Focus de knowckers.org

30 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Le « black hydrogen »

Pendant presque un siècle le pétrole a été la source d’énergie primaire dominante. Le pétrole était bon marché et disponible, il est facile à transporter, simple à utiliser et possède une densité énergétique inégalée. Toutes ces qualités en ont fait la source d’énergie du XXemesiècle et le cœur de l’économe du carbone. Trouver une alternative efficace sera difficile.

L’économie de l’hydrogène serait une alternative à l’économie du carbone, elle reçoit d’importants soutiens, notamment de la part de gouvernements. Mais ne perdons pas de vue que l’hydrogène n’est pas une source d’énergie primaire car il n’est pas disponible sous forme de dihydrogène, mais simplement un vecteur énergétique.
L’équation énergie hydrogène : égal zéro émission et énergie propre, n’est valable que localement.  L’hydrogène produit à partir d’autres énergies primaires, à des coûts plus ou moins intéressants. Les émissions sont déplacées du lieu d’utilisation vers le lieu de production. Plus intéressant lorsque l’on compare les différentes méthodes de production industrielles du dihydrogène, dans une perspective économique. Les méthodes sont de deux types celles qui utilisent de l’électricité pour décomposer l’eau, l’électrolyse, et les méthodes utilisant le reformage de carbone les plus souvent du gaz naturel ou du charbon, le vaporeformage. Actuellement 95 % de l’hydrogène produit dans le monde l’est par reformage, tout simplement parce que cette technique est de quatre à vingt fois moins chère que les méthodes électrolytiques. Si cette tendance se confirme, cette « nouvelle économie » de l’hydrogène se révélera n’être qu’une sous-division de l’économie du carbone qu’elle devait remplacer. 
La plupart des grands programmes d’investissement sont orientés vers le reformage, les plus emblématiques le International Partnership for the Hydrogen Economy (IPHE), lancé fin 2003 par l’administration Bush ou encore le Futuregen par  le department of energy (DOE) de cette même administration. Ils sont représentatifs de cette tendance à se concentrer sur l’absence de rejets en fin de cycle et à détourner l’attention sur la production massive de dioxyde de carbone en début de cycle. Certains spécialistes ont inventé le terme « black hydrogen » pour décrire cette filière. Elle bénéficie des mêmes relais d’influence et de financement que « clean coal » : l’industrie du charbon, le DOE , et les industriels impliqués dans la construction des unités de reformage. La nouvelle équation devient « black hydrogen » = « clean coal » = maximum d’émission cachée.
Remplacer le pétrole et les autres énergies fossiles sera une tache difficile, peut même le challenge de ce début de XXIeme siècle, et l’on est en droit d’attendre mieux de la part des industriels  qu’un relooking d’une énergie du XIX eme siècle. 

Stéphane Ledoux

La réorganisation des services de renseignements face aux défis des nouvelles menaces

26 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Compte rendu sur la conférence

Le séminaire recherche de l’Ecole de guerre économique, organisé le jeudi 12 avril en partenariat avec l’Association nationale des Jeunes Auditeurs de l’IHEDN, a donné lieu à un échange d’idées entre deux experts du monde du renseignement américain et français.

Le séminaire a débuté par une intervention très didactique de Charles Cogan sur la problématique posée la mise en œuvre de l’action clandestine par les autorités américaines après les évènements du 11 septembre. Charles Cogan qui officie aujourd’hui à la John F. Kennedy School of Government, est l’un des historiens les plus reconnus du monde du renseignement américain de par sa longue expérience passée au sein de la Central Intelligence Agency. Il a mis l’accent dans son intervention sur la répartition des missions de « covert action » entre la CIA et le Pentagone. Les évènements du 11 septembre et le déclenchement de la guerre contre le terrorisme ont modifié la répartition des tâches dans ce domaine très spécifique de l’appareil d’Etat. Avant le 11 septembre, la CIA avait un monopole de fait de la mise en œuvre des actions clandestines. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le Pentagone a créé depuis plusieurs années ses propres unités d’action clandestine qui agissent à l’étranger sur différents théâtres d’opération. Contrairement à la CIA qui opère sous le contrôle des commissions parlementaires, le Pentagone a plus de liberté de manœuvre. Charles Cogan a commenté cette contradiction qui est rarement évoqué de manière publique.

