Les politiques de R&D en Asie menacent la compétitivité occidentale

29 mars, 2007 · Poster un commentaire 

Le think tank britannique Demos vient de publier une série de rapports qui visent à tirer les enseignements pour l’Europe des modèles asiatiques d’innovation. Cet Atlas des idées est divisé en plusieurs parties, notamment sur la Chine, la Corée et l’Inde, et fait le point sur la structure de l’innovation et de la R&D dans ces pays.

Le rapport explore les manières dont la mondialisation redéfinit l’innovation : “La montée de la Chine et de l’Inde va reconfigurer le paysage de l’innovation. La prééminence européenne et américaine dans l’innovation scientifique ne peut plus être considérée comme garantie. Pas plus que les métiers de la connaissance qui en dépendent. Les chaînes d’approvisionnement mondiales ont déjà transformé la façon dont on fabrique des produits. La connexion aux marchés financiers est devenue primordiale. Quelque chose de semblable est en train d’arriver dans la façon dont on développe et applique les idées.”

http://www.demos.co.uk/projects/atlasofideas/overview

 

Les Fournisseurs d’Accès Internet en accusation à la télévision

29 mars, 2007 · Poster un commentaire 

La prochaine émission Pièces à conviction de France 3, programmée le lundi 2 avril, va s’en prendre aux arnaqueurs en tout genre. Dans la ligne de mire des auteurs de l’émission, les fournisseurs d’accès Internet qui ont parfois des pratiques proches du gangstérisme. Depuis plusieurs mois, des commerciaux de Free ou 9 Télécom ont des agissements qui dépassent l’entendement.

Des abonnés de France Télécom ont leur ligne coupée sans qu’ils en aient fait la demande et se voient imposer un abonnement téléphonique chez un nouvel opérateur.
Les cibles privilégiées de ces commerciaux véreux sont surtout des personnes âgées. Les listings ciblés qui permettent d’identifier leur adresse avec précision devraient attirer l’attention de la CNIL qui est pour l’instant étrangement muette, voire totalement incompétente pour faire respecter les droits élémentaires des citoyens dans ce domaine d’application des technologies de l’information. En dehors du fait que France Télécom soit d’une passivité incompréhensible devant de telles pratiques anticoncurrentielles qui relèvent du racket (dégroupage des lignes sans demander l’autorisation de l’usager), on peut se demander qui est à l’origine de cette politique commerciale illégale. Combien de temps, les directions de Free ou de 9 Télécom vont-elles couvrir de tels agissements ? Ces nouveaux entrants sur le marché des télécoms  mesurent-ils bien l’amplitude du risque informationnel qu’ils encourent  si ils persistent dans un tel mépris de la liberté de consommer ? Un des reportages les plus éloquents de l’émission concerne la société Noos à cause des mécontentements multiples exprimés par une partie de sa clientèle à la suite de nombreux incidents techniques ou d’un démarchage commercial omettant de spécifier les changements de tarifs liés à certaines offres comme l’accès au téléphone par le biais d’Internet.

Sanofi est de nouveau attaqué sur son médicament Ambien aux Etats-Unis

20 mars, 2007 · Poster un commentaire 

La journaliste Stéphanie Paul relance la polémique sur  le somnifère Ambien fabriqué par le groupe pharmaceutique français Sanofi, dans un article du New York Times daté du 15 mars Le prétexte de cette relance de l’attaque informationnelle conte l’Ambien est une directive de l’agence fédérale Food and Drug Administration sur le marquage des flacons afin de mettre en garde les utilisateurs contre les risques potentiels encourus.

Voici un extrait de ces propos : 
The F.D.A. ordered the makers of Ambien, Lunesta and 11 other commonly used sleep medications to issue strong new label warnings about those risks, and to produce brochures about safe use of the drugs. Pharmacies would give the brochures to patients when prescriptions are dispensed. The agency will also require label warnings to note the possibility of severe allergic reactions and facial swelling associated with the use of such sleep medications.”

