Révisionnisme économique à Sciences Po Paris

16 février, 2005 · Poster un commentaire 

On savait que les Etats-Unis avaient fortement investi dans le périmètre de Sciences Po Paris afin de contrer les manœuvres d’influence soviétique dans l’intelligentsia française à partir de la fin des années 40. Visiblement, l’opération n’est pas terminée mais a changé d’objectif. Aujourd’hui, le réseau des fondations américaines a redéployé ce système de contre-influence vers d’autres objectifs. Un des plus immédiats est de nier l’évidence des rapports de force entre puissances, surtout dès qu’il s’agit de l’Occident. Le réputé professeur Paul Krugman qui est un des chantres du libéralisme américain actuel, s’y emploie sans nuances dans les murs de Sciences Po Paris. Sa thèse est simple : il réfute catégoriquement la notion de compétitivité du moment qu’elle est appliquée à un pays. Il soutient que toute politique économique qui a pour objectif la compétitivité d’un pays est forcément fallacieuse et contre-productive. Monsieur Krugman, citoyen américain, devait être parti en vacances, le jour où le président démocrate Bill Clinton a annoncé au monde en 1994 que la priorité n°1 de la politique étrangère américaine était la défense des intérêts économiques des Etats-Unis. A priori, la politique de sécurité économique qui a été lancée dans la foulée n’a pas été fallacieuse et encore moins contre-productive, puisqu’elle a permis aux entreprises américaines de renforcer leur présence dans de nombreuses pays émergents et dans les anciennes économies socialistes. Contrairement aux apparences, le discours propagandiste de Krugman est de faible facture et peu sérieux. Sciences Po Paris s’illustre une fois de plus comme le lieu où la manipulation de la pensée atteint un stade caricatural. Côté cour, on a ce genre de personnages qui représente le discours export rassurant émanant des grandes universités américaines. Les intervenants sont des libéraux américains et français. Citons à ce propos M. Messerlin, professeur de commerce international. Côté jardin, on a les descendants de l’extrême gauche du type Badie, qui prônent la transnationalité et le déclin des puissances. Ce clan de la pensée « humaniste » à la française exerce une autocensure délirante sur le contenu des thèses et sur la section Sciences politiques du Conseil national des Universités. Quand on sait que Sciences Po Paris est censé former les élites françaises, on a du souci à se faire.

Arte, version Bloc de l’Est

11 février, 2005 · Poster un commentaire 

Mercredi 9 février, la chaîne de télévision Arte a fait un remake du film Good Bye Lenin sous la forme du reportage Les légionnaires allemands dans la guerre d’Indochine. Rappelez-vous l’histoire de Good Bye Lenin, à savoir celle d’une femme de l’ex-RDA qui tombe dans le comas juste avant la chute du Mur. A la sortie de son coma profond, 8 mois plus tard, son fils lui fabrique artificiellement un faux univers qui fait croire à sa mère que la RDA existe toujours (fausses émissions de TV, chambre meublée à la mode socialiste…).

 Le reportage Les légionnaires allemands dans la guerre d’Indochine semble avoir été conçu comme un document de propagande de la Stasi pour les téléspectateurs nostalgiques de la propagande diffusée par le Parti communiste français durant la guerre froide. D’un côté du miroir : le mal, personnifié par les prisonniers de guerre allemands engagés par l’armée française aux lendemains de la seconde guerre mondiale, de l’autre du miroir : le bien personnifié par les déserteurs allemands de la légion étrangère qui rejoignent le Viêt-minh dans sa juste lutte contre le colonialisme. Certes, l’auteur de l’émission, Marc O. Eberle glisse çà et là quelques nuances qualitatives : aux 5000 hommes, femmes, enfants qui auraient exécutés par des soldats français après l’assassinat d’un gouverneur, un légionnaire allemand qui n’a pas déserté raconte comment il a retrouvé certains de ses camarades torturés et assassinés par des élements du Viêt-minh. Ces légiooanires allemands avaient les yeux crevés, les parties génitales tranchées, le sexe jeté cyniquement dans la bouche. Mais l’essentiel n’est pas dit. Si la recherche d’indépendance par la population vietnamienne était une cause légitime, le moyen d’y arriver n’était pas forcément à la hauteur du message. Le Parti communiste vietnamien a agi sur une large portion du territoire indochinois en pratiquant la terreur mentale et physique pour contrôler les zones dites libérées de l’emprise française. La liquidation physique des milliers de prisonniers de Dien Bien Phu a des analogies avec une autre liquidation physique, celle des dizaines de milliers de prisonniers allemands de Stalingrad. (essentiellment des hommes de troope, les soviétiques ayant épargné la majorité des officiers et sous-officiers). Parmi la minorité de rescapés remis en liberté quelques mois après la chute du camp retranché, un certain nombre était dans un état de délabrement physique similaire à celui des déportés de Dachau. Ces faits ne font pas du Viêt-minh l’incarnation du bien. Il est facile aujourd’hui de réécrire l’histoire, de gommer les crimes de guerre commis par certains mouvements de libération nationale sous prétexte qu’ils rendaient coup pour coup. Ce n’est pas par la terreur que Gandhi a fait accéder son peuple à l’indépendance. Une fois n’est pas coutume, une télévsion française démontre « son ouverture d’esprit » sans que cela ne choque grand monde. Ces dérapages médiatiques sont dangereux car ils faussent la mémoire des démocraties sous prétexte de sanctifier des idéologies faussement libératrices.