De son côté, Jean Pierre Pochon (actuel directeur de la stratégie et du développement de Sécurité Sans Frontières, filiale du groupe SOFEMA) a la particularité d’avoir exercé des responsabilités dans plusieurs services de renseignement (DCRG, DST, RGPP, DGSE). Son intervention a porté sur le savoir faire français dans traitement de la menace terroriste. Si Jean-Pierre Pochon a mis en valeur les qualités du système français en insistant sur la coordination entre l’action policière et l’action judiciaire, il est aussi revenu sur les distinctions qui existent entre le système américain, confronté à l’immensité du territoire des Etats-Unis et le système français qui a su s’adapter aux menaces après les vagues d’attentat terroriste des années 80 et 90 sur le territoire métropolitain. S’il faut retenir un message des deux intervenants, c’est que le débat reste ouvert sur l’évolution face aux adversaires des démocraties qui utilisent au maximum nos contradictions et qui cherchent à pratiquer la montée des enchères dans l’intimidation des opinions publiques par la terreur. Les services américains sont aujourd’hui chapeautés par un directeur du renseignement qui doit encore affirmer sa légitimité pour se faire obéir par l’ensemble des agences fédérales de sécurité et de renseignement. Il en existe plus d’une vingtaine aux Etats-Unis. De leur côté, les services français ont encore quelques difficultés à faire évoluer leur culture interne afin d’optimiser leurs moyens plus réduits pour contrer les actes hostiles. Prenons le cas de la direction des Renseignements Généraux de la Préfecture de police. La mutation vers un  renseignement d’ordre public n’a pas été simple. La concentration des efforts sur la note de synthèse remise chaque jour au Préfet de police constitue la colonne vertébrale du système inventé au début du XIXè par Fouché. Une grosse partie de l’énergie des personnels est polarisée par cette contrainte quotidienne qui laisse peu de temps disponible pour la création de bases de connaissance adaptée aux besoins du terrain ainsi qu’à l’initiation des personnels aux technologies de l’information. Il en est de même en matière de gestion des ressources humaines afin d’obtenir une rentabilité plus opérationnelle des effectifs sur la recherche de l’information.

Les contradictions du capitalisme français

24 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Suite à l’offre publique d’échange de Sacyr Vallehermoso sur Eiffage, le broker français Cheuvreux a suspendu le suivi du titre du groupe de BTP français. Cette attitude n’a rien de surprenant dans la mesure où la banque Calyon, dont dépend le broker Cheuvreux (http://www.cheuvreux.com/), agit en tant que banque conseil auprès de l’espagnol Sacyr.

Rappelons que le groupe  Sacyr Vallehermoso est actionnaire principal d’Eiffage avec 33,2 % du capital et a déposé, jeudi 19 avril, auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) une offre publique d’échange d’actions (OPE) sur Eiffage. Or, l’année dernière, Mr René Carron, patron de Crédit Agricole, dont la banque Calyon est la filiale; déclarait à propos du patriotisme économique : « Faisons-le davantage et parlons-en un peu moins ». Question : quelle est la position de M. Carron sur l’avenir du BTP en tant que secteur industriel de taille critique dans l’économie française et comme question subsidiaire : existe-t-il une stratégie européenne franco-espagnole dans ce domaine, qui légitime l’action du Crédit Agricole sur ce sujet ?

Focus de Knowckers.org

23 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Voulons-nous d’une économie de l’hydrogène ?

Un des défis les plus pressants que va devoir relever l’humanité, est l’établissement d’un ou plusieurs modèles énergétiques viables et durables pour assurer son futur. Le modèle actuel basé sur l’exploitation du carbone fossile (gaz, pétrole, charbon) comme source énergie primaire n’est plus viable à terme pour deux raisons principales : l’épuisement des ressources et les conséquences de l’émission des gaz à effet de serre.

