La guerre commerciale dans l’industrie pharmaceutique américaine

29 mai, 2007 · Poster un commentaire 

L’arrivée prochaine des baby-boomers à l’âge de la retraite (65 ans) annonce une bataille sans merci au sein des grands laboratoires pharmaceutiques. Le marché prend une ampleur considérable. Très nombreux sont les cas de surpoids parmi ces bientôt retraités des deux sexes, ce qui représente donc une grande menace de diabète pléthorique de type II avec son habituel cortège d’accidents cardio-vasculaires ou cérébraux, souvent très invalidants, parfois mortels.

La désinformation frappe impitoyablement, tant il y a de milliards de dollars en jeu. Glaxo-Smith-Kline paraît une cible privilégiée avec l’Avandia directement en concurrence d’un produit de Merck beaucoup moins actif. Alors à Cleveland, le bon Dr Nissen qui avait attiré l’attention sur le produit phare de Merck, le Vioxx (un anti-inflammatoire abondamment consommé par les rhumatisants du troisième âge), et ses risques cardiaques, s’est livré à une méta-analyse des suivis thérapeutiques des patients sous Avendia fournis par GSK à la Food and Drug Administration depuis plus de sept ans. Il semble avoir agi ainsi pour racheter son récent torpillage du laboratoire américain le plus cher au coeur des investisseurs de Wall Street, Comme il a trouvé un risque accru d’accidents cardiaques ou cérébraux chez ces malades naturellement menacés, en raison de la gravité de leur diabète, par ce genre d’avatars, il s’est empressé de crier au loup dans le New England journal of Medicine.

Et du coup, le Washington Post, le New York Times, en moindre partie le Wall Street Journal se sont engouffrés dans la brèche. Mais néanmoins certains sénateurs ont soulevé l’éventualité d’une seconde affaire Vioxx. Or il n’existe aucune analogie entre les deux affaires. Le Vioxx était prescrit à des patients qui souffraient d’arthrose, malheureusement ce médicament avait une toxicité cardiaque indéniable, tandis que l’Avandia est prescrit à des patients qui ont un diabète de type II qui répond mal aux autres drogues orales concurrentes, parce que leur diabète appartient à une forme grave donc naturellement exposée aux complications cardiaques et cérébrales de la maladie.

Dans le contexte de la mondialisation, les Etats-Unis mettront tout en oeuvre pour assurer à leur industrie pharmaceutique la part essentielle du marché et n’hésiteront pas à user de moyens de pression considérables sur l’opinion publique, pour affaiblir délibérément la concurrence européenne. Lorsque les brokers de Wall Street se transforment en pharmacologistes, cela ressemble à une barrière douanière autrement plus efficace que celles destinées à lutter contre l’immigration clandestine que Washington D.C. s’apprête à ériger le long de la frontière mexicaine.

JCH

Focus de Knowckers.org

24 mai, 2007 · Poster un commentaire 

Les contradictions  internes de l’Iran

L’Iran est un pays atypique, cœur du monde perse, théocratie chiite, il pratique une politique extérieure agressive fondé sur des soutiens à des organisations ayant le terrorisme et la violence sectaire comme base de leurs actions politiques (Hezbollah, Hamas, Radicaux chiites Irakiens etc…).

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, est le représentant de cette politique étrangère « atypique » et dangereuse. Car s’il n’est que le numéro deux iranien, en Iran le pouvoir appartient au guide suprême de la révolution Ali Khamenei, Mahmoud Ahmadinejad est célèbre pour ses déclarations provocantes, mais également pour son attachement au développement du nucléaire Iranien.

Cette volonté de créer une industrie nucléaire, en Iran, peut inquiéter. Les dirigeants iraniens déclarent ne vouloir développer que des applications civiles de l’atome, ces déclarations seraient plus crédibles si elles n’étaient pas la première partie d’un discours aux accents guerriers contre les Etats-Unis et Israël. Les Etats-Unis ont intégré l’Iran dans l’axe du mal, sans comprendre que cette rhétorique simpliste était justement ce dont les dirigeants de la république islamiste avaient besoin. Cette vision d’un Iran menaçant et menacé est exactement celle que cherche à créer les conservateurs iraniens, car le régime islamique est en situation d’échec et à la recherche d’une cohésion perdue et la pression extérieure sert de prétexte au pouvoir des mollahs pour se maintenir.

