Les Etats Unis adoptent une stratégie offensive de contre-renseigment
31 mars, 2005 · Poster un commentaire
Comme nous l’apprend cet article du Washington Post, l’administration Bush vient d’adopter une nouvelle stratégie de contre-renseignement. Celle-ci reflète une volonté de ne plus être passifs mais au contraire pro-actifs - euphémisme pour offensifs - face à la menace grandissante du renseignement de puissances étrangères visant les secrets militaires ou nucléaires des Etats-Unis. Mais un passage du texte concernant le domaine économique nous intéresse plus particulièrement:
V. U.S. counterintelligence will seek to ensure a level economic playingEn 2000 James Woolsey déclarait au journal le Monde que les Etats-Unis utilisaient le système d’écoute ECHELON dans le domaine économique pour lutter contre la corruption utilisée par les entreprises françaises. Mais ce n’était pas de l’offensif. On ne peut que s’inquiéter de l’interprétation qui va être faite de cette nouvelle stratégie dans le monde économique. Le texte de 22 pages intitulé “The National
field so that business and industry are not disadvantaged by foreign
intelligence operations.The United States is a nation of commerce and we value the freedom of trade as
both a personal liberty and a cornerstone of national wealth. However, if adversaries can
exploit the technological accomplishments of industry and gain an unfair advantage, not
all trade inures to the Nation’s good. While most foreign economic competition is open
and lawful, it is not exclusively so. Some business competitors, supported by foreign
intelligence services, employ classic intelligence methods in an attempt to gain an
advantage over American companies. The outflow of sensitive trade secrets and
proprietary information erodes our comparative economic advantage, and undermines
national security. Foreign companies that unlawfully acquire U.S. technology are able to
compete unfairly against U.S. firms, which bear heavy research and development costs
associated with innovative technology.
As our economy moves toward dependency on the benefits of information
technology and networked data systems, our economic well-being and our national
security could become vulnerable to foreign intelligence intrusion and manipulation of
our cyber systems. We must ensure that we identify, understand, and counter these
threats.
We will seek to identify foreign intelligence operations conducted against U.S.
business and industry and we will provide the appropriate threat information to enable
them to take such risk mitigation measures as they deem prudent.
Counterintelligence Strategy of the United States” daté de mars 2005 peut être consulté sur le site FAS.ORG.
Sciences Po en déficit de 3,5 milions d’euros
22 mars, 2005 · Poster un commentaire
Richard Descoing, administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et Directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris a fait fort. Pour la première fois de son histoire, le prestigieux institut d’études politiques de Paris connaît un déficit financier important.L’explication de cette erreur de gestion est simple. M. Descoings voulait démocratiser les droits d’inscription des étudiants. Il a donc instauré un sytème qui différenciait les statuts sociaux des étudiants en fonction des revenus de leurs parents. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Une partie des étudiants de Sciences Po a exploité la faille en sortant du régime parental pour opter pour un régime individuel. Plus de 30% des étudiants de Sciences Po seraient ainsi exonérés de droits d’inscription parce que leurs revenus sont insuffisants. Comme quoi les idées généreuses se heurtent parfois à la triste réalité de la recherche du profit. Pour combler ce déficit, l’administration de Sciences Po a augmenté les droits d’inscription de mille euros. On appelle cela le capitalisme à la française…
Désinformation sur le Koursk (suite)
22 mars, 2005 · Poster un commentaire
Le jury qui a présidé le grand prix du festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de socitéé a attribué samedi dernier son grand prix au documentaire Koursk, un sous-marin en eaux troubles. Ce documentaire de Jean-Michel Carré et Jill Emery, présenté par Stéphane Paoli sur France 2 (relire à ce propos ce que nous avons écrit le 13 janvier 2005 sur knowckers : l’émission Contre courant manipulée par les services russes) induit la thèse que c’est un sous-marin américain qui a torpillé le Koursk en 2000. Bravo aux services de renseignement russe qui sont à l’origine de cette superbe manipulation de deux braves journalistes français. Et un super bravo au jury de ce festival du Touquet pour jouer si gentiment un remake des idiots utiles dignes des heures sombres de la période stalinienne. On comprend mieux la défiance de l’opinion publique à l’égard des médias après une telle démonstration de mauvaise foi journalistique.