Pour se substituer à cette économie du carbone, une alternative bénéficie d’un soutien très important : il s’agit de l’économie de l’hydrogène, parmi ses partisans elle compte même le Président des Etats-Unis qui n’est pourtant pas un écologiste convaincu. Qu’est ce qui rend l’utilisation de l’hydrogène si séduisante pour que des leaders d’opinion tel que Jeremy Rifkins y voit le futur de l’humanité ?

En faite c’est très simple, lorsque vous brûlez de l’hydrogène, vous obtenez de l’énergie et le seul rejet est de l’eau. Le concept est tellement séduisant qu’il est à l’origine de la légende du moteur à eau, née dans les années 70, seulement l’eau n’est pas le carburant mais le rejet. Ainsi un véhicule qui fonctionnerait à l’hydrogène, à combustion interne ou avec une pile à combustible, serait non polluant, puisqu’il n’émettrait que de l’eau. Il y a juste un petit piège : l’hydrogène n’est pas une source d’énergie, il s’agit d’un vecteur énergétique.

L’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’univers, 90 % des atomes de l’univers sont des atomes d’hydrogène, de plus il est léger et non toxique et recel un potentiel énergétique énorme. Malheureusement, il n’est pas disponible sous forme libre sur notre planète. Son fabuleux potentiel énergétique fait qu’il est lié à d’autres atomes notamment l’oxygène pour formé de l’eau. Donc si l’on veut utiliser de l’hydrogène, il va falloir consommer de l’énergie pour le produire, le problème n’est pas résolu, il est déplacé.

Pour produire de l’hydrogène, il existe deux méthodes principales : 
- Le reformage de carbone fossile 
- L’hydrolyse de l’eau.

La première voie consiste à faire réagir à très haute température des hydrocarbures (pétrole, charbon, gaz …) et de l’eau pour obtenir de l’hydrogène et du dioxyde de carbone. Cette voie est donc une simple dérivation de l’économie du carbone avec les limitations et les problèmes évoqués dans l’introduction : épuisement des ressources et gaz à effet de serre, avec en plus une pénalité en termes d’efficacité les opérations supplémentaires ont un coût énergétique et financier.

La seconde consiste produire de l’hydrogène et de l’oxygène par électrolyse de l’eau, par l’action d’un courant électrique. Cette approche nécessite donc une source d’énergie primaire pour produire l’électricité. Si l’on exclut les hydrocarbures pour éviter de retrouver les problèmes précédents, les sources d’énergies primaires possibles sont le nucléaire et les énergies renouvelables (hydroélectrique, solaire, vent…), le rendement de l’opération étant d’environ 50 %, il reste à s’interroger sur la pertinence de l’opération.

Le département américain de l’énergie, a publié une étude sur les coûts de production de l’hydrogène,  (référence 1), où il conclut que la méthode la plus rentable est à base de charbon,  deux fois plus rentable que le nucléaire ou le gaz et dix fois plus rentable que le solaire.

On peut bien sûr imaginer un futur ou les sources d’énergies renouvelables auront progressé au point de compenser ce handicap, alors il conviendra de se demander si l’hydrogène est le meilleur vecteur énergétique possible. En effet puisqu’il est produit à partir d’électricité pourquoi ne pas se concentrer sur des modes de stockages de l’énergie, plutôt que sur un vecteur qui nécessite une infrastructure lourde complexe et potentiellement dangereuse.

L’hydrogène est un gaz très léger et très fluide, ainsi pour être stocké, il doit être comprimé à très haute pression (jusqu’à 700 bars) et cela nécessite des réservoirs très résistants donc très lourds. BMW a présenté une nouvelle version de sa série 7 à hydrogène (moteur de 6l et 260 CV) baptisée Hydrogen 7 : elle embarque 8 kg d’hydrogène liquide dans un réservoir en inox pesant 129 kg, soit un rendement massique de 6,2%. BMW espère doubler cette valeur grâce aux développements d’un réservoir en aluminium. Les performances du réservoir actuel permettent d’atteindre une durée de stockage de 17 heures avant que la soupape de surpression s’ouvre pour une pression interne de 5,1 bars. Devant de tels paramètres, il est difficile d’imaginer à quoi ressembleront les camions-citernes du futur. La très grande fluidité de l’hydrogène rendra nécessaire l’établissement de nouveaux standards d’étanchéité pour les gazoducs. En réalité si l’on passe réellement à une économie de l’hydrogène ce n’est pas uniquement le système de production qu’il faudra repenser mais également le mode de distribution.

