Environnement et délocalisation

22 novembre, 2006

L’évolution de l’environnement en Chine et les conséquences écologique de son mode de développement économique et industriel deviennent un sujet de préoccupation mondiale. Les méthodes et des objectifs de croissances chinois font craindre une aggravation dramatique d’une situation déjà préoccupante.

Devant les réactions de plus inquiètes des autres nations, le
gouvernement de Pekin semble du moins en apparence s’être décidé
traiter cette question. Les menaces, même diffuses de rétorsions
commerciales, ne sont sans doute pas étrangères à ce regain d’intérêt
pour la nature. Le parti communiste chinois a donc inclus dans son plan
quinquennal les concepts d’écologie et de développement durable, ce qui
est très louable. Pékin a également créé des instances de contrôle et
d’orientation pour appliquer ce virage stratégique. Parmi ces instances
on notera le Conseil chinois pour la coopération internationale sur
l’environnement et le développement (CCICED) : Composé de hauts
fonctionnaires chinois et d’experts étrangers
, ayant pour but de
conseiller la Chine sur la manière de concilier croissance et
environnement. Malheureusement cette prise de conscience semble avoir
des difficultés à se traduire dans les faits. La turbo croissance
chinoise ecrase tout sur son passage y compris la nature.  

Si l’on peut, peut être, comprendre les difficultés de l’administration
centrale à imposer des normes environnementales contraignantes aux
industries dans un environnement économique en croissance rapide, et
cela même si elle parvient tout de même très bien à contrôler les modes
de financement et la structures capitaux des projets industriels, ou
encore l’exercice des libertés individuelles des citoyens. Par contre
il difficile de comprendre les déclarations de Shen Guofang numéro un
du CCICED qui déclare dans le china daily : «  les médias occidentaux
ont tendance à mettre l’accent sur la grave situation environnementale
chez le géant asiatique, tout en oubliant la part de responsabilité des
pays occidentaux.
La situation de l’environnement, considérée comme « critique » par le
gouvernement chinois, se détériore avec la délocalisation d’Europe, des
Etats-Unis et du Japon vers la Chine d’industries hautement polluantes,
comme la sidérurgie, la fabrication de ciment et celle des matériaux de
construction ».   

Est-ce cela la seule explication retenue pour justifier la part
croissante de la chine dans la pollution mondiale. Il est évident que
le développement de la production est lié à une augmentation de la
pollution, et que la délocalisation d’activité entraîne mécaniquement
la délocalisation de certains inconvénients. Mais cela est loin d’être
suffisant pour expliquer la situation actuelle de la chine. La volonté
de compétitivité chinoise a poussé dans ces derniers retranchements le
productivisme, avec pour conséquence un mépris pour les conséquences
environnementales.

La stratégie de puissance industrielle de la Chine la conduite à
développer des capacités de productions dans des industries lourdes (
métallurgie, pétrochimie, chimie , fibres textiles etc…) qui sont a
l’origine de la majeure partie de la pollution qui la frappe. Il est
important de noter que dans de tels secteurs l’avantage lié à la
compétitivité de la main d’œuvre chinoise ne joue pas (cf. l’étude
publie sur le site infoguerre.com
). Il serait intéressant de
déterminer qui pilote de tels investissements, et si les fonds
proviennent vraiment des pays occidentaux. On pourrait légitimement
douter de leurs volontés à se créer des compétiteurs. De plus si le
critère de main d’œuvre n’est pas suffisant pour expliquer la
compétitivité des industries lourdes chinoises, la « souplesse » des
normes environnementales pourrait faire pencher la balance. L’exemple
même de la filière du charbon chinois en est la parfaite illustration.
Les accidents dans les mines chinoises sont tellement fréquents qu’ils
ne font plus l’actualité. La moitié des trains circulant en chinois
sont des trains miniers. Le charbon est la source d’énergie la plus
polluante, en termes d’émission de CO2, de soufre (qui provoque les
pluies acides) de mercure etc…et pourtant c’est la principale source
d’énergie de l’économie chinoise (plus de 60% de la consommation).
L’objectif de la chine est de dépassé les États-Unis, à l’horizon 2010,
elle les aura dépassé et sera devenue le plus gros pollueur de la
planète.  

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