Qui se cache derrière les opérations de désinformation menées contre Bernard Carayon ?
16 mars, 2005 · Poster un commentaire
Médiatisé depuis que son travail a structuré le monde de l’intelligence économique en France, Bernard Carayon, a récemment été la cible de deux opérations de désinformation. Pour les acteurs et les spectateurs de l’exponentielle croissance de la discipline, deux articles de presse, qui datent de plusieurs mois, revêtent aujourd’hui une résonance tout particulière…
Une manipulation chilienne
Un journal électronique chilien, se targue dans un article du 21 janvier 2004 de décrypter une histoire de pots de vin lors d’une transaction d’avions de combat entre la Belgique et le Chili. Les propos du journaliste Jorge Molina Sanhueza, responsable de la section judiciaire du quotidien El Mostrador sont à la fois erronés et diffamatoires.
Erronés puisque l’article présente Bernard Carayon comme « le chef de l’intelligence économique en France ». Les initiés sauront bien sur qu’il n’existe pas à proprement parler ce type de poste. Tout au plus un leadership, au niveau du politique, de B. Carayon. Pour les béotiens, nous les laissons juger de la pertinence du travail d’approximation et de mauvaise foi journalistique de Jorge Molina Sanhueza. On a en effet du mal à croire qu’un titre de « chef de l’intelligence économique » puisse exister, pourquoi pas alors un « chef de l’économie », ou un « chef de la politique »? Les propos tenus dans cet article sont ensuite diffamatoires par la confusion opérée entre Bernard Carayon, député du Tarn, et son homonyme, l’homme d’affaire coupable d’avoir reçu des commissions illicites, en marge de la transaction.
Une manipulation française
Jacques Follorou, surveille pour Le Monde, les spasmes réguliers du monde de l’intelligence économique. L’affaire Otor, aux dimensions dépassant largement le conflit d’actionnaires, présente toutes les caractéristiques du scoop dont ce spécialiste des faits divers financiers raffole (M. Follorou couvre les déboires de Total en Birmanie, l’affaire Executive Life, Thomson-Matra,…).Pour son premier article sur l’intelligence économique M. Follorou consacre un demi-page de l’édition datée du 18 septembre 2004 à la guerre que se livrent Otor et Carlyle. Jacques Follorou laisse alors entendre que B. Carayon ait pu toucher une quelconque rémunération de sa rencontre avec les dirigeants d’Otor. La tentation du « tous pourris! » est alors la plus forte et l’emporte sur un nécessaire appui par des preuves tangibles. Bernard Carayon s’est donné une mission: porter au niveau politique une stratégie nationale d’intelligence économique et introduite un débat, vital, sur la puissance de la France. Le cas Otor, par la complexité des enjeux politico-financiers qu’il soulève, s’inscrit dans ce cadre et ne pouvait qu’intéresser au premier chef ce député!
Le dernier paragraphe de l’article de M. Follorou constitue un modèle pour la profession, si tant que le rôle du journaliste est de désinformer. Car sous les aspects les plus neutres, J. Follorou amalgame le soutien d’une cause (celle d’Otor) à la collusion d’intérêts. Dans le même sens, journaliste mentionne Alain Juillet qui aurait, lui aussi, dénoncé les manoeuvres de Carlyle mais, à l’inverse, absent de cette fameuse « black list » des personnalités qui ont été payés par Otor. La question de l’intégrité M. Juillet ne se pose même dans le cadre de notre article, on remarquera tout au plus que le politique est vénal, et le fonctionnaire au service d’une grande cause, analyse en substance de Jacques Follorou. Pour conclure, l’article, attaché aux nobles principes de la liberté d’expression, cite, sans s’en dégager, la ligne de défense de Carlyle: « sur fond d’antiaméricanisme, [Carlyle] est une cible facile pour les amateurs de politique-fiction, les soi-disant spécialistes de l’intelligence économique, les partisans des théories du complot et les opposants de l’administration Bush ». Derrière le langage de la communication, Carlyle souligne par là que ses principaux adversaires sont les journalistes scabreux, les consultants escrocs, paranoïaques mystiques et encore les opposants à l’unilatéralisme néo conservateur.
