La guerre des semences continue

27 février, 2006 · Poster un commentaire 

L’association Kokopelli travaille au recensement et à la protection et à la préservation de centaines de variétés de semences anciennes qui sans cela auraient disparu. Aujourd’hui Kokopelli est assignée en justice par un grand semencier. L’enjeu est important.
Selon les partisans de l’association, le semencier cherche par cette
démarche juridique à être le seul détenteur du savoir sur les semences
qui constituent notre alimentation.
Si cette association venait à disparaître, il y aurait un risque de
perte de la connaissance par la société civile sur la question des
semences qui est aujourd’hui un enjeu stratégique pour l’industrie
agroalimentaire pro OGM. Selon les partisans de cette association, les
paysans de très nombreux pays d’Afrique et d’Asie sont déjà pris dans
les mailles de cette machine infernale qui exerce un chantage sur eux :
premiers sacs gratuits de semences OGM modifiées et stériles. Lorsque
leur récolte est vendue et qu’ils ont un peu d’argent,
ils sont dans l’obligation de racheter des semences chez le donateur d’origine.

Les partisans de Kokopelli font circuler une pétition pour réclamer une
loi qui affirme le droit inaliénable de toute personne de cultiver, de
semer, multiplier, vendre, acheter sans restriction. 
http://www.univers-nature.com/signez/?code=cat

L‘Union Européenne maîtrise-t-elle le passeport biométrique ?

27 février, 2006 · Poster un commentaire 

Après le 11 septembre 2001 les Etats-Unis se sont lancés dans la lutte totale contre le terrorisme. L’Union Européenne est devenue à son tour son principal partenaire dans cette démarche.
En Europe, les débats concernant la question de la protection des données personnelles et le besoin de trouver un équilibre entre la liberté de l’individu et la protection de la société n’ont pas empêché la décision du Parlement Européenne d’introduire des informations biométriques dans les passeports de ses ressortissants et même de rajouter les empreintes digitales quelques mois plus tard.

Or, le spécialiste de sécurité informatique RISCURE a démontré
l’incapacité du passeport hollandais de protéger les informations
biométriques qu’il contient en cassant ses codes de sécurité. On est
encore  loin de pouvoir bien protéger les passeports des tentatives de
falsification et de piratage. Signalons à ce propos que la technologie
choisie par les Pays Bas est strictement semblable à celle pour
laquelle le gouvernement de Tony Blair a opté.

La liberté d’expression selon Google

27 février, 2006 · Poster un commentaire 

Fin janvier, Google s’implantait en Chine. Cédant aux pressions du gouvernement chinois, le moteur de recherche a pris la décision de ne pas référencer les sites d’opposants, ou plutôt ceux considérés comme tels par le pouvoir. A l’heure actuelle, deux cent trente six mots clés sont censurés : Par exemple, taper Tianenmen sur google.cn renvoie à des photographies touristiques…

Presque au même moment, une seconde affaire est passée de manière plus inaperçue. En début d’année, le gouvernement américain a demandé aux principaux moteurs nationaux de leur fournir des informations, comme la
liste des mots clés tapés par les internautes, afin de lutter plus efficacement contre la pédophilie sur le net. Contrairement à Yahoo, MSN ou AOL, Google a refusé, considérant ces demandes « abusives ».

Force est de constater que les dirigeants du moteur de recherche ont une vision particulière de la liberté d’expression. Ils préfèrent manifestement dire amen à un régime communiste liberticide pour pouvoir avoir accès au marché chinois, plutôt que de participer à enrayer un fléau dont Google est partiellement responsable.