En conclusion, si l’hydrogène peut être un vecteur énergétique utile dans certaines applications de niche ou pour le stockage de l’électricité dans des conditions très particulières. Il ne pourra pas s’imposer comme vecteur dominant car il est complexe d’utilisation et ne pourra être compétitif par rapport aux sources d’énergies qui sont nécessaires à sa production. Le « mix » énergétique du futur sera complexe et l’hydrogène aura son rôle, mais il est aberrant de le voir représenté par certains lobbies industriel et écologique comme l’unique solution pour le futur. A titre d’anecdote l’hydrogène a déjà été utilisé dans les années trente dans le domaine des transports, à l’intérieur des dirigeables, la fin est connue, elle a même été filmée : http://www.youtube.com/watch?v=8V5KXgFLia4

Stéphane Ledoux

Référence 1 : http://www1.eere.energy.gov/hydrogenandfuelcells/news_cost_goal.html

Des relations dangereuses dans l’Investissement Responsable ?

13 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Le cabinet Grant Thornton est impliqué dans le scandale Parmalat (groupe agro-alimentaire italien) qui est le ERON européen. Il tient dans cette affaire le rôle qui a coûté sa réputation à Arthur Andersen. Ce détail n’est pas inintéressant pour le volet gouvernance qui concerne l’Investissement Responsable.

Notons au passage que ce cabinet d’audit est très actif sur l’Investissement Responsable, notamment au travers de sa filiale IR Ecodurable. M. Grant Thornton a sponsorisé le colloque du 4 avril 2007, qui était organisé par le MEDEF. Précisons au passage que le patron d’Ecodurable, Robin Edme, est aussi le président de Frenchsif (Forum sur l’Investissement Responsable). Les dirigeants des deux structures, D. Kukdjian pour Grant Thornton et R. Edme pour Ecodurable, participaient à ce colloque. Le forum se réunit la plupart du temps dans les locaux de la CFDT ou ceux d’Ecodurable.

http://www.frenchsif.org/fr/frenchsif/qui/instances.htm

L’innovation américaine dans le transport en commun

13 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Le premier bus fonctionnant avec une pile à combustible (hydrogène, donc 0 émission de CO2 et 0 émission toxique) vient d’être inauguré dans le Connecticut. Il est prévu d’installer de tels systèmes en Europe dans les pays suivants : Espagne, Belgique et Italie. On attend toujours des démarches similaires en France. Espérons que Total, Renault et PSA mènent une veille active dans ce domaine.


First fuel cell hybrid bus hits the road in Connecticut

The first fuel cell hybrid bus in New England has entered service in Hartford, Connecticut with CTTRANSIT, the state-owned regional bus service. United Technologies division UTC Power is providing the bus and the first two years of service for the bus that is running on a downtown Hartford route. The hydrogen refueling station is located at the UTC Power headquarters in South Windsor. The Federal Transit Authority has given the Greater Hartford Transit District a $2.9 million grant to get the program running and build the necessary infrastructure.

L’innovation chinoise dans l’automobile

11 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Les Chinois vont-ils réussir à fabriquer le modèle de vehicule du futur en reduisant drastiquement sa consommation en proposant un véhicule alimenté par une pile à combustible, un dispositif qui permet de maintenir la puissance et de réduire la consommation par un facteur trois, pendant que les groupes automobiles européens comme Renault préfèrent concentrer leurs actions sur la fabrication de véhicules pas chers , en utilisant des technologies anciennes .

Les chinois, cible commerciale de ces véhicules bon marché, investissent dans la haute technologie pour produire le véhicule de demain. Il y a quelque chose de perturbant à voir des industrielle européens ce focalisé sur des produits bas gammes et des industriels de pays émergents se concentrer sur la haute technologie . La recherche des économies d’énergie est un enjeu qui n’est pas encore compris par tout le monde.