Il est dommage que le journaliste du Monde ne soit pas posé plus de questions dans ce qu’on peut appeler aujourd’hui une véritable guerre de l’information. Le 8 décembre dernier, Jean-Yves Bacques et Michèle Bouvier, les propriétaires et dirigeants du groupe cartonnier français, ont été placés hier en garde à vue à la brigade financière. Ce 8 décembre était une date stratégique car ce même jour, quelques heures plus tard compte tenu du décalage horaire, avait lieu une rencontre-clé aux Etats-Unis entre le juge saisi cet été par Gary Fontana du cabinet américain Thielen Ried au nom de la famille Otor, afin de mettre en exergue les pratiques douteuses entre Carlyle et Clinvest, banque-conseil d’Otor et filiale du Crédit lyonnais aux Etats-Unis.
Quelle ne fut pas la surprise des défenseurs d’Otor de voir les avocats de Carlyle se précipiter pour montrer au juge la dépêche de l’Agence France Presse qui narrait l’interpellation de Jean-Yves Bacques et Michèle Bouvier. Pour les avocats de Carlyle qui présentaient Jean-Yves Bacques et Michèle Bouvier comme des criminels, c’était un argument suffisant pour faire annuler la procédure déclenchée par Gary Fontana quelques mois plus tôt. Mais le juge refusa d’aller dans le sens des avocats de Carlyle. Bien sûr, pas un mot de cette étrange coïncidence dans les écrits du journaliste du Monde.
Bulletin d’alerte n°2
11 mars, 2005 · Poster un commentaire
Une société française est la cible d’appétits étrangers. Le cas de figure est devenu hélas très classique. Cette société de technologie de l’information est innovante dans son domaine et a un chiffre d’affaires qui explose. Elle a notamment déposé 3 brevets qui intéressent très fortement SONY et d’autres grandes sociétés :
• premier brevet : création de DVD qui font également, de l’autre côté, CD ROM.
• second brevet : CD ROM ou DVD ROM qui ne se raye pas (durée de vie très longue).
• troisième brevet : code barre ou clé de sécurité à l’intérieur du CD ROM ou de DVD ROM pour éviter les vols et qui fait sonner les appareils de détection lorsque le produit volé sort du magasin.
Les Américains, de leur côté, sont prêts à injecter 45 M€. Il s’agit notamment de CAPSTONE (www.capfg.com). CAPSTONE INVEST a déjà adressé un protocole aux dirigeants pour les inciter à délocaliser leur production aux Etats-Unis et pour les introduire au NASDAQ avec à la clé, la proposition habituelle, à savoir des stock options.
L’évolution du chiffre d’affaires de cette société française se passe de commentaires :
CA 2002 : 9.4 M€ avec un capital de seulement 38.200 €.
CA 2005 : 54 M€ avec un RN de 4 M€ et une CAF de 6.3 M€
Au dernier MIDEM, cette société française a reçu 480 demandes de sociétés pour la production des DVD+.
Les nouveaux débouchés de ce tte société sont :
• création d’une carte vitale avec les données radiographiques des malades…..
• carte téléphonique sous forme de DVD.
• DVD 3D qui doit arriver sur le marché d’ici 2020.
Les Américains font pression pour que les dirigeants français signent le protocole d’accord, mais ceux-ci préfèreraient traiter avec une entreprise française.
Quand le premier Ministre, M. Raffarin, parle d’attractivité de la France, il ne croit pas si bien dire. Les électeurs souhaiteraient que le pouvoir politique, de quelque bord qu’il soit, se décide enfin à trouver les bonnes solutions pour préserver le potentiel économique du pays dont il a la charge. Si le laisser faire continue ainsi, on peut s’inquiéter de l’avenir des futurs pôles de compétitivité, en particulier ceux qui portent sur les technologies de l’information.
A suivre.