Les nécessités stratégiques du rapprochement entre Suez et Gaz de France

27 février, 2006 · Poster un commentaire 

Le processus communautaire de libéralisation des marchés électrique et gazier a relancé les opérations conquérantes sur l’échiquier énergétique. Les opérateurs énergétiques français sont déjà encerclés à l’Est (Allemagne, Roumanie, Hongrie, Pologne…) et étaient menacés d’être encerclés au Sud par les initiatives italiennes d’Enel.
C’est ce qui explique la réaction brutale des autorités françaises en
imposant l’union entre Gaz de France et Suez. Dans le même temps, il
n’est pas étonnant de voir l’Espagne suivre le même chemin pour limiter
l’appétit d’E.On sur le gazier espagnol Endesa. Les menaces
d’encerclement sont aussi d’ordre réglementaire. A titre d’exemple,
E.On dispose de six lobbyistes accrédités auprès du Parlement européen,
et a noyauté les principales fédérations professionnelles relatives à
l’énergie à Bruxelles, Gaz de France n’a que deux lobbyistes, et ne
dispose que d’une faible représentativité au sein de ces mêmes
fédérations.
L’absence de vision stratégique de l’Union européenne renforce pour
l’instant les logiques nationales dans un secteur où la libéralisation
du marché n’occulte pas les impératifs de puissance à l’Ouest
(Etats-Unis) comme à l’Est (Russie).

Fortes suspicions sur une ONG en lutte contre le sida

27 février, 2006 · Poster un commentaire 

Une source suisse nous a fait parvenir l’information suivante.
La question du financement des ONG et de l’utilisation des fonds mis à leur disposition n’est pas nouvelle, mais est toujours d’actualité. L’organisation  non gouvernementale Alliance of Mayors and Municipal Leaders on HIV/AIDS in Africa (AMICAALL) fait partie de ces organismes qui ont pour objectif de lutter activement contre le sida en Afrique, continent le plus touché par le fléau. La vocation d’AMICAALL est noble, la réalité est moins glorieuse à moins que l’efficacité de l’action soit atteinte avec un budget limité…
AMICAALL est présente sur le terrain avec plusieurs bureaux de représentations en Afrique, des conférences sur le thème du sida sont également tenues sur le territoire africain et  auxquelles l’Alliance ne manque pas de participer. AMICAALL vise à protéger au niveau local les personnes les plus vulnérables, identifiées comme étant les femmes, les enfants et les non porteurs du virus. Pour ce faire, AMICAALL dispose d’un partenariat avec l’Organisation des Nations Unies qui lui alloue un budget, dont l’usage dépasse peu les frontières de la Suisse, où est installé le siège qui gère ces fonds, ainsi que le compte en banque de la directrice, Mme Mauerstein-Bail. La lutte contre le sida se transforme ainsi en lutte contre les fins de mois difficiles de la responsable d’AMICAALL, qui n’est cependant pas avare en payant volontiers des stagiaires désoeuvrés et très peu actifs avec les fonds onusiens. Pendant que certains meurent du sida, d’autres en vivent sous couvert d’une image lisse et qui inspire le respect de par la légitimité que leur confère leur action.

Les contradictions entre HOMELAND SECURITY et le business

27 février, 2006 · Poster un commentaire 

Le rachat de l’opérateur portuaire britannique P&O par Dubai Ports International, société publique basée aux Emirats Arabes Unis, créé la polémique aux Etats-Unis.
L’accord permet en effet au nouvel opérateur de contrôler 6 ports américains de la Côte Est, et non des moindres puisqu’il s’agit de New-York, New Jersey, Baltimore, la Nouvelle-Orléans, Miami et Philadelphie.

Bien que l’administration américaine ait déjà autorisée la transaction,
de nombreux élus américains, toutes tendances confondues, annoncent
vouloir s’y opposer par un vote au Congrès.
Ils mettent en avant la sécurité du pays : 2 des pirates de l’air du 11
septembre étaient en effet originaires des Emirats. Plus grave, Dubaï a
longtemps servi de plateforme pour l’exportation illégale de
technologies nucléaires pakistanaises à destination de la Libye et de
l’Iran.

Le président Bush a aussitôt contre-attaqué en brandissant la menace de
son veto ; il met en avant l’appui récent des Emirats dans la lutte
contre le terrorisme : s’opposer à la transaction reviendrait à émettre
un signal négatif à destination des pays musulmans les plus
coopératifs, en leur montrant les limites de la confiance des
Etats-Unis à leur égard.

