La crédibilité des médias français

29 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

Le Quotidien Le Monde a perdu 17% de ses lecteurs à la suite de la publication de l’ouvrage de Pierre Péan. La démission d’Edwy Pleynel de son poste de directeur de la rédaction n’est sans doute pas étrangère à cette chute du lectorat. Cette crise de défiance ne touche pas que Le Monde.

Le quotidien Libération subit aussi les contrecoups des fluctuations contradictoires de ses lignes éditoriales. Critique à l’égard des Etats-Unis dans le suivi de la politique étrangère (vieille tradition de Libération depuis sa création par des militants maoïstes en 1973), ce journal a un service économie qui est très inspiré par le politiquement correct de l’école américaine de gestion. Recruté après le départ des principaux journalistes de la première heure, les journalistes dus service économie ressemblent aux pro atlantistes largement majoritaires de la section 6 du Conseil National des Universités. En clair, la rédaction de Libération dénonce les crimes de Pinochet au Chili et le soutien actif de la CIA mais est encéphalogramme plat sur la manière dont les Etats-Unis nous portent des coups sur le plan économique. Etrange vision du monde qui ne doit pas déplaire aux néo conservateurs américains. Les manifs contre le coup d’Etat de Pinochet n’ont guère amoindris l’influence des intérêts américains en Amérique Latine. En revanche, les positions pro-américaines sans le dire du service économie sont très utiles pour noyer le poisson. C’est ainsi que Libération porte le discrédit sur toutes les formes de réflexion qui portent sur les enjeux géoéconomiques. Dernier avatar de ce type de manipulation pernicieuse de l’information, l’article que Libération a écrit sur l’Ecole de guerre économique. Le journaliste a volontairement ignoré une expérience originale menée au sein de l’EGE (exercice de six mois commandité par la direction de la stratégie de Gaz de France pour tester les méthodologies fondées sur la management des sources ouvertes) pour se concentrer sur tout ce qui pouvait être glané de « sulfureux ». Cet article est repris ainsi sur les sites anti-français aux Etats-Unis :


GEOSTRATEGY-DIRECT INTELLIGENCE BRIEF
French economic spies target U.S.
Special school trains students to collect intelligence
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Posted: December 11, 2004
1:00 a.m. Eastern


Editor’s note: WorldNetDaily brings readers exclusive, up-to-the-minute global intelligence news and analysis from Geostrategy-Direct, a new online newsletter edited by veteran journalist Robert Morton and featuring the “Backgrounder” column compiled by Bill Gertz. Geostrategy-Direct is a subscription-based service produced by the publishers of WorldTribune.com, a free news service frequently linked by the editors of WorldNetDaily.
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© 2004 WorldNetDaily.com
France has established a special school for economic espionage that trains students to target U.S. technology and information.
The French newspaper Liberation reported last week the Economic War School, known as EGE, is training spies to collect the information.
The school has been training economic intelligence gathering for the past eight years in Paris. It was set up by the Defense Consultancy International, a semi-public company linked to the French Defense Ministry.
The school employs intermediaries for case studies in such areas as “destabilizing the salmon market” or opening the energy sector to competitors. French academics, journalists, retired military and intelligence officials work for the school.
“We do not break windows to get a file or follow someone to find out if he is a homosexual. It is clean intelligence,” one student told the newspaper.
“If we taught [people] how to follow someone, plant listening devices or go through trash cans, then we would be a spy school,” said Christian Harbulot, the school’s director. “This is not taught here. However, we explain to the students that searching trash cans is common practice in economic espionage and that we have to pay attention to the papers that we throw out. On the other hand, manipulating information and destabilizing a business leader’s private life is banned here.”
Harbulot said the United States is the main target. “There is China but the United States is the top priority,” Harbulot said. “There is true industrial competition and there are many fields where we have everything to lose. We cannot let ourselves be pushed around. A huge number of companies have disappeared because they were bought out or destroyed by the Americans. We have to protect ourselves.”