Les deux articles publiés par Stéphanie Paul renvoient à la première affaire qui avait fait la une des grands networks américains (CNN et Fox news) l’année dernière. Ils mettent en scène les mêmes acteurs (la femme chercheuse du Wisconsin, l’avocat d’Atlanta et le médecin du Minnesota) que l’an dernier. Nous avons déjà rendu compte de cette affaire dans un article de knowckers du 15 mars 2006 paru sous le titre « Attaque informationnelle de grande ampleur contre Sanofi aux Etats-Unis ».

Stéphane Ledoux

Références des deux articles :
http://www.nytimes.com/2007/03/15/business/14sleep.web.html?em&ex=1174104000&en=3822393dd9c16202&ei=5087%0A http://www.nytimes.com/2007/03/15/business/15drug.ready.html?em&ex=1174104000&en=ab13b63e52465b97&ei=5087%0A

Les carences dangereuses de Wikipedia

14 mars, 2007 · Poster un commentaire 

Le projet Wikipedia se présente comme une encyclopédie libre, universelle et multilingue écrite de façon collaborative sur Internet avec la technologie wiki. Le respect de la « neutralité de point de vue » fait partie des principes fondateurs de Wikipédia. Sur la page d’accueil de son site web, on peut trouver les principes fondateurs et les règles régissant cette très ambitieuse entreprise dont l’objectif peut se résumer à la mise à disposition d’un savoir encyclopédique, libre, gratuit, universel et multilingue.

L’ensemble est basé sur une plate-forme wiki, une alternative simplifiée au code HTML qui favorise le travail collaboratif. Collaboratif est le mot-clef du concept Wikipedia, les articles sont rédigés à l’initiative des internautes, le plus souvent collectivement. Parce que le projet ne veut pas sombrer dans l’anarchie, il existe des utilisateurs disposant de droits supplémentaires : les administrateurs, les stewards, les bureaucrates et les développeurs. Ils s’assurent que les articles sont bien conformes à la charte Wikipedia et arbitrent les conflits entre éditeurs.

Sur ces bases Wikipedia est devenue un succès, elle est par exemple régulièrement classé parmi les dix sites web les plus consultés. Il est plaisant d’observer qu’à l’ère du web 2.0 et d’une marchandisation croissante de l’internet et de la connaissance un projet libre et gratuit ait connu une telle réussite.  Autre motif de fierté pour Wikipedia l’étude publié le 15 décembre 2005 par Nature qui compare 50 articles scientifiques issus de l’Encyclopedia Brittanica et leurs équivalents sur Wikipedia (en anglais) concluant que si les deux séries d’articles contiennent des erreurs, leurs qualités sont comparables. Cette étude est évidemment contestée par l’institution britannique et abondamment citée par Wikipedia.

Seulement une telle réussite n’est pas sans conséquences, en effet la réputation croissante et les particularités du mode d’édition de Wikipedia, l’exposent à toutes les dérives de la guerre par l’information. Nous ne parlons pas ici seulement du vandalisme qui consiste à insérer des informations fausses, calomnieuses ou élogieuses dans un article. Ces pratiques qui ont été une des principales maladies de jeunesse de la plateforme, existent encore mais sont plus ou moins contrôlé par les éditeurs, vous n’avez qu’à espérer être chanceux. Mais un problème plus profond, car il implique une caractéristique fondamentale de wikipedia : l’anonymat des auteurs.

Les contributeurs sont anonymes, il est donc impossible d’évaluer leurs compétences, l’affaire récente d’un éditeur américain (Le Monde 09/03/07) se présentant comme un docteur en théologie qui s’est révélé être un étudiant de 24 ans plagiant notamment « le catholicisme pour les nuls ». À cette critique, on peut résumer la réponse de wikipedia par : Ne critiquez pas, corrigez. Cette solution permet de réfuter toutes les critiques et de tolérer toutes les dérives. Ainsi si vous tapez Taiwan, vous tombez sur une fiche qui semble avoir été rédigée par le Bureau politique du parti communiste chinois. Taiwan n’existe pas en tant que pays….Cette manière de traiter un sujet est pour le moins inquiétante. Les modérateurs de Wikipédia ont-ils pour principal souci de ne pas déplaire à la Chine communiste.