Un mot sur la bavure américaine contre l’agent secret italien
8 mars, 2005 · Poster un commentaire
Le débat sur l’éventuelle embuscade tendue par des militaires américains au véhicule transportant la journaliste du Manifesto détenue en otage pendant un mois en Irak par des opposants au régime actuel, illustre bien la méconnaissance qu’ont certains milieux des pratiques militaires. Si les médias se penchaient un peu sur la question, ils apprendraient que le tir sur un véhicule est une démarche incertaine en termes de résultat. Pour parler clairement en s’appuyant sur une source militaire, un tir nourri de munitions de petit calibre sur une voiture ne garantit pas la mort des occupants. Si les services spéciaux américains avaient voulu monter ce type d’opération avec la garantie du succès, c’est-à-dire l’élimination des passagers, ils auraient utilisé un autre moyen. Les Israéliens recourent désormais systématiquement au tir de missile par hélicoptère pour les frappes ciblées afin d’éliminer cet élément d’incertitude. Rappelons que la moyenne d’âge des fantassins américains opérant en Irak est de 18 ans. Ils sont mutés sur le théâtre d’opérations avec une expérience très approximative du combat urbain.
Comment un fonds d’investisement anglo-saxon manoeuvre en Suisse
8 mars, 2005 · Poster un commentaire
L’action de CVC dans l’affaire Forbo. Un correspondant suisse de knowckers nous a fait parvenir l’analyse suivante.
Depuis novembre 2004, la lutte pour l’acquisition du groupe industriel suisse Forbo est enclenchée. En plein tumulte, il n’est pas possible de prévenir le résultat. En revanche, les techniques de chasse du fonds d’investissement anglo-saxon apparaissent clairement. Comme la plupart des fonds d’investissements, CVC Capital Partners s’appuie sur l’idéologie de « Value Investment ».
Un fonds d’investissement comme CVC n’est pas tout-puissant. Il a besoin de soutien au sein de l’entreprise visée. Dans l’affaire Forbo, son correspondant s’appelle Willy Kissling. Il est président du conseil d’administration de Forbo et parallèlement membre du conseil de CVC. Formé par la Harvard Business School Cambridge aux Etats-Unis, Willy Kissling diffuse depuis trente ans l’idéologie anglo-saxonne dans l’économie suisse. A ce titre, Kissling a déjà mis en pièces quatre groupes industriels suisses (Landis&Gyr, OerlikonBührle, SIG et Unaxis). Plus de 30 000 employés ont perdu leur emploi. Le groupe Forbo et son personnel sont désormais dans la ligne de mire.
Le fonds d’investissement CVC Capital Partners agit indirectement. Pendant la phase initiale de répérage des cibles potentielles, ses correspondants locaux préparent le terrain. Dans l’affaire Forbo, c’est au printemps 2003 que Willy Kissling, comme membre du conseil d’administration, a ordonné à la direction de Forbo de vendre le domaine central du groupe et de s’adresser à CVC pour réaliser cette opération. Les membres de la direction ont refusé ce dessein suicidaire et ont proposé une alternative en suggérant un partenariat avec la société française Tarkett, dans le but de renforcer les activités centrales de Forbo. Kissling a opposé un refus ce propos et a sanctionné les directeurs par un audit sur leurs capacités de gestion.
Par la suite, Willy Kissling a essayé de faire admettre son plan par le conseil d’administration. Il poussa à la démission le président du conseil d’administration et prit sa place. Il proposa immédiatement la vente de la colonne vertébrale du groupe. De plus, Kissling voulut engager les consultants de la société anglo-saxonne Bain pour confirmer la justesse de cette décision stratégique. Ce coup de force déclencha un conflit avec le conseil d’administration de Forbo. L’état de déstabilisation et de paralysie du conseil d’administration fut le bon moment pour l’entrée officielle et publique de CVC. Le fonds d’investissement apparut alors comme la planche de salut et annonça le sauvetage de Forbo.
Les réseaux anglo-saxons en Suisse
Comme décrit ci-dessus, la chasse de CVC s’appuie sur un réseau local en Suisse. Le noyautage de CVC est organisé par le conseil de la société. On y retrouve des membres de la nomenclature de l’économie suisse comme Thomas Schmidheiny ou Barthélemy Helg.
Le noyautage institutionnel est effectué via des sociétés différentes : ce sont les filiales des sociétés anglo-saxonnes en Suisse comme le cabinet de conseil Bain, qui soutient les activités de CVC pour ce qui est l’idéologie. Parallèlement, il y a des sociétés suisses, qui fournissent la connaissance de l’environnement : c’est le cabinet de communication Farner PR, qui s’occupe des opérations d’influence pour CVC et d’autres sociétés anglo-saxonnes comme par exemple la société Boeing.