BSA et Microsoft

29 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

La traque au piratage des logiciels a des hauts et des bas. Selon des sources bien informées, il est intéressant de noter  que Microsoft finance les campagnes de communication de BSA lorsqu’il faut rentrer de l’argent si les résultats annuels de l’entreprise sont moins bons que d’habitude. Cette pompe à fric n’est pas négligée par les petits copains de Bill Gates car les campagnes d’opinion destinées à alerter les petites et moyennes entreprises ont toujours un impact  intéressant en termes de rentrées financières.

Délocalisations alléchantes pour l’intérêt privé…

20 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

.. et potentiellement dangereuses pour l’intérêt de puissance
Les grandes multinationales européennes concernées par la chimie lourde et la pétrochimie n’hésitent pas à répondre aux offres alléchantes de l’Iran et de pays du Golfe en investissant dans de très importantes infrastructures industrielles localisées dans ces régions à risque. C’est autant d’activités industrielles qui ne seront pas créées en Europe.La pétrochimie et la chimie lourde qui sont des activités déterminantes dans pour le plastique et ses dérivés, représentent actuellement 40% de l’excédent de la balance commerciale industrielle de l’Europe. Ces délocalisations d’investissement se font dans l’euphorie de la construction des grands complexes industriels à l’abri des contraintes d’environnement des pays de l’Union européenne. Ces investissements ne créent pas que des déficits d’emploie et une baisse d’activités industrielles en  France, ils influent aussi insidieusement sur les orientations géopolitiques de notre pays et de l’Europe. Les groupes de la chimie lourde et de la pétrochimie constituent des lobbies pour faire pression sur leurs gouvernements respectifs  afin de protéger leurs investissements par des accommodements avec les régimes en place. L’équipement nucléaire de l’Iran fait partie de cette problématique. Une fois de plus rejaillit le débat sur la course effrénée des industriels aux délocalisations. Cette dynamique privée centrée sur la recherche du profit à tout prix risque d’aboutir à des dérives qui sont contraires à la sécurité collective.

EADS découvre les limites du village planétaire

13 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

Comme le craignait Arianespace à la fin des années 90, les Etats-Unis bloquent quand bon semble la fourniture de puces électroniques aux entreprises européennes. C’est ainsi qu’il arrive que des Airbus restent en panne durant des semaines sur des aires de stationnement d’aéroport parce qu’EADS n’a pas reçu les livraisons de puces électroniques en provenance des Etats-Unis. Cette menace insidieuse plane aussi sur Arianespace. Les Américains peuvent saisir le prétexte que les Russes s’installent à Kourou en Guyane pour bloquer l’approvisionnement de certains produits stratégiques couverts par le sceau de la sécurité nationale. Le rapport de force qui oppose les firmes occidentales dans le contrôle du marché mondial de l’industrie spatiale et aéronautique risque de s’accentuer dans les années à venir. EADS cherche aujourd’hui l’appui des pouvoirs publics et de l’Europe pour diversifier les sources d’approvisionnement chez les fournisseurs de matériaux indispensables à la maintenance des produits Airbus et du lanceur Ariane V.

Incident de Roissy : l’absence de bases de connaissances

7 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

L’erreur commise par les responsables de l’exercice de détection d’explosifs (égarement d’un pain de plastic dans les bagages d’un voyageur) aurait pu être évitée si les services de sécurité français, responsables de ce genre de manip, avaient constitué une base de connaissance appropriée. Au printemps dernier, un incident similaire a eu lieu à l’aéroport international de Montréal. La police québécoise avait elle aussi perdu de vue un explosif lors d’un exercice du même type. Elle le retrouva quelques jours plus tard sur le territoire canadien. Cette information fut largement commentée dans les médias. Depuis, des parades ont été trouvées pour que ne se renouvelle pas ce genre d’incidents.

Côte d’Ivoire : le blocage mental des chefs de l’armée française

7 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

Le général commandant la force Licorne en Côte d’Ivoire a reconnu devant les caméras de télévision qu’il ne s’était pas préparé à la guerre d’images initiée par les forces patriotiques ivoiriennes. Au moment des évènements du pont et de l’hôtel Ivoire, la télévision ivoirienne était aux mains des groupes extrémistes ivoiriens, détail « insignifiant » qui n’est pas souligné par les journalistes de Canal Plus Investigations dans leur grand souci d’objectivité.