Au-delà du bien fondé des positions respectives, l’épisode soulève une
interrogation majeure : la transaction de 6,8 milliards de dollars a
été validée sans débat par l’administration américaine et les instances
gouvernementales. Ni le président Bush, ni son vice-président Dick
Cheney ou son secrétaire d’état à la Défense Donald Rumsfeld n’ont
formulé la moindre réserve sur le dossier

Pourtant, les exemples ne manquent pas d’entreprises étrangères dont le
développement aux Etats-Unis a été stoppé net pour des considérations
de sécurité : mais il est vrai qu’à chaque fois une ou plusieurs
entreprises américaines figuraient dans les parties prenantes.

Les leçons à tirer de l’affaire du Clemenceau

17 février, 2006 · Poster un commentaire 

La première est sans doute la plus grave : les conseillers du Ministre de la Défense n’ont pas compris dans quel monde ils évoluent et en particulier ne saisissent rien aux problématiques de guerre de l’information. Les erreurs sont multiples et doivent être soulignées avec gravité et insistance :

•    Aucune analyse sérieuse n’a été faîte sur le désir de revanche qui animait Greenpeace après son fiasco médiatique à Mururoa lors de sa tentative de pénétration du site d’essai nucléaire avec le Rainbow Warrior II. A l’époque, la stratégie de communication de Greenpeace Monde avait été contrée par une opération mûrement réfléchie et préparée par le Ministère de la Défense. Greenpeace attendait depuis longtemps l’heure de la revanche. L’ONG aurait pu s’attaquer à d’autres cibles pour dénoncer les navires poubelles mais l’occasion était trop belle.
•    Aucune démarche cohérente n’a été suivie par les pouvoirs publics français pour traiter sur le fond le contexte mondial du désamiantage des navires. La France est loin d’être le pays le plus calamiteux dans ce dossier mais encore faudrait-il le démontrer. Les fonctionnaires formés à l’Ecole Nationale d’Administration n’ont pas saisi une des données essentielles de la société de l’information : c’est celui qui prend la parole en se faisant passer pour le défenseur de la veuve et de l’orphelin qui a un avantage décisif dans le débat. Il suffit d’écouter chaque jour la radio d’Etat France Inter à différentes tranches horaires 7/9, 9/11, 17/18, 18/19, 20/21 pour en avoir la démonstration. Face à cette occupation souvent pathétique du terrain par la parole du journaliste donneur de leçon, alimentée à souhait par les robins des bois de la société civile, les fonctionnaires formés par l’ENA appliquent la règle du principe de précaution. Il s’agit là d’une erreur majeure.
•    A force de donner raison aux protestataires de tous les pays et de toutes les causes, les autorités françaises sont en train de devenir une cible facile alors que le dossier de l’amiante (si on ne retient que celui-là) concerne tous les pays industrialisés et aussi les pays du Sud. Personne n’est clair dans ce dossier. Si une institution indépendante, un peu moins opportuniste que Greenpeace, établissait un recensement exhaustif des pays qui jouent la politique du pas vu pas pris à propos des navires poubelles, on serait surpris des résultats. Les médias britanniques seraient plus nuancés dans leurs commentaires sur l’affaire et les gouvernements de l’Inde et du Bangladesh auraient un profil nettement plus bas qu’aujourd’hui car ils sont loin d’être en position de jouer les « vierges outragées » ;
•    Les coups bas donnés dans le cadre de la préparation aux élections présidentielles de 2007 illustrent l’extrême état de médiocrité d’une partie de la classe politique française. A gauche, la prudence serait requise sur la gestion du dossier Clémenceau. L’étude détaillée du bilan d’Alain Richard pourrait donner lieu à un exercice de rhétorique assez intéressant. A droite, les tentatives opportunistes d’exploiter au second degré les malheurs de Michelle Alliot-Marie risquent de démontrer à quel niveau ces chasseurs de bulletins de vote situent l’intérêt de la France par rapport à leurs projets personnels.