Comment s’organise la résistance au fonds d’investissement
En Suisse, ni l’Etat, ni les experts ne se sont penchés pour l’instant sur cette problématique. Les journaux économiques restent muets car beaucoup de journalistes ont été formés dans le moule idéologique de l’agresseur. C’est pour cette raison que les détracteurs de CVC sont isolés et contenus par les relais du puissant réseau d’influence de CVC. Dans l’affaire Forbo, la résistance s’est organisé dans sa phase initiale autour de deux personnes : Michael Pieper, entrepreneur indépendant et membre du conseil d’administration de Forbo, et This Schneider, directeur et dirigeant du groupe Forbo. Dans un premier temps, Michael Pieper quitta le conseil d’administration de Forbo en décembre 2004 et commença à acheter 25% des actions de Forbo avec le but de ralentir le processus de l’acquisition.
Parallèlement à cette action symbolique, les défenseurs de Forbo, anti-CVC, sensibilisèrent les médias sur la rôle ambigu de Willy Kissling à l’intérieur de Forbo. Etant membre du conseil d’administration et du conseil de CVC, Willy Kissling violait les règles de « Corporate Governance », vantées par Kissling lui-même.
La deuxième phase de la défense de Forbo, orchestrée par les anti-CVC, eut lieu sur l’échiquier sociétal. Les défenseurs de Forbo sont arrivés à briser le mur du silence en insistant sur le coût social si le plan de restructuration de Forbo, proposé par CVC était appliqué. D’autres solutions industrielles pouvaient être trouvées pour lutter contre la mise en pièce du groupe Forbo. Dans la foulée, les anti-CVC initièrent une campagne de presse contre Willy Kissling en dénigrant son image et en sensibilisant l’opinion publique suisse sur les intentions malsaines de CVC. Les détracteurs de CVC essayèrent de jouer sur deux constantes culturelles de la mentalité suisse : la menace étrangère et l’individu trop couronné de succès. Entre-temps, CVC identifia la menace et tenta de contrer en proposant lui-même une solution industrielle.
Pour l’instant, la lutte pour l’acquisition du groupe Forbo est en suspens. Mais il est à craindre que l’économie suisse perde la bataille. Pour information, le fonds d’investissement CVC Capital Partners fait la chasse aussi dans l’hexagone et il a déjà placé ses agents d’influence : En 1999, CVC a acheté, mis en pièce et revendu la société française BSN Glaspack. Et le docile servant Kissling est membre du conseil d’administration de Schneider Electric…
Biaiser le terrain de jeu (traduction article JINSA)
3 mars, 2005 · Poster un commentaire
L’espionnage économique n’a pas disparu depuis le 11 Septembre. Le coût pour l’économie américaine pourrait être de l’ordre de centaines de milliards de dollars. Eclipsé depuis le 11 Septembre et l’âge des actes de terrorisme spectaculairement explosifs, l’espionnage économique contre les entreprises, les industries, la technologie et les intérêts commerciaux continue d’éroder la puissance économique américaine et, par conséquent, la sécurité nationale des Etats-Unis.
La notoriété d’une école française consacrée à l’enseignement des questions les plus raffinées de ce que l’on appelle « renseignement économique » peut attirer l’attention sur un type de guerre qui, avant le 11 Septembre, était considéré comme une grave menace pour l’Amérique.
Les attaques d’Al Qaida contre le World Trade Center et le Pentagone, en 2001, ont porté un coup sérieux au bien-être économique de la nation, en termes de pertes directes comme en terme de répercussions en chaîne dans tout le pays. Des experts craignent que l’espionnage économique ne manie le potentiel de causer de plus grands dommages. Il peut servir à détruire les retours sur investissement, et par là, « à détruire l’incitation à innover », selon l’expression de Peter Schweitzer, chercheur à la Hoover Institution de l’Université de Stanford. L’économie américaine est la première du monde pour une grande part grâce à l’innovation qui s’y produit. En fait, les bases très socialistes des économies européennes tendent à étouffer l’innovation. Comme l’a expliqué l’ancien Directeur de la CIA R. James Woosley dans une chronique du Wall Street Journal du 17 Mars 2000, « les gouvernements [européens] dominent toujours largement [leurs] économies, donc vous avez une difficulté beaucoup plus grande que [les Etats-Unis] à innover, encourager la mobilité du travail, réduire les coûts, attirer du capital vers de jeunes entreprises en mouvement constant, et à s’adapter rapidement à des circonstances économiques changeantes. » Incapables de changer leurs fondements économiques, les Européens ont trouvé que « c’est tellement plus facile de continuer à payer des pots-de-vin.»