Un fabricant français qui a inventé un système de compression par air pour limiter la consommation d’essence sur certains systèmes a dû  délocaliser son entreprise au Luxembourg parce qu’il s’est heurté au lobbying des défenseurs de l’énergie pétrole. La sensibilisation des députés et le soutien de certaines autorités administratives ne lui ont été hélas d’aucun secours. Un groupe indien lui a accordé ces derniers mois un crédit de 10 millions d’euros pour développer sa technologie. Pendant ce temps, les Etats-Unis font la une des blogs écolos ou des passionnés de voiture. Tesla Motors, une start up financée par des grands noms de l’industrie Hi-Tech, va sortir en 2008 une voiture de sport entièrement électrique.

La société chinoise citée dans l’article ci-dessous (SAIC) a déjà fait parler d’elle puisque qu’elle a récemment racheté Rover à BMW…

La news sur les chinois :
http://www.autobloggreen.com/2007/04/10/chinas-biggest-car-manufacturer-to-debut-fuel-cell-vehicle-at-s/

The 2007 Shanghai Auto Show is set to get underway on the 20th of April and China’s largest auto manufacturer, Shanghai Automotive Industry Corp (SAIC), will be on hand to debut a new fuel-cell vehicle. SAIC, which recently made headlines when it bought the Rover brand off BMW, said that the Shanghai-branded fuel-cell prototype will utilise fourth generation fuel-cell technology developed in-house to produce a peak power output of 60 kW / 80.5 hp that should propel the vehicle to a top speed of 150 km/h / 93 mph.

SAIC is investing one billion yuan (US$129 million) in developing cleaner, more energy efficient vehicle technologies. The company plans to produce 50,000 electric vehicles of various types by 2010, some 95 percent of which will be hybrids. Via a joint venture with Volkswagen, SAIC is aiming to produce 500 Touran hybrids before the 2008 Beijing Olympics.

Analysis: SAIC have also partnered with GM to develop hybrid vehicles of the booming Chinese market. Clearly they’re planning to roll out the latest tech to the Chinese market as it comes online in Western nations as well. I think Shanghai is going to be an interesting show this year.

Manoeuvre d’encerclement anglo-saxonne sur le développement durable

5 avril, 2007 · Poster un commentaire 

Les brokers anglo-saxons se montrent de plus en plus actifs pour imposer aux pays européens leur vision sur l’investissement socialement responsable. Leur objectif est de faire bannir toute référence au social et à la solidarité. Ils ont déjà marqué un point à l’ONU en faisant passer la notion d’investissement responsable (l’adverbe socialement passant à la trappe).

Le 27 avril 2006 à New York, Kofi Annan avait lancé les Principes pour l’Investissement Responsable (PRI – Principles for Responsible Investment). Si les paroles de Kofi Annan rappelaient que "Cette initiative est née du constat de plus en plus patent que, si la finance sert de moteur à l’économie mondiale, les décisions d’investissement et les pratiques d’actionnaires ne reflètent pas suffisamment les considérations d’ordre social et environnemental.", il n’en demeure pas moins vrai que les Américains avaient atteint le objectif en faisant passer cet intitulé. Ils poursuivent désormais leur offensive en Europe en cherchant à imposer ce label afin de ne pas tomber sous le coup de la responsabilité fiduciaire (personne physique à laquelle est temporairement transférée la propriété de biens ou droits, qui constituent une masse séparée dans son patrimoine, à charge pour elle d’agir dans l’intérêt du constituant ou d’autres bénéficiaires ou dans un but déterminé). La norme ISO 26000 qui est relative à la responsabilité sociétale, est visée par cette manœuvre d’influence sournoise qui vise à contrer les Européens qui cherchent à associer le développement à une dimension normative sociétale en responsabilisant justement les acteurs économiques.
A l’heure actuelle, aucune stratégie de contre influence sérieuse n’a vu le jour en France alors que ce sujet est capital.