Les Russes se positionnent dans la campagne présidentielle française

7 février, 2006 · Poster un commentaire 

Des financiers russes cherchent à verser de l’argent à des candidats de droite à la future élection présidentielle française. Cette générosité n’est pas fortuite. La Russie cherche à se créer des appuis en Europe occidentale. Les prises de position françaises sur l’Irak, les déclarations du Premier Ministre sur le patriotisme économique incitent les Russes à miser sur la droite.
Les financiers russes ne semblent pas miser sur la gauche sociale
démocrate dont ils craignent les gages donnés aux Etats-Unis en cas
d’alternance. Le problème de la gauche est qu’elle ne peut se
revendiquer de l’héritage gaulliste sur l’indépendance de la France et
de l’Europe à l’égard des superpuissances. Le PS de 1981 a dû rassurer
Washington sur les déclarations idéologiques du programme commun de la
gauche. Aujourd’hui, le rassemblement de la gauche plurielle avec le
PCF et les verts oblige la direction du PS à prendre un certain nombre
de précautions pour ne pas être diabolisé par  les autorités politiques
américaines en cas d’arrivée au pouvoir.

Les limites de l’enquête d’Edelman sur les ONG

7 février, 2006 · Poster un commentaire 

La lettre d’Influencia commente cette semaine les résultats du septième baromètre de confiance annuel réalisé par Edelman dans 11 pays. Trois points faibles ressortent de la manière dont Edelman a réalisé cette étude :

1) Edelman n’aborde pas le problème du targeting. Comment évaluer la
fiabilité des ONG qui fondent leur activité sur la traque systématique
des pratiques non éthiques des entreprises ? Qui note le sérieux des
ONG qui se sont investies dans cette activité et surtout qui contrôle
leur activité pour éviter qu’elles soient manipulées par des
concurrents déloyaux ? Un cas d’école a déjà mis en évidence cette
faille dans le fonctionnement des ONG. En 1995, Greenpeace avait lancé
une campagne de polémique très dure contre Shell pour
dénoncer les risques de coulage de la plate-forme pétrolière Brent
Spar. Greenpeace avait présenté des excuses publiques à Shell après le
résultat de l’enquête du bureau Véritas. Ce précédent mettait en
lumière les procédés des ONG qui accusent sans même aller demander
l’avis de l’entreprise visé. Cette pratique n’a pas disparu. Dans le
débat sur l’eau, l’ONG Public Citizen n’a pas la réputation d’aller
voir les entreprises qu’elles dénoncent pour comparer ses arguments
avec les témoignages qu’elle recueille sur le terrain.

2) On peut s’étonner de la valeur du jugement des sondés et
s’interroger sur leur capacité à maîtriser l’ensemble des données du
problème. Influencia précise qu’ils ont désigné Microsoft en numéro 1
mondial en termes de capital confiance. Comment définissent-ils le mot
confiance ? Est-ce la confiance des clients à l’égard des produits ou
est-ce la confiance globale que les citoyens attribuent à Microsoft par
rapport à son comportement sur le marché ? Les détracteurs de Microsoft
estiment que cette multinationale brouille les cartes dans les conflits
juridiques soit en négociant des versements d’argent aux entreprises
qui portent plainte contre elles, soit en provisionnant des sommes très
importantes pour mener des guerres d’usure dans les procédures
judiciaires et en ayant la capacité de payer des dizaines d’avocats
durant des périodes très longues. Selon ces détracteurs, cette course à
la procédure dans le domaine du droit commence à fausser les lois de la
concurrence. Ce type de problème ne semble pas être pris en compte par
les sondés de l’étude d’Edelman.

3) Que dire enfin des ONG qui passent des accords avec des
entreprises pour surveiller et donc se porter garante de leur moralité.
A partir du moment où une ONG reçoit de l’argent d’une entreprise dans
ce but précis, elle devient juge et parti. Autrement dit, sa fiabilité
peut être remise en cause à tout instant si l’ONG pour une raison ou
pour une autre tempère ses critiques. L’une des raisons pouvant être le
besoin d’argent pour financer son développement et le salaire de ses
permanents. La problématique financière dans l’essor des ONG n’est pas
un sujet anodin. Lorsque Médecins du Monde a débattu sur l’éventualité
de créer des ONG équivalentes dans des pays industrialisés, par exemple
aux Etats-Unis, certains ont émis des réserves sur l’évolution de la
politique suivie par MDM à travers le monde. Le versement de dons
pouvait être plus important aux Etats-Unis et à terme la filiale serait
en mesure d’avoir plus de moyens que la maison mère. A priori, cela ne
dérangeait personne à condition que la philosophie d’action de MDM/USA
ne diverge pas de celle de MDM/France sur des sujets sensibles de
société.

Les stratégies des pétroliers sont-elles compatibles avec l’intérêt de la France ?

1 février, 2006 · Poster un commentaire 

Plusieurs informations recoupées par différentes sources laissent penser que les groupes pétroliers développent un lobbying très actif pour freiner l’émergence de solutions simplifiées dans la commercialisation de moteurs automobiles à faible consommation d’énergie pétrole. Les groupes pétroliers soutiennent la solution du moteur à hydrogène dont la R/D est très coûteuse et particulièrement longue à développer.
Une PME française primée par l’assemblée nationale pour l’invention
d’un moteur à très faible consommation d’essence a toutes les
difficultés du monde pour trouver en France un montage financier afin
de commercialiser son produit à grande échelle. Ce n’est pas un hasard
si 22 députés ont demandé lundi la création d’une Commission d’enquête
sur les freins aux biocarburants afin d’identifier ceux qui disent
être pour mais qui ne font rien.

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