Ce qui rend la menace de l’espionnage économique unique par rapport aux autres soucis de sécurité, c’est que les nations coupables sont, par ailleurs, les plus puissants alliés et les partenaires commerciaux de l’Amérique. Dans un monde de globalisation, de concurrence et d’intégration économique croissantes, elles sont pourtant devenues nos plus grandes rivales. La France, en particulier, a émergé comme peut-être le plus sérieux praticien du renseignement économique contre les Etats-Unis. Comme l’a dit un membre de l’Administration Clinton au New York Times en 1996, « quand il s’agit d’espionnage économique, personne n’est meilleur. »
La France est « l’un des collecteurs d’intelligence économique les plus agressifs au monde », selon Schweitzer, auteur en 1993 du livre « Les espions amicaux : Comment les alliés de l’Amérique utilisent l’espionnage économique pour voler nos secrets » (Atlantic Monthly Press, 1993). Utilisant des méthodes d’espionnage normalement dirigées contre les cibles traditionnelles du renseignement, l’Etat français a été accusé d’infiltrer de nombreuses compagnies américaines, dont IBM, Texas Instruments et Corning, qui, entre autres, produisent la pointe de la fibre optique, des semi-conducteurs et de matériaux avancés pour l’industrie des télécommunications. Selon Schweitzer, ces opérations, visant principalement à voler des technologies américaines, étaient menées par « le service de renseignement bien développé » de la France, la DGSE. Parallèlement à ces efforts étatiques, la France a cependant aussi cultivé, ces dernières années, une approche académique controversée et une structure institutionnelle destinées à développer un avantage stratégique dans le climat actuel d’intense concurrence économique entre pays et entre firmes. En 1996, l’Ecole de Guerre Economique (EGE) a été créée par Christian Harbulot, décrit par le quotidien français Libération en Novembre 2004 comme un « ex-maoïste de la gauche prolétarienne. » Il dirige toujours l’école, située à Paris.
Malgré les critiques de certains aux Etats-Unis, dont le magazine en ligne GeoStrategyDirect.com, selon lesquelles l’EGE est « une école spéciale pour l’espionnage économique qui entraîne les étudiants à cibler la technologie et l’information américaines, » Harbulot nie ces accusations, et maintient que la mission de l’EGE n’est pas d’enseigner l’espionnage, mais plutôt de pratiquer « le renseignement économique », qu’il définit comme « la gestion de l’information pour développer une stratégie économique dans le contexte de conflit et la bataille pour conquérir des segments du marché. » Selon Harbulot, l’EGE enseigne aux étudiants comment faire la guerre économique de manière agressive, mais on leur interdit d’entreprendre le genre de pratiques d’espionnage poursuivies par la DGSE.