La déstabilisation informationnelle en Côte d’Ivoire, l’affaire du Clémenceau constituent deux avertissements majeurs pour la classe politique dans son ensemble. Le modèle de formation dispensé à l’ENA n’est plus compatible avec le cadre conflictuel du monde actuel. Il enfonce les pouvoirs publics dans une démarche quasi suicidaire de l’amende honorable. Indépendamment du fait que l’affaire du Clémenceau démontre que toute industrie ne doit pas être délocalisée, il ne faut pas perdre de vue les logiques de marché à venir. La Chine guette le marché mondial du désamiantage des navires car l’Inde risque de payer les pots cassés de la dénonciation des conditions de travail de ses ouvriers dans les chantiers locaux de découpe des navires poubelles, comme le précise l’article du Monde signée par Françoise Chipaux à New Dehli dans son édition datée du 17 février 2006. Le secret des conditions de traitement des ouvriers sera mieux gardé dans l’empire du Milieu. Le courage légendaire des militants de Greenpeace a ses limites…Il est plus facile de faire réagir les médias occidentaux que de s’affronter à la police politique de la Chine communiste. Greenpeace n’a jamais tenté la moindre manifestation d’envergure pour dénoncer la pollution radioactive générée par les cimetières de navires de guerre de l’ex URSS. Cette timidité militante ramène la légitimité des prises de parole de cette ONG à une image plus humaine au mauvais sens du terme. On attend aussi l’exploit légendaire de Greenpeace pour empêcher l’US Navy de couler au large les navires retirés du service actif. Mais ce dossier-là n’intéresse personne.

Guerre de l’information sur la santé en Irak ?

14 février, 2006 · Poster un commentaire 

Le journal irakien « Mada » a publié un article dont nous extrayons l’extrait suivant :
"Dans un colloque organisé par l’association de coopération et de développement en coordination avec le Croissant Rouge Irakien, les familles des victimes des produits contaminés délivrés par le laboratoire français Mérieux ont appelé le gouvernement à poursuivre juridiquement cette entreprise. Khaled Ali Jabour, père de cinq enfants morts à cause des médicaments fournis par cette entreprise, a rappelé que seuls 43 personnes sur les 238 traités restaient encore aujourd’hui en vie à cause des médicaments contaminés fournis par cette entreprise en 1982".
La reconstruction de l’Irak se fait aussi dans le domaine de la santé
publique. Plusieurs dossiers  sont actuellement en cours de traitement
: annonce par le recteur de Kerbala du projet de créer une formation en
pharmacie, projet de 20 millions de $ de l’OMS pour remettre sur pied
le système de santé en Ira. Il semble que l’organisation d’un tel
colloque ne soit pas uniquement le fruit du hasard. Certaines mauvaises
langues prétendent que l’association qui est à l’origine du colloque
serait conseillée par une ONG anglo-saxonne. Dans le contexte actuel
(apparition de plusieurs cas de grippe aviaire en Iraq) cette attaque
informationnelle induit un doute sur les qualités professionnelles de
l’industrie pharmaceutique française.

Vers la création d’une European Biodefense Task Force

14 février, 2006 · Poster un commentaire 

Suite aux nombreuses sollicitations de la Commission Européenne DG Justice Freedom and Security, DG Trade, DG Sanco, etc… pour assister aux Conférences sur les méthodes de détection d’agents pathogènes, principes des technologies duales, vaccins contre les maladies infectieuses, procédés de décontamination en cas d’attaques nucléaires, chimiques, radiologiques et biologiques, une Task Force Européenne en Biodefense est en cours de création au sein d’EuropaBio, l’Association Européenne de Bio-Industries, représentant les industries de biotechnologies et pharmaceutiques en Europe. 
L’industrie de la Biodefense concerne principalement la défense contre
l’utilisation terroriste d’armes NRBC (Nucléaire, Biologique,
Radiologique, Chimique), ainsi que les maladies infectieuses. La
Biodefense prend ainsi la forme de contre-mesures médicales telles que
les vaccins, anti-viraux, et autres traitements médicaux. Les
contre-mesures non médicales concernent la détection, la protection,
ainsi que la simulation.   