Ceux-ci ignorent sans doute que le montage des images offre des combinaisons intéressantes dans le domaine de la manipulation de l’information. Décidément, les responsables de l’émission Canal Plus Investigations se montrent très zélés pour attaquer l’armée française : un correspondant de Knowckers a déjà évoqué ce problème de manière très polémique à propos du 90 minutes réalisé par Canal Plus à partir des idées développées par Marie-Monique Robin dans son livre Escadrons de la Mort, école française paru aux éditions de la Découverte en 2004.
La déclaration du général français commandant la force Licorne n’est pas anodine mais révélatrice du blocage mental qui paralyse la réflexion de la haute hiérarchie militaire sur les problèmes de guerre de l’information et de guerre psychologique. Il est temps de tourner la page de la guerre d’Algérie car le risque est grand de sombrer dans le ridicule ou de faire le grand écart. Un incident significatif avait déjà eu lieu en Bosnie. Un militaire français avait ouvert le feu sur un véhicule qui passait en force un barrage. Un officier de gendarmerie avait voulu arrêter le militaire. Son chef de corps s’y était opposé et avait été mis en examen par la justice française. Précisons au passage qu’une commission d’enquête internationale donna raison par la suite au militaire français, sans que la justice française ne tienne compte de son avis. On imagine la dégradation du climat de confiance entre les militaire du rang et la hiérarchie si ce chef de corps n’avait pas réagi ainsi. Il est clair que les médias sont beaucoup moins prolixes dès qu’il s’agit de revenir sur les excès de zèle pour des considérations carriéristes ou les manipulations de l’information. La manière dont les médias ont été désinformés par lors de la chute du dictateur Ceausescu reste dans toutes les mémoires. Les militaires français auront à revivre ce genre de problème dans d’autres opérations futures. Espérons que la haute hiérarchie militaire saura en tirer les enseignements qui s’imposent.

Volonté politique en intelligence économique : comparons les chiffres

2 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

L’Agence pour la Diffusion de l’Information Technologique vient de souligner une initiative pour le moins intéressante (www.adit.fr). Les autorités britanniques ont estimé qu’il était essentiel d’investir dans l’information utile pour les entreprises. Que pèsent les quelques centaines de milliers d’euros alloués à Monsieur Alain Juillet pour l’ensemble de ses actions menées comme Haut responsable à l’intelligence économique en France comparés aux 12 millions d’euros budgétés sur un programme de veille technologique ? Ou les Anglais sont devenus fous, ou les politiques français n’ont rien compris.




Global Watch, l’effort significatif de la Grande Bretagne en veille technologique
Le gouvernement du Royaume-Uni a regroupé toutes ses activités de veille technologique au profit des entreprises sous l’étiquette “Global Watch. Le dispositif est constituée par le site
http://www.globalwatchonline.com/. L’ensemble est sous la responsabilité du ministère du commerce et de l’industrie (Department For Trade and Industry -DTI-). Le budget annuel alloué au service Global Watch est de l’ordre de 12 millions d’euros. On peut regrouper les activités de Global Watch sous quatre thèmes :
• La dissémination des informations recueillies par les attachés d’ambassade ;
• Le programme des International Technology Promoters (ITP), promoteurs technologiques internationaux ;
• L’organisation et la subvention de missions d’information ;
• La subvention de stages en vue d’acquérir des savoir-faire de haute technologie.
Les informations disponibles sur le site sont ciblées à la limite entre la science de très haut niveau et le commerce. L’accent est mis sur les innovations qui peuvent immédiatement servir les intérêts des entreprises britanniques.
Source:
http://kesako.canalblog.com/archives/2004/12/01/196814.html

Prolifération nucléaire

2 décembre, 2004 · Poster un commentaire 

Une grande banque parisienne dont le siège est à la Défense a sollicité une société spécialisée dans la fabrication des dosimètres mesurant la radioactivité afin d’en acquérir un certain nombre d’exemplaires. Des trafiquants de matière nucléaire, venant des anciens pays de l’Est, auraient déposé des mallettes contenant des produits radioactifs dans des coffres de banques à Paris durant une période qui reste à déterminer. D’où le processus de prévention déclenché par la banque en question. Les dangers de contamination radioactive concernent aussi bien le personnel qui a accès aux coffres que les clients qui ont des coffres environnants.

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