L’Amérique est, d’après Schweitzer, « la cible numéro un » quand il s’agit d’espionnage économique. Harbulot a confirmé que, si l’EGE « ne travaille pas contre des cibles américaines », elle cherche à « entreprendre des recherches sur les problèmes de confrontation économique qui surviennent en France et à l’étranger. » Dans une interview avec Libération, cependant, Harbulot a expliqué qu’alors que des pays comme la Chine constituent une menace économique pour les entreprises françaises, ce sont les Etats-Unis qui sont « l’urgence. » Comme le rapporte Libération dans une série d’articles consacrés au sujet, l’EGE est seulement une partie d’une plus large stratégie française de renseignement économique qui a commencé à émerger dans les années 1990. Au sein de sa série de Novembre 2004 intitulée « Guerre Economique », qui fait le point sur le concept français de « Guerre Economique », Libération explique que, sans utiliser le renseignement économique, les Français seraient désavantagés par rapport à des superpuissances économiques comme les Etats-Unis. Comme l’explique Harbulot, l’objectif le plus large de l’EGE est de « rendre les entreprises plus opérationnelles » face à ce qu’il voit comme « des concurrents déloyaux. »
Pour certains, l’essentiel de ce que l’EGE enseigne brouillerait la frontière entre les pratiques économiques légitimes et illégitimes. Arthur Hulnick, professeur à l’Université de Boston et expert de l’espionnage d’entreprise avec 35 ans d’expérience dans le domaine du renseignement, explique qu’il y a trois catégories d’espionnage économique : légal, illégal, et une zone « grise et ombrageuse », qui pourrait être une catégorisation pertinente des enseignements conduits à l’EGE. Selon Harbulot, l’EGE a pour objectif de donner aux étudiants les outils pour opérer dans un environnement économique hautement compétitif en utilisant de l’information collectée à partir de sources ouvertes, telles que Internet, connues aussi sous le nom de « méthodes de renseignement compétitif. » La manière dont cette information et ce renseignement sont utilisés reflèterait cependant la réputation de la France comme leader mondial dans les pratiques économique scélérates. Un étudiant de l’EGE a expliqué à Libération comment des sources libres peuvent être exploitées pour dévoiler des pratiques commerciales non éthiques chez une autre entreprise, information qui peut plus tard être utilisée pour « écraser » de tels adversaires.
A l’aide d’études de cas de la vie réelle, les étudiants à l’EGE se penchent aussi sur des sujets tels que « la déstabilisation du marché du saumon », bien qu’un autre étudiant ait expliqué que l’école, en enseignant comment déstabiliser les marchés, ne va pas jusqu’à perturber la vie privée d’un PD-G, pratique qui est officiellement « prohibée » par l’EGE.
Hulnick fait écho à Woosley quand il explique que l’une des raisons pour lesquelles les Français sont parmi les leaders en espionnage économique est la prévalence d’entreprises étatiques en France, qui créée in climat dans lequel les intérêts de l’Etat peuvent chevaucher ceux des entreprises. Les Etats-Unis maintiennent une tradition d’implication limitée de l’Etat dans les intérêts des entreprises privées ; ce à quoi Woosley fait référence par l’Amérique regardant vers Adam Smith comme son patron économique, opposée à la France qui, d’après lui, regarde encore vers Jean-Baptiste Colbert, le ministre des finances du roi Louis IVX *sic*. Les entreprises américaines qui souhaitent collecter et utiliser de l’information contre des concurrents doivent agir seules, sans l’assistance des services de renseignement étatiques et dans le cadre de la loi, en particulier de l’Acte sur les pratiques étrangères corrompues.
Questionné sur le rôle de l’Etat français dans la fourniture de renseignement économique pour assister les entreprises françaises, Harbulot a dit à ce journaliste que l’EGE n’a aucune connection « officielle » ou « semi-officielle » avec le renseignement français, malgré l’accusation par GeoStrategyDirect.com que l’EGE a été établie par Defense Consultancy International, une compagnie semi-publique ayant des liens avec le Ministère de la Défense français. D’après Harbulot, l’école est en fait affiliée à une école de commerce plus large, l’Ecole Supérieure Libre des Sciences Commerciales Appliquées (ESLSCA), et ses fonds ne viennent pas de l’Etat français mais d’études et de recherches qu’elle conduit et vend au public.
Ce que l’on définit comme des pratiques et des enseignements légitimes et légaux différerait beaucoup d’un pays à l’autre, selon Schweitzer. Alors que les Etats-Unis ont résolument résisté à l’usage de capacités et de ressources du renseignement pour assister les entreprises américaines, il y a eu des critiques de la part de beaucoup, selon lesquelles cette approche est irréaliste et naïve, face à une compétition économique toujours croissante venant de l’Union européenne, de la Chine et d’autres. La nécessité de s’engager dans l’espionnage économique au-delà du contre-espionnage traditionnel est amplifié seulement quand on considère également l’amplitude à laquelle d’autres pays utilisent l’espionnage économique et d’autres techniques économiques agressives contre les Etats-Unis. L’espionnage économique et la collecte d’informations étrangers endommagent la santé économique de l’Amérique à un degré inconnu. Il est difficile d’obtenir une estimation précise de la totalité des dommages causés à l’économie des Etats-Unis.