60 entreprises européennes travaillent pour l’industrie de la
Biodefense, avec pour dominante la Détection, les Vaccins, et la
Décontamination. Face à la menace grandissante d’un attentat
bioterroriste, l’objectif de cette Task Force sera d’augmenter la prise
de conscience auprès des responsables des institutions européennes,
travailler en étroite collaboration avec l’Agence Européenne de Défense
qui souhaite diversifier son champ d’action, participer aux ateliers
organisés par Interpol et établir des recommandations en matière de
sécurisations de sites sensibles. Des partenariats publics/privés
seront nécessaires notamment avec l’ECDC basé en Suède (le Centre
Européen de Contrôle des Maladies) qui devrait être à terme
l’équivalent du CDC américain, mais aussi avec l’OMS (Organisation
Mondiale Santé). Cette première initiative européenne devrait créer des
synergies et coordonner les actions nationales.

L’approche américaine de l’eau : le cas bolivien

7 février, 2006 · Poster un commentaire 

Les articles sur l’importance de l’eau dans la géoéconomie mondiale sont en augmentation constante. Le quotidien Le monde du 22 janvier publiait un dossier en précisant qu’en 2025, 8 milliards d’humains devront se partager la même quantité d’eau qu’aujourd’hui. Dans vingt ans, la réserve mondiale disponible par habitant sera trois fois moins importante qu’en 1950. Cette réalité sera très inégalement vécue selon la zone géographique.
Les populations du Sud seront les plus touchées. Certaines  puissances
ont commencé à se pencher très sérieusement sur le problème. C’est le
cas des Etats-Unis d’Amérique procèdent depuis 1995 à une analyse très
approfondie des réserves d’eau potable en surface et souterraine en
Amérique Latine.
Le site de l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau (ACME) a mis
en ligne un article intéressant sur les objectifs des Etats-Unis
concernant les ressources en eau de la Bolivie. L’hebdomadaire bolivien
Pulsorelate raconte une réunion qui s’est tenue en juin dernier à
l’ambassade américaine à La Paz. Cette réunion soutenue par le
Pentagone regroupait des diplomates et des militaires nord américains
ainsi que des experts boliviens. Les représentants des Etats-Unis
insistèrent sur l’importance de cette cartographie des réserves d’eau
boliviennes afin d’orienter leurs investissements dans ce pays pour
aider la Bolivie à mieux développer ses ressources en eau.
L’hebdomadaire bolivien Pulsorelate explique cette approche
politico-militaire des ressources boliviennes en eau par la diplomatie
américaine et du Pentagone à cause des besoins de l’industrie fortement
consommatrice du Sud des Etats-Unis. Il pose aussi cette question qui
donne un autre relief à la guerre de l’information qui fait rage sur le
thème de l’eau dans cette partie du monde :
« Quelles seront les conséquences sociales et écologiques de telles
politiques qui ouvrent la porte à la marchandisation et aux transferts
inter-bassins, voire inter-continentaux ? Les pays andins, qui sont
financièrement dépendants de l’aide internationale et peu compétitifs
sur les marchés des biens et services, auront-ils les moyens de
s’opposer à une éventuelle main mise nord-américaine sur leurs
ressources en eau ? »
Le plus étonnant dans cette histoire est la manière dont les alter
mondialistes dissocient les problématiques. D’un côté, il y a les
impérialistes américains. De l’autre, il y a les capitalistes français
qui exploitent la misère des peuples sud-américains. Notons que la
virulence alter mondialiste reste très posée en qui concerne les
agissements de la superpuissance nord américaine. Danielle Mitterrand
et ses amis ne vont pas manifester dans le Sud des Etats-Unis pour
protester contre la volonté des yankee de s’approprier une partie de
l’eau des pays frontaliers. En revanche, les alter mondialistes
français vont manifester leur indignation en se rendant en Argentine et
en Bolivie pour apporter leur soutien à la lutte contre les
multinationales de l’eau…françaises.  C’est semble-t-il plus facile et
moins dangereux de s’attaquer à Véolia et Suez qu’à la covert action de
l’oncle Sam dans sa zone d’influence privilégiée. Le courage politique
n’est pas une valeur autoproclamée. Il se vérifie dans les faits.
Précisons que l’armée française n’organise pas de réunion similaire à
l’ambassade de France à la Paz.

Page suivante »