Le secret le mieux gardé du Proche Orient est que l’Iran est plus proche d’une situation démocratique que ne l’a jamais été aucun régime de la région. L’Iran dispose d’une société civile organisée, de journaux d’opposition, de partis politiques pluralistes, d’un parlement élu. Il y a même des surprises électorales, comme l’élection de M. Ahmadinejad, ou la défaite de sa tendance politique aux élections municipales en 2006. Ce qui sépare le pays de la démocratie est paradoxalement sa constitution, car la constitution islamique place le pouvoir religieux au-dessus du pouvoir politique, ainsi des institutions religieuses comme le conseil de discernement ou l’assemblé des experts. Composés de mollahs, ces conseils contrôlent les candidatures aux élections, les nominations des magistrats, et disposent d’un droit de veto sur le Parlement. Ainsi le pouvoir religieux supplante le pouvoir démocratique.

Un autre aspect de la situation iranienne que sa politique étrangère masque est la situation économique catastrophique du pays. Depuis la révolution islamique la conjugaison des sanctions économiques et des choix idéologiques du régime de Téhéran a conduit le pays au bord de la catastrophe économique. La manne pétrolière est dilapidée au travers d’investissements inefficaces et de subventions à des fondations religieuses chargées d’acheter la paix sociale. Ces fondations qui contrôlent de facto l’économie du pays, sont la représentation économique du pouvoir des divers courants religieux. Quand on ajoute une corruption très élevée et une administration tatillonne, inefficace et versatile, cette conjugaison de facteurs a fini par décourager la plupart des investisseurs étrangers même dans le secteur énergétique.

Un des exemples les plus caricaturaux de la situation économique de l’Iran est le cas de l’essence. Alors que le pays investit fièrement dans l’énergie atomique, il est ironique d’apprendre que l’Iran manque d’essence. Le deuxième exportateur de l’OPEP, quatrième producteur mondial de pétrole n’a pas les capacités de raffinage pour assurer sa propre consommation. Il exporte donc du pétrole brut et importe de l’essence. L’argument qui place le développement d’une filière nucléaire comme première nécessité pour l’avenir énergétique tombe devant l’urgence d’accroître les capacités de raffinage. Mais le problème de l’essence en Iran ne s’arrête pas là. Pour compenser cette faiblesse structurelle et éviter l’impopularité liée à une essence chère, le gouvernement iranien subventionne les carburants raffinés à l’étranger à partir de son pétrole. L’essence iranienne est donc bon marché, moins chère que dans les pays voisins où elle est raffinée. Conséquence logique, le pays devient le premier exportateur d’essence de contrebande de la région. Certains pays ont des subventions à l’exportation, l’Iran a inventé les subventions à la contrebande. 

Généralement les subventions à l’export concernent des produits en excédant, mais pas les subventions à la contrebande. Depuis le 22 mai l’Iran a instauré des restrictions sur les ventes d’essences, les importations et leurs coûts croissant pour le budget de l’état ne suffisaient plus à compenser la pénurie. Pour terminer, les responsables des douanes et les spécialistes de la contrebande, indiquent que le trafic d’essence à partir d’Iran serait contrôlé par des membres de haut rang des Pasdarans. Les gardiens de la révolution ou Pasdarans sont une institution militaire qui a pour but de protéger les institutions islamiques de l’Iran et de propager la révolution islamique dans le monde, une institution dont le président Mahmoud Ahmadinejad est issu.

Comprendre et tirer les enseignements des conflits asymétriques

23 mai, 2007 · Poster un commentaire 

La Grande Bretagne comme les Etats-Unis a pris en compte l’importance des conflits asymétriques dans les affrontements politico-militaires du XXIè siècle. L’Etat britannique a créé un centre de recherche, l’ARAG chapeauté par l’Académie de Défense britannique.

L’Advanced Research and Assessment Group (ARAG) est organisée en "noyaux" formés d’équipes duales, civiles et militaires, combinant des savoir-faire de management et de gestion des intérêts de défense.

Les objectifs stratégiques attribués à l’ARAG sont les suivants :

  • Maîtriser les nouveaux savoirs asymétriques.

  • Servir de conseillers spéciaux et discrétionnaires pour les Ministres de Tutelle (Défense / Intérieur et Premier Ministre en Grande Bretagne).

  • Fournir l’analyse stratégique et le traitement des "cartes" dans le cadre de ces nouveaux modèles.

  • Bâtir une capacité de recherche sur les conflits asymétriques.

La France ne dispose pas pour l’instant d’un instrument de cette nature.

http://www.defac.ac.uk/colleges/arag

La présence mafieuse russe à Karlovy Vary

23 mai, 2007 · Poster un commentaire 

Comment expliquer le silence des médias européens et des autorités bruxelloises sur la présence mafieuse russe dans la cité tchèque de Karlovy Vary  (ex Carlsbad) ? Située à proximité de la frontière allemande, cette ville d’eau qui dispose d’un parc hôtelier d’une quinzaine d’établissements serait selon des sources tchèques sous le contrôle de la mafia russe.