Le sixième rapport annuel au Congrès sur la collecte étrangère d’information et l’espionnage industriel, soumis annuellement par le Président, a estimé que le coût total pour les entreprises américaines était pour l’année 2000 entre 100 et 250 milliards de dollars. Pour rester au sommet, il a été dit que les Etats-Unis doivent sérieusement reconsidérer leur politique contre l’usage de l’espionnage économique pour aider les entreprises américaines. Il y a eu cependant des preuves, ces dernières années, que l’appareil de renseignement américain n’a pas été utilisé seulement pour des mesures de contre-espionnage face à l’espionnage économique, mais aussi pour « aplanir le terrain de jeu » contre l’inclinaison provoquée par le type de technique agressives « de l’ombre » dont on dit qu’elles sont enseignées à l’EGE.
Selon un reportage de MSNBC diffusé en Mai 2004, la correspondance, obtenue par la chaîne, entre la CIA et le Congrès pendant l’Administration Clinton, indique que les ressources du renseignement américain ont été consacrées à assister des compagnies privées américaines pour qu’elles gagnent des contrats à l’étranger. Ces documents ont révélé que les Etats-Unis ont entrepris des opérations de renseignement destinées à suivre ce que le gouvernement américain considérait comme des preuves de concurrence « injuste » de la part d’entreprises étrangères, comme le versement de pots-de-vin à des responsables du pays acheteur. Robert Windrem, producteur d’enquêtes pour NBC News, a noté dans son rapport du 7 Mai 2000 pour MSNBC : « MSNBC.com a rapporté précédemment qu’en 1993 et 1994, la communauté américaine du renseignement a aidé des firmes américaines à gagner 16,5 milliards de dollars en contrats à l’étranger, en alertant les gouvernements dans des pays du tiers-monde, que des ministres et d’autres « se servaient dans la caisse.» Parmi les compagnies américaines qui en ont bénéficié se trouvent Raytheon, Boeing et Hughes Network Systems. La communauté du renseignement a depuis mis un frein à la diffusion de telles données. »
On a allégué que le gouvernement des Etats-Unis utilisait des renseignement obtenus par Echelon – un nom donné à des filtres logiciels installés sur des ordinateurs qui traitent la « prise » du réseau global d’interception électronique et de sites de transmission géré par les Etats-Unis. On dit qu’Echelon cherche, parmi des millions de messages interceptés, des mots-clés préprogrammés ou des adresses e-mail, de télex ou de fax nécessaires à des conduites entrepreneuriales incorrectes. Les gouvernements européens, et plus particulièrement celui de la France, ont critiqué le fait qu’Echelon était utilisé dans ce but. En réponse, Woosley note dans sa chronique susmentionnée que les Etats-Unis utilisent Echelon pour égaliser le terrain de jeu contre des nations européennes qui se sont tournées vers l’espionnage économique et les pots-de-vin pour remporter des contrats face à leurs concurrents américains. Après tout, remarque Woosley, « la plupart des technologies européennes ne sont même pas dignes que nous les volions. » A vrai dire, explique-t-il, il y a certes «une poignée de domaines dans lesquels la technologie européenne surpasse la technologie européenne, mais, pour dire cela aussi poliment que possible, le nombre de tels domaines est très, très, très petit. »
La guerre globale contre le terrorisme est une lutte en cours contre un ennemi déterminé. Les dirigeants américains ne doivent pas oublier qu’avant l’attaque d’Al Qaida de 2001, les Etats-Unis étaient déjà assiégés dans une guerre combattue sans bombes. L’Ecole de Guerre Economique française est seulement un rappel d’un différent type de menace qui pourrait être non moins dangereux pour l’Amérique.
Stop au couper coller
3 mars, 2005 · Poster un commentaire
Frédéric lépine, diplomé de l’université Panthéon Sorbonne a mis en vente sur le site mesrecherches.com une étude sur l’affaire Belvédère. Le problème est le suivant : il n’a pas rédigé cette étude puisque celle-ci est l’œuvre d’anciens étudiants de l’Ecole de guerre économique. Contacté par téléphone, l’administrateur du site mesrecherches.com a déclaré qu’il allait supprimer l’étude plagiée et joindre le faux propriétaire. M. Frédéric Lépine a mis en ligne d’autres études sur ce même site. Espérons qu’elles en sont pas plagiées de la même manière.