Mais un autre manquement grave existe dans Wikipedia, c’est l’absence de réflexion sur la nature des connaissances diffusées. Un exemple parmi d’autres est celui du TATP. Il s’agit d’un explosif utilisé par les groupes terroristes, notamment pendant les attentats de Londres en juillet 2005. Le TATP a deux particularités, il est très instable et peut être fabriqué à partir de produits relativement banaux et facilement disponibles, ces informations sont d’ailleurs contenues dans l’article. Mais l’absence de responsabilité et de réflexion sur la nature de la connaissance a conduit les éditeurs à aller plus loin, ils fournissent le mode opératoire qui permet de préparer cette substance. La page contient toutes les mises en gardes sur les dangers de l’expérience, mais fournit néanmoins une procédure complète et détaillée issue de la littérature scientifique. Cette littérature qui est accessoirement protégée par le copyright, est destinée à des spécialistes ayant acquis l’expérience et la maîtrise de ce type de substances. Il demeure que la mise à disposition de la procédure exacte de préparation d’une substance surnommée « mother’s of satan » à cause du danger direct et immédiat qu’elle représente relève de l’irresponsabilité la plus navrante.

Le TATP n’est pas un cas isolé, d’autres substances dangereuses (explosifs, stupéfiants…) sont abondamment documentées chez Wikipedia, et les modes de préparation documentés en interne ou en externe. Wikipedia aime se comparer à l’encyclopédie Brittanica, mais l’équipe qui anime cette démarche est encore très loin du but et risque même d’être dénoncée dans les années à venir comme un projet irresponsable.

Profiter de l’arrivée de Windows Vista pour choisir une autre voie

13 mars, 2007 · Poster un commentaire 

Microsoft a récemment sorti son nouveau vaisseau amiral à savoir Windows Vista accompagné de sa suite bureautique Microsoft Office. Certaines entreprises ont choisi de migrer vers ce nouvel OS (Operating System) et/ou cette nouvelle suite bureautique. C’est cette dernière qui nous intéresse plus particulièrement et les entreprises de façon plus générale.

Lors de la migration au sein des entreprises pour les applications dites majeures plus que d’autres, des périodes de tests, validations… d’applications sont nécessaire en termes d’intégrations, de sécurité etc. De plus, lors de ces migrations, le personnel doit être accompagné dans ces changements. Si l’on revient sur la suite bureautique Microsoft Office, lorsque Microsoft vend une solution, il n’est pas rare que le contrat soit assorti de formations pour le personnel. Ces formations peuvent être assurées par des entreprises externes. Ceci est inhérent à chaque nouvelle version d’outil déployé. En outre, Microsoft met en avant la « rupture » technologique, esthétique… induite par sa nouvelle suite bureautique. Or on constate que les DSI (Direction des Systèmes d’Information) ont tendance à choisir les solutions qui paraissent les plus simples en terme de migration, d’utilisation… et qui vont, à priori, dans la continuité logique de l’évolution de leur SI (Système d’Information). Mais qui ne vont pas sans induire certaines contraintes et changements, vis à vis du SI, si l’on porte l’analyse plus en profondeur.
On peut dès lors s’interroger sur le fait que les DSI ne mettent pas à profit cette rupture annoncée et vendue par Microsoft pour se tourner vers des solutions, en terme de suite bureautique, moins coûteuses et plus sécurisées à l’instar de OpenOffice ou Star Office. Et ainsi faire de la rupture du géant de Redmond une contre rupture économique et technologique. En effet, les phases de tests d’une nouvelle suite bureautique peuvent-elles engendrer un benchmark en interne entre suites bureautiques ? Quoiqu’il advienne, les employés d’une entreprise seront formés à l’utilisation de ce « nouvel » outil.
Pourquoi alors, ne pas profiter de cette opportunité pour réduire certains coûts et saisir cette occasion pour amorcer une réelle rupture si elle s’avère viable ?
Les intérêts sont donc convergents et étroitement liés. D’une part, profiter d’une rupture annoncée pour en tirer profit à des fins économiques et d’indépendance technologique. Et d’autre part, tirer profit de cette rupture et de cette occasion de former les employés à un nouvel outil.
L’interopérabilité croissante entre format de fichiers textes, tableurs… favorise cette réflexion. La vague de migration vers le logiciel libre, notamment l’Assemblée Nationale Française, ne doit-elle pas mettre en alerte les entreprises ?
Le logiciel libre et les suites bureautiques nous ont servi de prétexte pour illustrer qu’une rupture « imposée » peut devenir une rupture de choix et d’indépendance technologique pour des entreprises, des Etats, des Institutions… qui savent faire de chaque occasion une opportunité.