La municipalité comme la police locale subirait une très forte influence des intérêts mafieux russes placés à la fois dans des activités comme la prostitution (notamment enfantine) ou comme la gestion d’activités hôtelières. Membre de l’union européenne, la République tchèque n’a pour l’instant pas démontré sa volonté de contrôler cette présence criminelle qui sert de relais aux trafics mafieux russes vers l’Europe occidentale.

La Chine franchit une étape vers l’ultracapitalisme !

23 mai, 2007 · Poster un commentaire 

La République populaire de Chine est officiellement un régime communiste. Cette affirmation ne surprend personne, car ce statut est revendiqué par le régime de Pekin. Cependant depuis l’ère Deng Xiao Ping, le communisme à la chinoise, a proposé une vision très aménagée de l’économie marxiste. Dernier avatar du renouveau de l’économie marxiste made in China : le Hedge Fund.

Alors que les vieux pays capitalistes s’inquiètent de l’impact sur la stabilité du système financier mondial de ces fonds spéculatifs et agressifs, la Chine dont l’économie progressiste accumule des réserves de change fabuleuse (1200 milliards de $), a choisi de diversifier ses investissements, en achetant pour trois milliards de dollars de parts dans le fond Blackstone Group.

Il semble que la Chine ne soit plus satisfaite du rendement des bons du trésor américains, et qu’elle ait décidé d’appliquer un mode de gestion d’actif plus agressif. Moins connu que son concurrent Carlyle, le Blackstone Group est un groupe d’investissement au profil similaire, qui opère indifféremment les actions que dans l’immobilier, la dette ou les fonds spéculatifs. Cet investissement ne serait que le premier d’une série à venir.

L’agence chinoise qui a investi cette somme modeste à la vue des 200 milliards de dollars qu’elle gère, est dirigé par Lou Wei, un ancien vice-ministre chinois des finances, s’inspire de la Temasek, la holding d’état de Singapour. On peut aussi la comparer dans son statut cette fois au fond norvégien chargé de préparer l’ère de l’après pétrole. La comparaison s’arrête là, car ces institutions ont des pratiques d’investissement moins discutables que les Hedge Funds.

L’acte de naissance de cette agence qui n’a pas encore de nom, n’est en tout cas pas un acte manqué. La Chine, après s’être imposé comme un facteur de déstabilisation des marchés du travail et des matières premières, en scellant cette alliance « inattendue » avec les tenants du capitalisme boursier le plus dur, donne à son modèle d’économie marxiste une couleur étonnante. Il sera intéressant de mesurer l’impact des capitaux chinois sur le comportement de ces fonds spéculatifs. Notamment pour l’accès des entreprises au marché chinois, mais également l’impact purement politique de cette décision sur les membres du G8 qui, pour certains d’entre eux (Allemagne en tête) ont exprimé une volonté de contrôler plus étroitement l’action des Hedge Funds.

Stéphane Ledoux

L’école américaine de la prévention des risques au colloque HRO de Deauville

22 mai, 2007 · Poster un commentaire 

En avril 2006, la communauté des chercheurs et praticiens de la Haute Fiabilité Organisationnelle s’est réunie à Ontario, Californie, pour faire le point sur ses dernières avancées et découvertes. Un an après Katrina, et faisant suite à la création du Centre de Recherche sur les Risques Catastrophiques (CCRM) de Berkeley, l’objectif était de lancer une dynamique de réflexion et de coopération internationale.

Les partenariats qui s’étendent de San Francisco à Kyoto, en passant par la Normandie, sont l’amorce d’une telle dynamique. Le colloque HRO de Deauville, organisé par Philippe Baumard entre le 29 et 31 mai 2007,  s’inscrit dans cette démarche et se veut une rencontre transatlantique entre praticiens et chercheurs appartenant à tous les grands secteurs d’activité concernés par la question. Le colloque HRO de Deauville réunira plus de 80 experts, dirigeants, chercheurs internationaux dont une bonne partie viendra pour la première fois en France.
Exposé aux dérèglements climatiques (Europe 2003, Louisiane 2005), aux risques épidémiologiques (SARS, grippe aviaire) et aux menaces terroristes, de plus en plus étroitement interconnecté et confronté à une concentration urbaine sans précédent, notre monde fait face à des crises aux caractéristiques nouvelles. Du fait de leur très grande échelle, de leur vitesse de propagation et de leurs effets collatéraux imprévisibles, ces phénomènes prennent au dépourvu aussi bien les gouvernements, les entreprises privées que les experts de l’intervention d’urgence.

