Les services secrets britanniques moins frileux que la DGSE

24 octobre, 2005 · Poster un commentaire 

Le Service Secret de Renseignements (SIS), souvent connu sous l’appellation de MI6, recueille des renseignements outre-mer.  Le Service est basé à Vauxhall Cross à Londres et son chef est M John Scarlett. Sa mission est de fournir au Gouvernement Britannique des capacités secrètes à l’échelle mondiale afin de promouvoir et de défendre la sécurité nationale et les intérêts économiques du Royaume-Uni.
http://www.mi6.gov.uk/output/Page313.html

Contrairement aux services britanniques, la DGSE n’a toujours pas de site Internet (juste une page vide sur le site defense.gouv.fr - http://www.defense.gouv.fr/sites/dgse/) et de plus est incapable de revendiquer officiellement la défense des intérêts économiques français. Comment expliquer une telle frilosité ? Certainement pas par l’excellence professionnelle. Le service secret britannique est le SR le plus qualifié en Europe et sert d’exemple à tous les autres. Comment qualifier cette exception française au plus mauvais sens du terme ? A force de fuir la modernité en matière de communication extérieure et de ne pas intégrer une vision globale de la stratégie de puissance, la direction de la DGSE ne semble guère être concernée par le « patriotisme économique » proné par le Premier Ministre. Y-at-il en France un service de renseignement chargé du renseignement économique offensif ? Si ce n’est pas le cas, il faut le créer.

Le projet de décret sur les marché stratégiques en danger

24 octobre, 2005 · Poster un commentaire 

Depuis que le Premier Ministre, Dominique de Villepin, a annoncé la rédaction d’un décret sur la protection des marchés stratégiques, les milieux ultralibéraux et le camp proaméricain ont lancé une campagne de pression tous azimuts pour limiter au maximum les effets de ce futur décret. Notons au passage que les maladresses des hauts fonctionnaires chargés du dossier et très mal préparés à cet exercice ont ouvert la voie à cette contre offensive. Les Anglosaxons comme les Chinois pratiquent le double langage avec un art consommé.

C’est ainsi qu’ils ne donnent pas de définition claire de la sécurité nationale. En France, l’administration qui pense puissance publique à l’égard de ses administrés et non stratégie de puissance à l’égard du monde extérieur, ne sait pas jouer habilement du double langage. Certes, quelques petits correctifs sont effectués ici et là dans la communication gouvernementale à l’image de Jean-François Coppé qui ce week end précisait à la radio que le patriotisme économique vise à éviter les délocalisations. Mais il est clair que les partisans de la préservation de l’intérêt de puissance français ne se manifestent pas assez pour contrer les multiples lobbies des émules de l’école lavalienne (rappelons pour mémoire que nous qualifions d’école lavalienne les opportunistes qui se mettent systématiquement du côté du plus fort, quite à désservir les intérêts de leur pays, à l’image de Pierre Laval).

Un groupe chinois cherche à s’accaparer une technologie de St Gobain

13 octobre, 2005 · Poster un commentaire 

La firme St Gobain développe dune technologie très performante dans le domaine des conduites d’eau, qu’on appelle communément les tuyaux bleux. Pour convoyer de l’eau sous haute pression, il faut que les tuyaux ne contiennent aucune aspérité. Les Chinois n’ont pas su pour l’instant développer ce type de technologie. Le groupe chinois qui cherche par tous les moyens à acquérir ce savoir faire, fait trois la taille de St Gobain.

Les Allemands seraient-ils derrière la déstabilisation de Thalès ?

13 octobre, 2005 · Poster un commentaire 

La construction européenne n’est pas chose facile. L’affaire Thalès en est peut-être une des illustrations. Il y a en ce moment un appel d’offres portant sur la fourniture à l’Inde de sous-marins militaires. Les industriels allemands et français ont proposé un produit concurrent. Pour affaiblir l’offre française, les Allemands auraient fait en sorte d’appuyer là où cela fait mal à travers l’affaire Thalès. Cette information est à croiser avec celle concernant des Allemands d’EADS qui ne veulent pas faire intervenir des cabinets d’intelligence économique français, sous prétexte qu’ils sont peuplés d’anciens membres des services de sécurité français. Rappelons dans le duel sur les sous-marins cette information à décharge pour les Allemands, comme quoi les Français les auraient piégés de la même manière lors d’un contrat précédent. 

Manipulation de l’information à propos de la DST ?

6 octobre, 2005 · Poster un commentaire 

Dans la lettre intelligence online n°657 datée du 16 au 29 septembre, l’éditorial nous livre un certain d’informations sur la Direction de la Surveillance du Territoire qui ne semblent pas exactes. Il semblerait après vérification que la commissaire divisionnaire Broda n’ait jamais été pressentie pour remplacer Jean-Jacques Martini à la tête de la sous-direction B1, chargée de la défense du patrimoine.

Cette information fausse fragilise la démonstration de l’auteur de l’éditorial qui cherche à démontrer que Le Premier ministre s’affronte à Nicolas Sarkozy à propos de la nomination de responsables du contre espionnage français. Si il existe en effet des tensions entre les deux individus, il faut se méfier des forces privées qui laissent filtrer vers des lettres confidentielles des informations dénuées de sens à des fins très opportunistes.

 

Le protectionnisme américain dénoncé par un cadre dirigeant britannique

6 octobre, 2005 · Poster un commentaire 

Le directeur général de British Airways (BA), Rod Eddington, a vivement blâmé le "protectionnisme" américain dans un de ses derniers discours avant son départ de la compagnie, rapporte le Financial Times daté du 23 septembre. Dans un style très polémique, il accuse les compagnies aériennes américaines de ne pas repecter les règles de la libre concurrence :

"Au cours des quatre dernièrs années les compagnies aériennes américaines ont absorbé 15 à 20 milliards de dollars  d’aides publiques et de prêts garantis (…), elles opèrent sur des marchés protégés, elles aspirent l’argent public et elles ne sont même pas capables de faire du bénéfice". Il faisait allusion en particulier aux compagnies Delta Air Lines et de Northwest Airlines, troisième et quatrième compagnies américaines, qui se sont placées sous la protection de la loi sur les faillites afin de poursuivre leurs opérations presque normalement tout en se restructurant pour réaliser des économies.
Dans cette compétition de plus en dure du marché aérien, l’Europe se concentre sur son fonctionnement interne et n’a pas la même attention patriotique à l’égard de ses propres compagnies. La guerre économique n’est pas vécue de la même manière par tous les pays. Et Sir Rod de souhaiter sans trop y croire que "les leçons que l’Amérique a imposées aux marchés du tiers monde avec une férocité presque sans pitié s’appliquent tout autant à elle-même".

C’est un patriote, haut fonctionnaire français de son état, qui a le bon réflexe de nous rappeler régulièrement de telles évidences.

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