Vincent Munier

La Chine inquiète

9 mars, 2007 · Poster un commentaire 

Plusieurs grandes entreprises occidentales donc certaines françaises comme l’entreprise SAUR commencent à se désengager du marché chinois en vendant leurs usines à des entités chinoises. Le manque de rentabilité réelle des projets industriels développés par les occidentaux ainsi que les contraintes en termes de transferts de technologies induisent l’hypothèse d’un marché de dupes. 

La bulle financière et la bulle immobilière sont deux menaces qui s’ajoutent aux menaces récurrentes qui affectent l’empire du Milieu comme les disparités sociales, la pollution, la mauvaise qualité de l’eau et de la nourriture dans une partie des villes chinoises. La surchauffe actuelle du modèle de croissance commence à inquiéter les milieux boursiers occidentaux.. L’agitation du début de semaine n’est qu’un premier signal d’alerte. Il est rare qu’un gouvernement souhaite freiner la croissance de son pays en voulant passer le taux annuel de 8 à 6%.

Les menaces induites par la Chine ne sont pas uniquemement de nature économiques. Un ouvrage de Jean-François Susbielle, intitulé Chine-Etats-Unis, la guerre programmée édité par First en 2006, est passé un peu trop inaperçu. Cet ouvrage développe une analyse particulièrement bien construite sur les relations difficiles qui risquent de se développer entre la Chine et les Etats-Unis. Si l’hypothèse développée s’avérait juste (l’augmentation annoncée du budget de la défense chinoise y est notamment pronostiquée), nous pourrions être rapidement confrontés à une tension géopolitique très grave entre ces pays.

Le « dévissage » de l’information sur France Inter

1 mars, 2007 · Poster un commentaire 

Les journalistes de France Inter ont-ils perdu la tête ? La radio de service public a pris depuis quelques semaines une orientation politique clairement affirmée contre les candidats de droite. La cible première semble être Nicolas Sarkozy. En témoigne la manière particulièrement scandaleuse dont Serge Martin, le présentateur du journal de 8 heures a rendu compte le jeudi 1er mars de la prise de position de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère.

Alors que les journalistes de cette chaîne de radio font mine de s’étonner que les candidats à l’élection présidentielle ne parlent quasiment pas dans leurs meetings de la politique étrangère de la France, le jour où un candidat présente les grandes lignes de son action dans ce domaine, le journaliste de France Inter Serge Martin a commis cet exploit en résumant les propositions à cette phrase « Nicolas Sarkozy a proposé des changements tout en s’inscrivant dans la continuité de Jacques Chirac ». Quels changements ? Quelle continuité ? Pas un mot de plus. Ce type de traitement de l’information est particulièrement grave. En revanche, le dossier sur l’appartement de Sarkozy a été relaté avec beaucoup plus de détails. La veille, le candidat dissident de l’UMP, Nicolas Dupont-Aignan n’avait guère été mieux traité par l’animateur de la tranche du 7/9, Nicolas Demorand sur la question de la puissance de la France et des réponses à apporter à cette problématique.

L’auditeur de France Inter est-il limité à un exposé choisi des faits divers tandis que le lecteur du  journal le Parisien (quotidien des faits divers) a quand même accès le même jour à un minimum d’informations écrites pour découvrir que Nicolas Sarkozy a rectifié sa ligne de conduite vis-à-vis des Etats-Unis en critiquant leur intervention en Irak et annonce une réduction de la présence militaire française en Afrique si il est élu. Ces deux informations ne sont pas anodines et auraient mérité un commentaire sur le pourquoi du changement de position de Nicolas Sarkozy sur la question depuis son voyage aux Etats-Unis et sur la manière dont il entend préserver les intérêts français en Afrique de l’Ouest, notamment par rapport au forcing chinois dans la zone et à la pression américaine qui s’est accentuée depuis plusieurs années.

Question : le CSA écoute-t-il France Inter ?

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