Depuis une vingtaine d’années, un groupe d’experts nous invite à renouveler notre approche du risque. Il suggère que la fiabilité de nos infrastructures et de nos industries sensibles ne peut être envisagée sous l’angle de la seule technique et qu’il nous faut transformer nos attitudes et nos comportements, nos modes d’organisation et d’intervention. Ce groupe est né à l’Université de Berkeley en 1985 autour du Professeur Karlene Roberts. Sa particularité : le goût du réel, l’épreuve des faits. Réunissant géographes, ingénieurs civils, analystes du droit public et environnemental, chercheurs en comportement organisationnel et humain, ses équipes ont séjourné, depuis plus de 20 ans, sur des porte-avions nucléaires et des plates-formes off-shore, ont participé à des opérations avec des gardes-côtes et sont intervenus en Louisiane au lendemain de Katrina… Pendant longtemps, collectif invisible, le « groupe High Reliability Organizations de Berkeley » est aujourd’hui réuni dans le Centre de Recherche sur les Risques Catastrophiques de Berkeley http://iber.berkeley.edu/ccrm/people.html. Ce centre accueille des chercheurs du monde entier et plusieurs chercheurs français y travaillent actuellement.
C’est à l’instigation du groupe de Berkeley, Karlene Roberts, Robert Bea, Ian Mitroff et du français Philippe Baumard, que l’Ecole de Management de Normandie accueille à Deauville la première conférence internationale en Europe sur la Haute Fiabilité Organisationnelle.

Le programme complet du colloque est disponible sur le site Internet : www.ms-risques.fr/hro/home.html

Les sapeurs pompiers sous influence américaine ?

14 mai, 2007 · Poster un commentaire 

Contrairement à la police et à la gendarmerie qui s’équipe auprès de PME françaises, les Sapeurs-Pompiers ont opté pour l’utilisation de rampes de couleur bleu américain (Bleu plus clair que le bleu normalisé en Europe - Bleu Cobalt) était plus efficace que le Bleu européen.

Ceci en dépit des éléments suivants :

  • Le bleu américain n’est pas réglementaire,

  • Aucune expérimentation sérieuse ne prouve une efficacité supérieure de cette couleur.

Pour conquérir ce marché, les industriels américains ont déployé un lobbying efficace. En effet suite à l’accident de Loriol (Drôme - Autoroute A7 ) un rapport a été réalisé sous le nom de Rapport Pourny qui préconise l’utilisation de rampes de couleur bleu américain comme type de signalisation. On constate également que de nombreux services départementaux, sans l’accord de la direction nationale de la sécurité civile, ont déjà adopté ce type de couleur.
Le bleu clair (ou Bleu US) est un produit standard pour ces sociétés américaines, Ils distribuent cette signalisation, sur leur marché national et dans bien d’autre pays dans le monde. Fournir pour la France ou pour d’autre pays européens une couleur bleue Cobalt, nécessite une production différente et des homologations supplémentaires. Il apparaît donc évident que s’ils arrivent à influencer les autorités françaises, et feront des économies importantes.
 
Extrait du rapport Pourny
« En attendant, la signalisation des véhicules actuels doit être par contre très sensiblement améliorée …, ainsi que par l’équipement progressif en gyrophare bleu clair. »
Disponible : http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/defense_et_securite_civiles/dossiers/securite-accidentologie/rapport-securite-sp/view

La réforme du renseignement français

10 mai, 2007 · Poster un commentaire 

Les syndicats de police ont remis aux autorités leur copie sur une éventuelle création de la Direction Générale de La Sécurité Intérieure (DGSI) qui est un des projets possibles du futur Président de la République. Au-delà du fait qu’ils aient pris cette initiative avant le résultat de l’élection présidentielle, il est à noter que dans leur organigramme prévisionnel de fusion de la DST et de la DCRG, figure un département de contre terrorisme extérieur.

Cette nouveauté si elle est confirmée dans les faits engendrera un esprit d’émulation avec d’autres entités.
Une autre attente sur laquelle la capacité de réforme de Nicolas Sarkozy sera évaluée porte sur la naissance d’un  Conseil National de Sécurité et des moyens qui seront mis à son service. Que deviendra le SGDN dans une telle configuration et est-ce que ce Conseil aura une dimension plus opérationnelle que les anciens conseils de Défense ?