plus élaborée que celle que nous donnent aujourd’hui les médias étrangers, notamment la télévision belge. Les autorités russes ont un certain talent pour piéger leurs interlocuteurs.

L’hypothèse selon laquelle ils en ont fait une fois de plus la démonstration n’est pas à exclure. L’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de la France n’est pas pour eux une très bonne nouvelle, compte tenu des positions prises par le candidat Sarkozy sur des dossiers sensibles comme la Tchétchénie ou l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Tout affaiblissement de l’image du Président de la République est bon à prendre. Le rdv avec Poutine en a peut-être fourni l’occasion. Il sera bon de s’en souvenir dans la gestion des rapports de force avec un pays dont les services de renseignement sont soupçonnés d’avoir empoisonné à Londres un de leurs anciens agents avec un produit radioactif pour faire comprendre à la Grande Bretagne qu’elle ne doit pas trop interférer sur la politique du Kremlin.
La déstabilisation de Bernard Kourchner par le biais d’un journal suédois qui émet l’hypothèse que l’actuel Ministre des Affaires Etrangères français aurait commis des fautes lors de son mandat international au Kosovo est un autre cas à examiner à la loupe. Les attaques informationnelles qu’on cherche « à blanchir » partent le plus souvent de média situés dans des pays neutres. La Suède fait partie du lot. Il sera intéressant de retracer le cheminement de cette information et la raison pour laquelle elle sort subitement aujourd’hui. N’oublions pas que certaines prises de position récentes de la France dérangent des intérêts étrangers qui savent riposter par la guerre de l’information en jetant le doute sur l’intégrité morale de nos décideurs politiques. A suivre…

Focus de knowckers.org

7 juin, 2007 · Poster un commentaire 

La révolution des cleantech, un nouveau champ de compétitivité à base sociétale.

Les États-Unis sont un grand pays, ce qui leur permet de dire une chose et de préparer son contraire. La position ultra conservatrice du gouvernement américain, sur l’environnement, ne doit pas masquer la révolution technologique qui se prépare aux Etats-Unis. Les liens de l’administration Bush avec l’industrie pétrolière sont probablement responsables de cette distorsion, mais une frange plus orientée vers l’innovation de l’industrie américaine se prépare activement pour une nouvelle révolution technologique, celle des cleantechs, et cela en dépit de l’attitude de Washington. 

Un nouveau modèle d’entreprise se développe aux Etats-Unis. La conjonction de la culture d’innovation qui a fait le succès de la Silicon Valley et des nouvelles préoccupations des sociétés modernes pour l’environnement représente un mouvement de basculement d’une partie des entrepreneurs américains vers les technologies « vertes ». Débarrassé du carcan idéologique et militant, l’intégration des critères du développement durable devient un argument commercial dévastateur. A titre d’exemple, on considérera la compagnie Tesla Motors qui propose un coupé sport visuellement très proche de la Lotus Elise, avec une propulsion 100% électrique et des performances compatibles avec son statut de roadster : 0 à 100 Km/h en 4 secondes, 200 Km/h de vitesse pointe et une autonomie de 350 Km.  Ce modèle est donc très différent de ceux proposés par ses concurrents en Europe qui ressemble souvent à des réfrigérateurs sur pneus.

De nombreux entrepreneurs investissent dans les cleantechs car elles représentent un potentiel énorme pour la conquête de parts de marché. Certains investisseurs voient désormais dans les changements imposés par le respect de l’environnement plus d’opportunités que de contraintes. Les entreprises commencent également à réaliser que ces changements sont inéducables, et qu’ils auront un impact majeur sur leurs marchés. Ainsi dans la plupart des secteurs industriels : énergie, transport, matériaux etc…le renouveau des pratiques industrielles qu’implique le respect de normes environnementales plus contraignantes, va modifier la donne dans ces secteurs industriels. Ainsi s’engage une course entre deux types d’acteurs, les entrants purs cleantech qui misent sur des produits intégrant une ou plusieurs ruptures technologiques et les tenants du marché qui doivent adapter leurs offres au nouveau paradigme. Lorsque que l’on compare les sommes investies, les entreprises installées semblent avoir l’avantage mais l’histoire de la Silicon Valley montre que les petites structures, si elles sont bien gérées et financées, peuvent rivaliser et dépasser des géants industriels. Le rôle de l’Etat de Californie dans cette nouvelle révolution technologique n’est pas neutre. Désireux de renouveler le succès rencontré dans le secteur de l’Internet, les politiciens de l’Etat californien s’engagent au côté des entrepreneurs pour créer un environnement favorable à l’émergence de ces nouveaux acteurs. Ainsi, la Californie a pris le leadership dans le domaine des réductions d’émissions de gaz à effet de serre par des incitations fiscales et des subventions  dans le domaine des technologies vertes.

La croissance des investissements dans les cleantechs sont le fait des industriels mais également des groupes de capital risk et des investisseurs privés. La lutte a déjà commencé sur le marché américain. Les vainqueurs ont pour vocation à devenir des leaders mondiaux.  Le défi à relever pour l’Europe est important et se situe sur deux fronts :

  • Le front de l’innovation, ce qui n’est en soit pas nouveau, mais demeure inquiétant si l’on regarde de quel côté de l’Atlantique ont émergé les géants de l’informatique, de l’Internet ou des biotechnologies.

  • L’autre front est sociétal. En effet, les produits issus de cette révolution technologique disposent d’un avantage commercial basé sur un argument éthique, le meilleur impact écologique. Ils produiront les normes que nous nous imposeront de respecter dans le cadre de la démarche de développement durable, que nous avons initié. 

De cette manière, on concède l’avantage compétitif issu de notre prise de conscience environnementale à des états moins vertueux. Mais ceux-ci sont plus réactifs et disposent d’un système d’innovation mieux structuré, refermant sur nous-même le piège qui consiste à ne pas avoir d’outils pour mettre en accord nos standards éthiques et notre outil de production. 

Stéphane Ledoux

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