Pour information : ci-joint le résumé de l’émission publé dans le Nouvel Observateur
MERCREDI - Arte - 20.40 Magazine.
«Les Mercredis de l’histoire» : «Les Légionnaires allemands dans la guerre d’Indochine».


Les troupes engagées par la Légion étrangère aux côtés de l’armée française en Indochine étaient en majorité allemandes.


Lésions étrangères


« Nous sommes les hommes des troupes d’assaut / Et le diable marche avec nous, ha ! ha ! ha ! »… Comme dans ce chant guerrier, c’est bien le diable qui accompagne la Légion étrangère ce 7 mai 1954, à Diên Biên Phu, pour le dernier combat de la France coloniale en Indochine. Sur des ordres donnés en français, les légionnaires montent à l’assaut en lançant le « hurrah » des soldats allemands. Pour beaucoup, tout a commencé une dizaine d’années plus tôt. 1945. L’Allemagne est en ruine, les soldats perdus du grand Reich peuplent les camps de prisonniers. La Légion étrangère y recrute sans peine. Ex-SS, anciens de la Wehrmacht ou orphelins déguisés en soldats dans des uniformes trop grands pour eux, ils ont tous le sentiment de ne plus avoir d’avenir et la volonté de quitter leur pays vaincu. Enrôlés par leur ennemi d’hier, ils vont venir grossir les rangs de cette Légion depuis toujours bienveillante à qui veut se battre avec elle. C’est leur histoire que nous raconte ce documentaire de Marc O. Eberle. Les images d’archives succèdent aux scènes reconstituées et aux témoignages d’anciens légionnaires. La France veut rétablir l’ordre dans ses colonies et, ne souhaitant pas y envoyer le contingent, elle mobilise, en plus de son armée de métier, la Légion étrangère. 80 % des effectifs engagés en Indochine seront d’origine allemande ou autrichienne. Soldats bien entraînés, ils en constitueront les troupes de choc. Hans Joachim Schriever en fait partie. A 17 ans, il a fini la guerre dans les jeunesses hitlériennes. Sur le terrain, ce qui ne devait être qu’une opération de maintien de l’ordre prend de tout autres proportions. La résistance vietnamienne s’intensifie et s’organise. Le conflit symbolise bientôt la lutte de l’Occident contre le communisme et illustre l’un des premiers grands épisodes de la guerre froide. Rien de très nouveau pour les légionnaires allemands : « On s’était déjà battus contre les communistes en 39-45… » Pour eux c’est un vieux combat qui continue. Et les méthodes sont les mêmes… Villages brûlés, populations massacrées. La guerre d’Indochine se durcit considérablement. Les désertions se multiplient. Des deux côtés, la propagande fait rage. L’armée d’Hô Chi Minh compte dans ses rangs des communistes allemands réfugiés au Vietnam pour fuir le nazisme. Ils enregistrent des slogans à l’intention des légionnaires germanophones. Certains, comme Hans Joachim Schriever, sont sensibles à ces messages : « On a réalisé que le Viêt-minh avait raison de se battre pour son pays. » 1 400 Allemands déserteurs se font ainsi recruter. A leur retour en Allemagne de l’Est, ils seront classés « suspects » par le régime. Tous les anciens légionnaires seront suivis par des collaborateurs de la Stasi, et recrutés comme espions. On espionne ceux qui refusent… L’engagement français en Indochine prendra fin en mai 1954, la Légion y aura enregistré de très lourdes pertes. Le Vietnam est désormais partagé en deux, une nouvelle guerre commence.
Véronique Macon

Protection des ambassades et sécurité du renseignement français

4 février, 2005 · Poster un commentaire 

La privatisation n’est pas un plat qui se sert à toutes les sauces. Comment expliquer que de nombreuses ambassades de France aient mandaté la compagnie privée de gardiennage 4 Fulck pour assurer la gestion de la sécurité des alentours de batiments diplomatiques français à l’étranger. Les représentants de l’administration objectent que cette compagnie est sollicitée de la même manière par des amabassades américaines ou britanniques. Seulement voilà, la compagnie de gardiennage 4 Fulck n’est pas française. Il est donc plus difficle de savoir de qui se passe en son sein. Aux petits malins de service de chercher qui la contrôle réellement…Un gardien statique à l’extérieur d’une ambassade occupe une position privilégiée pour observer les personnes qui entrent et qui sortent. Cette information en apparence anodine peut avoir des conséquences importantes dans le domaine du renseignement. Si le gardien X ou Y rend compte à une puissance étrangère de ce type d’information, il est relativement facile de suivre aux frais de la France ce que la France a parfois intérêt à cacher à d’autres. Quand allons-nous redescendre sur terre ?

Un officier trop zélé

4 février, 2005 · Poster un commentaire 

Le colonel de l’armée de terre, Jacques Walch, a joué cette année un rôle important dans la définition des programmes du Collège Interarmées de Défense (CID). Il a fait peut-être preuve d’un excès de sympathie dans ses positions à l’égard des positions américaines en appuyant la venue de l’ambassadeur des Etats-Unis pour commenter la géopolitique de son pays. L’ambassadeur a répondu positvement à cette sollicitation et a enfoncé le clou en exprimant en anglais devant la promotion actuelle du CID. Précisons que la promotion ne semble pas avoir apprécié qu’on lui impose ce choix trop partisan puisque moins de la moitié des officiers composant cette promotion a assisté à la dite conférence. Les enseignements délivrés au CID ne réclament-ils pas un peu plus de recul sur l’approche des contextes étrangers, sans pour autant que l’on remette en cause l’importance de l’OTAN et des multiples échanges qui ont lieu entre l’armée française et l’armée américaine.